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  • : Vie et Mémoire de Vèbre en Ariège, richesse culturelle et patrimoine de ce charmant petit village de la haute Ariège où il fait bon vivre
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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 00:45

Vèbre-Lordat - Le Reiot
P1050270-copie.jpgVèbre dominé par le château de Lordat

Texte publié dans La croix de l’Ariège en septembre 1965
M. Jean-Baptiste Rauzy, de Vèbre, est âgé de 91 ans. Malgré son âge, il conserve toutes ses facultés intactes et une écriture ferme et lisible. Quand on est nonagénaire, les souvenirs  d’une longue vie reviennent en foule. C'est ainsi qu'il vient de « coucher » sur le papier, pour la Croix de l'Ariège », ce qu'il a retenu des exploits de son and-père maternel, que celui-ci  racontait pendant les veillées hiver.
Le père de M. Jean-Baptiste Rauzy, M. François Rauzy, de Vèbre, avait épousé une jeune le de Lordat, Melle Ephrasie Rauzy. C'est le père de cette dernière qui avait été un soldat courageux et même héroïque de Napoléon Ier. Il fut mobilisé rodant le Consulat et incorporé au 12e de ligne qui portait, sur son drapeau, cette fière inscription «Français, souvenez vous que le 12e de ligne fut le premier régiment de France qui entra à Berlin, en1806»
M. Rauzy participa aux batailles d'Italie, pour en chasser les, occupants autrichiens, puis à la campagne d'Égypte, qui chassa s Turcs et lui permit d'admirer... Bonaparte et... les Pyramides. Il racontait l'ardeur, le fanatisme des soldats qui se seraient fait « hacher » pour leur chef et qu'ils acclamaient partout.
En 1806, il entra en Allemagne.., et se rapprocha peu à peu, en combattant, de la capitale de la Prusse. Napoléon voulait entrer triomphalement à Berlin. Avant la dernière étape, l'empereur annonça à son armée « Nous allons doubler l'étape de nuit, et nous arriverons à l'aurore à Berlin pour sonner aux habitants le réveil du matin. Là, nous aurons de quoi manger à volonté. »
Les soldats, affamés par suite du manque de ravitaillement, obéirent aussitôt, et la marche reprit, malgré la fatigue, jusque devant la ville.
Le 12e de ligne fut désigné, parmi tous les régiments, pour entrer le premier à Berlin. Il le fit, précédé de sa musique, de ses tambours et de ses clairons.
Partout s'ouvraient les fenêtres. Les Prussiens étaient tout étonnés de voir les Français arriver de si bonne heure. L'armée parcourut les grandes artères de la ville. Les autorités s'empressèrent d'apporter les clés de la cité à l'empereur. Celui-ci leur donna l'ordre de réquisitionner toutes les boulangeries et boucheries, et de procurer une nourriture abondante à tous les soldats pour midi. Un verre de bière devait être prévu pour chaque homme à chaque repas. Les chefs alors s'occupèrent du cantonnement.
Le repas fut prêt non pas à midi, mais à une heure. Pain, viande cuite et même pâtisserie arrivèrent, et de la bière à volonté, à tel point que de nombreux soldats s'enivrèrent. On devine l'appétit de ces hommes qui, jusque-là, avaient connu la faim. Et l'après-midi et toute la nuit, les soldats purent se reposer.
A minuit, l'empereur visitait encore les cantonnements, comme un adjudant de compagnie à la caserne. On se demandait s'il arrivait à dormir.
Le lendemain, les musiques donnèrent un concert sur les places. Tout Berlin y assista. Et l'après-midi ce furent des bals où les Berlinoises en foule firent danser les soldats. Toutes voulaient danser avec eux. M. Rauzy ajoutait « On attrait dit nue nous étions venus non pas en vainqueurs, mais en libérateurs. »
Après une autre nuit bien tranquille, l'armée quitta la ville le matin de bonne heure, après avoir défilé de nouveau derrière les musiques.
Jean Rauzy prit part ensuite à la guerre d'Espagne.
Cette nation opposa à l'armée française une résistance farouche
Formés en bandes dans les montagnes et les ravins, propres aux embuscades, les paysans harcelaient nos colonnes, enlevaient les convois, massacraient les isolés, les traînards et les blessés. Ils mutilaient les soldats prisonniers. Les Français devaient exercer une surveillance sans relâche. Pendant quatre mois ce furent des atrocités. Saragosse fut prise, maison après maison, rut après rue, mais plus de 4.000 personnes périrent à titre de représailles. Les Français, furieux des excès des francs-tireurs et des guérilleros, reçurent l'ordre de tout massacrer hommes, femmes, enfants. Heureusement la plupart refusèrent d'exécuter cet ordre barbare. Et pourtant, pendant trois semaines, ce ne furent que pillages et incendies. Devant l'impossibilité des réquisitions, chacun se débrouillait pour vivre. Pour empêcher les soldats de trouver de la nourriture dans les villes, les Espagnols avaient évacué vivres et bestiaux. Il fallait aller les chercher à la campagne, baïonnette au canon et fusils chargés. Les soldats pénétraient dans les propriétés et les fermes, s'emparaient par la force du .bétail qu'ils tuaient sur place et ramenaient sur des charrettes, traînées par les ânes et les mulets. Rentrés dans la ville, ils allaient chercher dans les maisons les ustensiles de cuisine, mais les femmes les recevaient avec des tisons enflammés, ou les menaçaient de leurs couteaux. Les Français devaient les ceinturer pour pouvoir faire main basse sur le matériel nécessaire. Puis ils faisaient cuire la viande, que d'ailleurs faute de combustible suffisant, ils mangeaient souvent presque crue.
Un jour, des hommes mirent le feu au cantonnement de Jean Rauzy. Les Français se mirent à leur poursuite. Les incendiaires se réfugièrent dans une église. Là, à leur tête, se trouvait un moine qui, brandissant une grande croix en fer, l'abattait sur les assaillants et faisait des ravages. Il se démenait avec une telle agilité que les soldats le prenaient pour le diable en personne. Ils réussirent à lui fracasser les jambes à coups de crosses. Ils disaient que si tous les ennemis s'étaient défendus comme lui, aucun soldat de Napoléon ne serait rentré en France.
Quand le gros de l'armée repassa la frontière, il emportait le souvenir d'une guerre cruelle et la malédiction de tout un peuple qui s'était défendu sans faire de quartier, et avait massacré malades, blessés et prisonniers.
M. Rauzy racontait ensuite la guerre et la retraite de Russie
Nous partîmes, disait le vieux soldat, au nombre de 280.000 François, 30.000 Autrichiens, presque autant de Prussiens, Polonais, Belges, etc..., en tout plus de 300.000 hommes. Ces étrangers faisaient de mauvais guerriers, et ils avaient raison, car ils ne se battaient pas pour leur pays mais pour les beaux yeux de l'empereur français. C'est eux qui grognaient le plus ».
Puis M. Rauzy parlait des victoires, du mauvais ravitaillement, de Moscou et des ruses employées par les Russes. Il parlait surtout du terrible hiver qui s'abattit sur les combattants... Et ce fut la retraite misérable et meurtrière... En face de la Bérézina, Napoléon, pour protéger le passage de l'armée sur le fleuve, laissa une arrière-garde commandée par Ney, qui installa deux compagnies de fantassins sur une colline avec une batterie d'artillerie de campagne afin de ralentir la marche des Musses et donner le temps d'établir un pont. 100 pontonniers commencèrent d'établir un ponton, tandis que 100 autres traversaient le fleuve à cheval avec tout le matériel pour continuer les travaux de l'autre côté. Il n'y avait pas d'arbres pour attacher les chevaux. L'empereur, qui, de la rive, surveillait les opérations, s'en aperçut, et, se tournant vers le 12e de ligne, qui était tout près, il demanda un volontaire pour traverser le fleuve et aller garder les chevaux.
Personne ne se présentait Alors le soldat Rauzy s'écria« J'irai, mon Empereur ».
- Eh bien ! Vas-y !
Et notre Ariégeois, ayant sorti sa capote pour ne pas la mouiller, traversa le fleuve en s'appuyant sur un bâton et en suivant la trace des chevaux qui avaient coupé la glace avec leurs pieds.
De l'autre côté, il remit sa capote, mouillé jusqu'à la ceinture. On assembla alors tous les chevaux et on les confia à sa garde Le pont à peine ébauché, Napoléon passa sur l'autre rive. Il s'approcha de Rauzy et le vit grelotter de froid. Alors il sortit sa propre capote et la mit sur les épaules du soldat. Il lui demanda :
« Comment t'appelles-tu ?
- Rauzy Jean-Baptiste.
- D'où es-tu ?
- De Lordat.
- Dans quelle région ?
- En Ariège, mon Empereur
Alors, sortant de son gilet une feuille de papier et un crayon, il écrivit !
« Moi, Empereur des Français, décerne la Légion d'honneur à Jean Rauzy, de Lordat, Ariège, pour son courage et son dévouement au passage de la Bérézina. Signé Napoléon ».
Et, pliant le papier en quatre, l'empereur ajouta « Mon ami, tu es un brave, je me souviendrai de toi; conserve ce billet, il pourra te servir un jour
Et il accrocha la Légion d'honneur sur la capote de Rauzy.
Quand le pont fut terminé, et après le passage de tous les soldats, Napoléon reprit sa capote.
La mère de Jean-Baptiste Rauzy, Ephrasie Rauzy, de Lordat I épouse de François Rauzy, de Vèbre, était la fille du « grognard » ariégeois de Lordat, Jean Rauzy. Elle continue de raconter les histoires authentiques qu'elle avait entendues de son père, surtout dans les veillées d'hiver.
Jean Rauzy a donc reçu la croix de la Légion d'honneur, au passage de la Bérézina, des mains de Napoléon lui-même.
Il a la chance de survivre à la retraite de Russie, à la faim, au froid, aux marches terribles dans la neige, et aux attaques incessantes de l'ennemi. Les « grognards » sont fatigués. Les deux plus vieilles classes peuvent rentrer dans leur foyer. Jean Rauzy est du nombre de ceux qui quittent l'armée. Il va partir vers l'Ariège par la route, puisque les chemins de fer n'existent pas encore. Napoléon fait payer à chaque soldat démobilisé le prix des diligences, et notre Ariégeois se dirige vers le Midi. Couchant le soir sur la paille, à côté des chevaux, dans les relais, il met 'huit jours pour arriver à Foix.
Le lendemain de son arrivée, il prend la voiture Foix-Ax qui l'emmène jusqu'à Luzenac. Le trajet lui coûte 3 sous (1 fr 50).
Le voyageur, avec tous ces remous de voyageurs qui montent et descendent sur les routes, mal nourri, bousculé, manquant de sommeil, est extrêmement fatigué. Il s'assied un moment et contemple son village de Lordat perché là-haut sur la montagne; comme un nid d'aigle, au pied du château féodal. Il est ému, les larmes coulent de ses yeux. Cc, village qu'il n'a pas revu depuis plus de dix ans, il se remet à l'aimer. Il a souvent pensé à lui et à sa famille, mais ces vie a été tellement mouvementée !
Il monte le chemin rocailleur et arrive vers midi à sa maison. Il entre sans frapper. Ses parents, n'ayant plus de nouvelles depuis quatre ans, le croyant mort en Russie, le regardent stupéfaits. Puis -ils le reconnaissent et sautent à son cou en pleurant, Il pleure lui aussi et ne sait que dire c J'ai fini ma campagne ». Et il réclame un bol de lait bien chaud, pour se réconforter de sa fatigue.         Puis il s'endort jusqu'au lendemain du sommeil du juste. Les siens font silence pour ne pas l'éveiller. Le soir, les cauchemars l'assaillent. Il se revoit en Espagne alors que les guerilleros, le couteau au poing, le pour suivent pour le tuer. Et cela dure toute la nuit.
Enfin il se réveille au matin et n'en revient pas de se trouver chez lui. Il est heureux. Il se lève et trouve la maison pleine de monde. Tous l'interrogent, il raconte ses campagnes. Il montre sa Légion d'honneur et le billet de l'empereur. Il prend un marteau et une pointe et va clouer ce précieux papier sur le mur derrière son lit. Il dit aux Lordatois qui ne font que le regarder « Se m'abios bist, ambe la capote de l'Empurur sur las espalhos, et la Legion d'Haunou agrafado à la mibo, semblabo à un Reyot - (petit roi). Ce sobriquet de Reyot, qu'il s'était donné sans le vouloir, lui resta jusqu'à sa mort. Ce n'était plus Rauzy, mais le Reyot de Lordat. Ses enfants et ses petits enfants ont hérité de ce surnom. Les cousins du narrateur, à Vébre, jusqu'à la troisième génération, s'appellent encore Janou del Reyot, Madeleine et Joséphine del Reyot.
Jean Rauzy reprit son travail de cultivateur montagnard, mais sa pensée revenait souvent vers l'empereur exilé à Sainte-Hélène et il maudissait Louis XVIII qui avait fait fusiller le maréchal Ney. Quand il apprit la mort n6 Napoléon, les larmes lui vinrent aux yeux, il tomba à genoux et récita une prière pour le repos de son âme. Le « grognard n'oubliait pas son empereur.
Alors que les campagnes meurtrières ne lui avaient pas même infligé de blessure grave, le choléra de 1854 le conduisit au tombeau. En deux jours, moururent dans sa maison, le fils aîné et la belle-fille. Le troisième jour ce fut son tour. Il mourut en l'espace de deux heures dans des souffrances atroces. Son corps repose dans le petit cimetière de Lordat, à côté de ses ancêtres  et son âme a trouvé la paix en un lieu où n'existent plus les guerres ni les maladies, ni les souffrances, où règnent la charité et le bonheur parfait.
Nous remercions M. Jean-Baptiste Rauzy, du récit intéressant qu’il nous a envoyé pour les lecteurs de « La Croix de l'Ariège  et nous lui souhaitons de devenir centenaire, et au-delà. Sa foi chrétienne lui permet da surmonter les épreuves inévitables de la vieillesse et de garder la joie au fond du cœur.
Texte recueilli par PJM
Le Castor

 

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 11:53

Evocation de l’Evacuation sanitaire et des combats - 1914 à mai 1915

 

ambulance dans une église

 

Les lettres ci dessous sont tirées de «La Semaine Catholique de l’Ariège ». Elles sont traitées par OCR d’où quelques petites imperfections

A partir de 1915 La Semaine Catholique n’a plus publié que des articles purement religieux.

Beaucoup de prêtres étaient infirmiers et brancardiers, mais il y en avaient qui étaient aussi Chefs de Section ou Capitaines.

On voit  au travers de ces lettres, je ne les reproduis pas toutes  celles que j’ai pu me procurer, que la guerre a beaucoup contribué à réduire le fossé qui séparait les Catholiques des Anticléricaux. Dans la lettre ci dessous l’Abbé Estèbe doit son salut à la Vierge-Marie, mais pour les non croyants il le doit à la Chance. La guerre n’avait pas cependant réconcilié tout le monde. Certains chroniqueurs continuait à taper fortement sur le clergé, mais eux étaient bien à l’abri du coté de Toulouse (pour notre région).  

On savourera cette lettre de M. l'Abbé Estèbe, écrite de Lons-le-Saunier, le 17 octobre 1914

Début de citation

« Il est bien vrai que j'ai eu l'honneur et la joie de verser déjà quelques gouttes de sang pour Dieu et pour notre chère France. Le 23 septembre dernier, en effet, aux environs de Toul, j'ai reçu une balle dans l'avant-bras gauche. qui a été percé de part en part, cependant, chose étonnante, le projectile a bien voulu ne toucher ni l'os, ni aucun nerf. « Vous avez de la chance ! » me disent nos médecins : mais pour moi cette chance n'est autre que la main maternelle de Notre-Dame qui a bien voulu protéger son ancien et indigne serviteur.

Oui, Notre-Dame nous a bien protégés jusqu'ici. Nous étions presque continuellement sous le feu de l'ennemi depuis le 14 août et, dans cette promenade à travers les obus et les balles, bien des fois, je vous l'avoue, j'ai cru ma dernière heure arrivée..., mais toujours le soir, heureusement, à l'appel tous mes membres étaient présents !... Et cependant nous avons entendu de bien près quelquefois la terrible chanson des obus. Un jour l'un.d'eux, c'était un des moindres heureusement, tomba près de moi et de mon camarade; nous avions eu le temps de nous aplatir dans un sillon. Nous restâmes là étourdis, assourdis, je ne sais combien de temps, à demi asphyxiés. Je me crus mort; à ma grande surprise, je me levai et marchai... bien vivant, pas même blessé. Et mon camarade aussi. Il va sans dire que nos sacs, qui dépassaient le pli de terrain, furent déchiquetés comme un linge. L'obus avait éclaté à 2 mètres de nous Ah ! De quel cœur je remerciai notre chère Protectrice

Le 23 septembre ce fut la chanson des balles, après celle des obus. Elles venaient sur nous de l'avant et de la gauche. Nous étions dans un chaume, à peine abrités ; « eux », comme toujours invisibles ; car ils ont beau dire. devant les Alliés. ils ne savent que rentrer sous terre... Nous étions comme clans un « essaim » de balles : je sentis une petite commotion électrique: presque rien ; je ne me croyais pas même touché, un petit filet rouge, qui sortait de ma manche, et une petite douleur cuisante m'avertirent bientôt que j'étais touché, moi aussi. Je rentrai dans un petit bois voisin avec un camarade blessé au pied ; je ne sais comment nous l'atteignîmes, tant les balles pleuvaient dru.

Quel spectacle horrible sous ce bois. Des blessés partout et.pour certains, quelles blessures ! Cette vue restera bien longtemps fixée dans mon souvenir, comme une vision d'horreur. J'avisai un pauvre estropié.qui essayait en vain de marcher, je le connaissais. Je le pris (le mon brai valide, et clopin-clopant, l'un soutenant l'autre, nous gagnâmes le village le plus proche, à 800 mètres de là.

Après deux journées de voyage bien longues, nous sommes arrivés ici: j'y trouvai beaucoup de camarades. .Jugez-en. Le matin nous étions allé au feu la compagnie entière, le soir de ces 250 hommes sept ou huit sont restés debout. Je dois ajouter qu'il y a eu peu de morts.

J'ai peu souffert de ma blessure. Les plaies se sont refermées peu à peu. Dans quelques  jours je compte regagner notre dépôt a Narbonne... et puis... aller faire expier aux Boches l'insulte qu'ils ont faite à mon bras...»

La relève avait le moral

Et ce bleu de Villeune-d'Olmes ? (Il faudrait citer toutes les lettres des jeunes de  ce petit coin-là.) Lisez-moi ces trois phrases et dites si ça ne sonne pas bien.

« Ici les minutes sont précieuses. Dans deux mois nous sommes mobilisables. Et je vous assure que si la guerre n'est pas finie on peut compter sur moi. J'ai double force, car je suis catholique et français. Les Allemands peuvent venir !"

Le 29 octobre 1914 le vicaire de Saint Girons l’abbé Sentenac avait envoyé une première lettre

En voici une autre du 6 mai 1915

 « Un simple mot pour vous annoncer mon changement de résidence.

Rien de stable dans ce monde. Demain nous quittons la Prusse pour-la Saxe. C'est un petit voyage d'agrément que l'on nous paye sur la frontière de la Bohème. Cela parait devoir être très intéressant. Il part d'ici un détachement qui, dit-on, va se fixer à Zwichaù, résidence d'été. Je l'accompagne, toujours en qualité d'aumônier, avec un de mes confrères. J'espère que nous serons Là-bas dans les mêmes conditions qu'ici, et que nous pourrons célébrer les offices, dire la messe et continuer notre apostolat auprès (le nos camarades qui s'attachent de plus en plus à nous. Nous sommes munis de lettres de recommandation auprès du clergé de Zwichaù...

Ici on prie toujours. De temps en temps, un arc-en-ciel apparaît au dessus de nos têtes et nous apporte quelque lueur d'espérance. - Mes deux amis :

Quentardo, Dérentra vous envoient leur meilleur souvenir.

Quentardo= qu'il me tare

dérentra = de rentrer

Du 12 novembre 1914 suivante qu'on ne lira pas sans émotion :

On s'habitue au « rata et à la vie des « camps ». Marches, contre-Marches, étapes forcées, vie au grand air, fatigues, coucher sur la paille ou à la « belle étoile » uniquement abrités par la grande tente du ciel : tout cela, le troupier quel qu'il soit, à quelque arme qu'il appartienne, le connaît en campagne. Jusqu'ici Mouzon, Vouziers, Challeronges, Suippes, Chatons, ont été les grands centres ou nous avons soigné, jour et nuit, des milliers de blessés. A Châlons, l'élément « Boche » a toujours dominé. Actuellement nous suivons la colossale armée du Nord. Quel service consolant ne fait-on pas auprès de ces chers blesses ou agonisants ou morts !... Après avoir pansé les plaies du corps, on panse celles de l’âme; on ferme à jamais des yeux dont le dernier regard allait cependant à cette mère, à cette femme, à ces petits chérubins de cette région lointaine qu'on appelle « le pays".

Puis, sur le champ de bataille, quand brancardiers et hommes du génie n'y suffisent pas, quand, par mégarde, ils ont oublié quelques cadavres, il faut se faire fossoyeurs ; on plante une croix façonnée à la hâte; on récite une suprême prière ; un chapelet trouvé dans quelque poche de mort est attache aux bras de la croix et on part, le cœur gros et les yeux humides de larmes. Comme témoins de cette besogne, quelques rares camarades ; comme officiant, un prêtre en capote; comme encensements, les spirales de fumée d'obus éclatés, tout près, qui montent lentement vers le ciel.

Matin et soir, jour et nuit, le canon gronde dans un bruit d'enfer. Quel tonnerre assourdissant que celui occasionné  par des centaines de canons de tout calibre crachant ensemble, de toutes les crêtes, une mitraille meurtrière sur cet « océan d'hommes »  qui s'appelle

un front d'armée ! Et la fusillade des tranchées ! Et les mitrailleuses'. Et les autos blindées mitrailleuses ! Feu partout, feu de partout : feu dans la terre (mines, explosifs, mélinite); feu sur la terre, (feu des tranchées, des coteaux ; bois, fermes, villages incendiés ; (feu dans le ciel, (tir aux aéroplanes qui nous arrosent de leurs bombes)... Puis, le grondement et son appareil sinistre se déplacent; c'est le silence relatif; c'est le cimetière; des bandes de corbeaux arrivent pour la curée. Que c'est triste, la guerre !

Le service ales blessés se fait d'une façon admirable. Rares sont ceux, je crois, qui partent sans absolution. Sur le front du combat, ils ont l'absolution, sinon individuelle, du moins globale des prêtres combattants. Hélas ! Combien de tués ! Puis, ce sont les prêtres brancardiers qui les ramassent sur le champ de bataille; l'absolution se donne fréquemment, au coin d’un bois, sous un repli ale terrain. Il v a des prêtres dans les ambulances des postes de secours ; puis les automobiles ambulances les passent aux ambulances du 1er  ou du 2° échelon où d'évacuation. Là, encore des prêtres, porteurs de grâces célestes On confie ces chers enfants aux prêtres des divers trains sanitaires. qui les passent à leurs confrères des divers hôpitaux de province. La grâce de Dieu est toujours à la portée de nos chers blessés et ils l'acceptent avec bonheur...

Nous avons pu célébrer ici les offices du Rosaire. Hier (Jour de la Toussaint), dans notre détachement : ambulanciers, artilleurs, génie, chasseurs, remonte mobile et tringlots », environ 450.hommes ont communié. Que c'est beau ! Il est vrai que nous sommes au milieu de Bretons. Vendéens et Nantais...

J'écrirai souvent. Si donc pendant de longs jours, vous n'avez rien reçu de moi, c'est que la poste, ou plutôt le service; militaire postal sera cause de ce retard ; ou bien, c'est que j'aurai été l'ait prisonnier (la 2° ambulance du 11° corps, prisonnière en Belgique, fut relâchée un mois plus tard ; elle nous revenait il n'y a pas longtemps) ;ou bien, et ce sera plutôt ceci, c'est que, comme mes ainés, je serai couché là-bas, bien loin, après avoir essayé de faire mon devoir, attendant le réconfort et l'aumône d'un - de profundis ".. .

Pierre-Eugène R...

Un aperçu du front, n’oublions pas que le courrier était censuré.

Du 19 novembre 1914

- D'autres, ont la touchante expression d'un souvenir toujours fidèle, ajoutent des détails pleins d'intérêt sur leur genre de vie, les consolations de leur ministère, les lieux qui sont le théâtre de leurs exploits ou de leur.repos momentané .

Voici qui vient du littoral de la mer du Nord

-" Je sais actuellement eu Belgique où les hasards de la guerre m'ont ramené pour la seconde fois. J'espère bien ne pas en sortir, comme la première fois. en battant en retraite. Les routes sont mieux gardées et les batteries de tout calibre auxquelles les boches se heurtent chaque jour leur prouvent que la France est plus forte qu'ils ne l'avaient pensé. Nos troupes, merveilleusement entraînées, font de véritables prodiges; l'artillerie est terrible ; nous avançons lentement, mais à coup sûr; les pertes de notre côté soit bien moindres qu'au début de la campagne.. ..

Notre ambulance• qui fonctionne peu depuis plusieurs jours, a vu passer depuis le début de la guerre plus de 1700 blessés, dont; beaucoup, du reste, n'avaient: que des blessures légères .. Le ravitaillement  se fait de façon admirable et pour touts dire en abondance

Nous sommes ici dans un pays foncièrement chrétien, preux même et très prospère. La population est très sympathique à notre égard; elle  fait preuve d'un calme extraordinaire, malgré la proximité du champ de bataille... »

La lettre continue avec des notes plus religieuses dans les quelles l’auteur dit qu’il est rare que des blessés refusent l’absolution.

- M. l'abbé Ruffié, capitaine à la 17° Cie du 209°, regrette d'avoir été envoyé de bonne heure le 11 novembre en 1re ligne en face des Allemands, ce qui l'a privé de la joie de célébrer la sainte messe pour son Évêque. Il vit alternativement dans et sur la terre.

« Depuis deux mois que nous sommes dans la même région, nous faisons des tranchées profondes pour abriter les lignes de tirailleurs. En avant des tranchées nous établissons des réseaux de fils de fer. En arrière, nous construisons des cabanes pour nous abriter le plus confortablement possible. Chacun s'ingénie pour utiliser ce qui lui tombe sous la main. La cabane ou je me trouve en ce moment est en partie creusée, en partie construite avec des mottes de terre, car on ne trouve ni pierres, ni briques. Les bois de pins nous fournissent de solides charpentes et du combustible. La cheminée et le foyer ont la face intérieure garnie d'étuis d'obus. Quelques planches sont une bonne fortune ; car en peu de temps elles sont transformées en tables, tabourets, étagères. Pour le service de surveillance et de défense nous alternons successivement dans les diverses lignes avec d'autres régiments... »

Dans une lettre précédente, il résumait ainsi l'histoire de sa compagnie et la sienne depuis le début de la guerre

Pendant le mois d'août et le mois de septembre nous avons fait campagne d'une façon très active dans le Nord-est de la France et même en Belgique. Ma compagnie resta à peu près intacte sous la mitraille et les balles pendant un mois et demi, mais les 17 et 26 septembre elle subit de grosses pertes sous le feu de l'artillerie et l'attaqué de l'infanterie. Le Bon Dieu m'a conservé sain et sauf jusqu'à présent. Mon capitaine étant mort de ses blessures le 26 septembre, je fus nommé capitaine pour la durée de la guerre à la date du 29 septembre.

Au début de la guerre les deux adversaires ont fait la course vers la mer du nord pour essayer de prendre l’ennemie à revers puis la guerre de mouvement s’est transformée en guerre de tranchée ;

L’évacuation des blessés - Du 11mars 1915

Un de nos prêtres-brancardier de la Marne nous écrie le 24 février :

« Grâce à Dieu, ma robuste santé a eu raison jusqu'ici de tout. Si la campagne finissait bientôt, mes paroissiens ne me trouveraient pas trop amaigri, ni trop vieilli. Pourtant ni les épreuves, ni les émotions ne nous font défaut. Le mardi gras et le mercredi des cendres je me trouvais de service à un poste de secours, situé au pied du fort de J... à trois kilomètres du front. Les deux nuits que J'ai passées à ce poste, Morphée ne m'a pas trop favorisé. Le premier soir il fallut partir à 10 heures, à la recherche d'un blessé sur la route d'A..., Le second soir à la même heure, un coup de téléphone nous annonçait qu'il fallait aller chercher quatre blessés aux tranchées de 1re  ligne sur  la route de.. Nous arrivons, sans incident, au poste du commandant où nous attendaient les pauvres blessés. Nous nous trouvions, a ce moment-la à 400mètres seulement des tranchées allemandes De temps en temps. à peu pris toutes les minutes, « une fusée éclairante » telle une étoile filante, s'élevait dans l'obscurité de la nuit, pour retomber en une grosse gerbe de lumière sur l'emplacement des tranchées, afin d'éclairer le feu de l'artillerie. Le retour fut des plus mouvementés. A peine avions-nous fait quelques pas sur la route avec la voiture d'ambulance où nous avions installé nos blessés, qu'un sifflement se fait entendre au-dessus de nos tètes. C'était un 77, pour parler le langage des « poilus », qui venait de passer, laissant après lui une longue traînée de feu. II alla éclater dans les bois à 500 mètres de la route. Malgré toutes les précautions que nous avions prises. (Nous faisions marquer le pas à nos chevaux), les Boches avaient entendu le bruit que faisait la voiture et avaient dirigé leur tir dans notre direction. Nous entendons un nouveau sifflement suivi presque immédiatement d'un bruit sec occasionné par l'explosion. C'était un autre obus qui venait de passer, mais celui-ci vint éclater à 100 mètres de nous. Un troisième obus rasa les oreilles des chevaux qui firent un saut énorme et faillirent tout briser ; effrayées, les pauvres bêtes hésitèrent un moment à marcher. Ce n'était pas le moment de tergiverser, ni de s'embarrasser de scrupules. Un nerveux coup de fouet, un formidable hu ! de mon cocher, et nous voilà partis au grand galop, brûlant toutes les consignes. (Il est expressément défendu par les règlements militaires de faire trotter les chevaux sur les routes pendant la nuit). Les obus pleuvaient drus de chaque côté de la route et nous poursuivirent sur un parcours de deux kilomètres. A certains moments des mottes de terre, et du gravier.soulevés par les explosions des projectiles, arrivaient jusqu'à la voiture. Enfin nous pûmes franchir cette zone dangereuse sans être atteints. La Sainte-Vierge à qui je m'étais confié pendant cette périlleuse excursion nous a visiblement protégés. Nous sommes arrivés à M..., à 4 heures du matin. Vous voyez qu'on court de temps à autre quelque danger…. 

Lettre sur l’acheminement des blessés.

Après les sédentaires, voici les « voyageurs », qui accompagnent les blessés dans les trains sanitaires. Ces voyages, qui ne sont pas d'agrément, ne manquent pas d'attrait : « Nous avons eu l'occasion de voir Nice, Toulon, Valence, Montélimar, et pour la seconde fois nous revoyons Marseille. ), Il y a un autre attrait: la charité et la reconnaissance qu'elle inspire

« En quittant ces petits blessés, que l'on a gâtés en cours de route, on voit dans leurs yeux et on sent dans leur serrement de main tant de gratitude qu'on se trouve largement payé des fatigues du voyage.

Les 8/10 des blessés sont au bout de quinze jours à même de rejoindre leurs régiments. Ce que nos soldats redoutent le plus, ce sont les mitrailleuses allemandes et les obus de gros calibre. Nous avons pu recueillir à côté de la maison de Ml. Poincaré des éclats d'obus d'un poids énorme.

Nous sommes dans notre train 5 prêtres, dont 4 ariégeois. » J. C.

Voici des notes, savoureuses, d'un de nos prêtres-soldats attaché à un train sanitaire

« Vous me demandez : « Que faites-vous, lorsque, entre deux voyages, votre train se trouve «  garé » et que vous êtes au repos ? » 

Je pourrais vous répondre par les mots de l'office "inlabore requies" : Nous nous reposons et nous attendons, parfois patiemment, parfois avec une légitime impatience, l'ordre pour un nouveau départ ; mais en attendant, nous savons nous occuper utilement. Pour moi, je fais joyeusement la corvée quand c'est mon tour et je demeure persuadé que rien n'est petit, ni vulgaire, ni vil, quand on le fait pour l'amour de Dieu. Quand je suis « libre », après avoir fait la vaisselle et le plumard, rangé la « ferblanterie " mis dans le wagon un ordre relatif, je partage mon temps entre le bréviaire et le sermon, sans préjudice de la promenade « hygiénique », s'il n'y a pas trop de boue dans les chemins ni dans les champs. Mais la plus grande partie de la journée, je la passe dans mon wagon et je ne m'y ennuie pas : Cella  continuata dulcescit».

Pourtant, quelle « cellule » ! Une « roulotte » construite en planches très mal jointes, qui laissent passer, 1 certaines heures, un vent de tous les diables. Elle est occupée aux trois-quarts par neuf brancards superposés en trois étages, rez-de-chaussée compris. Le dernier quart renferme le poêlé, la caisse à pansement, un petit  « baricaut » que l'on remplit à chaque voyage, des briquettes que l'on a « chinées », une table pour dîner, fabriquée tant bien que mal, et, tout sa fait dans la cour, derrière une boite en fer blanc, l'inévitable « pistolet ». A la cloison qui touche le poêle est ajustée une étagère, également de ma fabrication, sur laquelle vous verriez un vrai bazar : boite d'allumettes, encrier, pipe.. . de mon auxiliaire, jeu de cartes... pour les amis, sel, poivre, trousse, bougeoir, plumeau, pot (le graisse, fiole à « rikiki» - lorsqu'on en donne... etc. Enfin, sous l'étagère, une vingtaine de clous, où pend toute une « ferblanterie » de casseroles, de tasses, de passoires, sans compter le gril et le poêlon ; bref une vraie « batterie » ... de cuisine. Ajoutez, d'un bout à l'autre du wagon, entre les montants qui soutiennent les brancards, un espace libre de 5 centimètres et vous aurez une idée à peu près exacte de ma « cambuse » qui devient tour à tour, salle à manger, salon de réception, salon de coiffure, quelquefois salle... de jeu, dortoir, église provisoire où, pendant les voyages, nous évangélisons nos «  paroissiens » de trois jours.

C’est là au milieu de ce « fourbi » que je récite mon office. »  ….

Du 20 mai 1915 - Lettre d'un prisonnier de guerre à ses parents

Mes chers parents

Je vous écris cette lettre en cachette. Je vais vous dire ce qui se passe au camp. D'abord, au sujet de la nourriture surtout depuis quelque temps nous mangeons des pommes de terre. Celles que vous donnez aux cochons sont plus nettoyées. Puis des betteraves, du riz, des châtaignes, de l'orge, de l'avoine, toujours des plats de ce genre. Nous avions une cantine où nous pouvions acheter du pain ; mais qui n'est que du pain contenant une petite quantité de seigle et le reste de la fécule de pommes de terre : mais ce pain depuis quelques jours nous a été supprimé, on ne nous en donne qu'une portion tout à fait minime. La cantine continue à vendre d'autres denrées :tartines de beurre, fromage, miel et confitures, chocolat. Nous avons toujours à notre disposition du bon vin blanc clairet. Donc a ce sujet, vous pourrez, si vous voulez, m'envoyer de temps en temps un peu de pain clans un paquet, une demi marque. Ici, nous l'avons su, les gens en ville n'ont plus que 2 kilos de pain par semaine et par personne. Donc vous voyez que ce n'est pas étonnant, s'il s'en mangeait beaucoup dans le camp ! Nous sommes 15.ooo, Français, Russes et anglais. J'oubliais de vous dire que ce que je trouve le plus à mon goût, c'est le lait chaud qu'on vend à la cantine à 7 sous le litre. Comme logement nous sommes dans des baraquements en bois assez bien conditionnés mais qui sont parfois un peu humides. Nous couchons sur la dure, sur de la fibre de bois. Je n'ai pas trop souffert du froid, j'étais assez bien habillé. Je vous dirai aussi que maltraités nous ne le sommes pas. On nous fait travailler de temps en temps à aménager le camp. Nous manions la pelle et la pioche, c'est le cas de le dire, pour le roi de Prusse. Enfin, je ne vous en dis pas plus long, vous voyez à peu près quelle est la situation d'un prisonnier de guerre dans notre camp. Ne vous inquiétez pas, je suis entièrement guéri. Tout ce que vous m'envoyez, argent, linge et provisions, je le reçois en bon état. Je vous dirai enfin qu'ici, je vais tous les jours à la chasse et fais toujours des victimes mais c'est la chasse aux.... parasites. On a beau se tenir propre, rien n’y fait. C'est une véritable invasion.

Votre fils à qui il tarde de vous revoir.

Lettre d’un blessé - Du18 mars 1915

Voici la lettre que nous avons dernièrement annoncée et dans laquelle un caporal-clairon du 591, François Carbonne, de Saurat, rend compte à son curé du combat où il a été blessé et cité à l'ordre du jour. Ces lignes, dans leur spontanéité sans apprêt, où éclate et se révèle comme à nu la vivacité des sentiments chrétiens et patriotiques, montre bien l'état d'âme de nos braves troupiers ariégeois

Rochefort-s-Mer, 16 février 1915. Monsieur le Curé,

C'est avec un grand plaisir que je viens vous raconter comment j'ai été blessé et comment les enfants de Saurat savent défendre la France.

Le 2 février, j'étais dans les tranchées de Perthes-Ics-Hurlus,au nord de la ferme de Beauséjour. Il faisait mauvais temps. Depuis quelques jours l'artillerie échangeait avec celle d'en face quelques marmites ; mais ce jour-là ç'a été plus terrible. Notre génie avait longtemps travaillé à creuser une sape pour faire sauter la tranchée Boche qui se trouvait à 5o mètres en avant de nous. Ce travail a été fini le 2 février, à 2 heures de l'agrès midi. Tout allait bien.

Les Boches préparent une attaque. L'artillerie commence à nous cribler de mitraille ; nos canons à leur tour répondent et voilà la bataille qui commence. Bientôt çà va être notre tour ; je me prépare en disant le chapelet et offrant mon âme à Dieu. Quelques minutes. Le chef de bataillon donne des ordres pour monter à l'assaut. Les commandants de compagnie, à leur tour, nous encouragent et nous disent : « Tenez vous prêts ! »

L'heure arrivée, la mine saute et voilà plus de 120 Boches qui sont en l'air. La 11° et la 12° compagnie du 59° attaquent et le deuxième bataillon monte à l'assaut. Les Allemands s'en sont méfiés et ont repéré les tranchées ; les obus nous tombent devant, derrière, de tous les côtés. Mais nos terribles Rimailhos, sans oublier le 75, réduisent bientôt l'artillerie ennemie au silence.

Nous avançons, les clairons sonnent la charge-à peine j'avais fait quelques mètres, je me sens blessé au bras droit; mais je veux pas démoraliser mes camarades ; j'avance toujours, lorsque, quelques mètres plus loin, un obus éclate devant moi et je reçois deux éclats à la cuisse. Je tombe évanoui. Mais quand même j'étais content, quand j'ai appris que la tranchée ennemie était à nous en infligeant de grosses pertes aux Boches. Nous avons eu de notre côté quelques blessés et quelques victimes, mais très peu. Comme j'étais encore couché dans la tranchée le Commandant me voit et vient nie consoler en disant : « Mon ami, courage, tu seras récompensé ». J'ai été cité à l'ordre du jour et envoyé à l'Hôpital, où je me trouve en ce moment. Je pense être bientôt rétabli pour aller rejoindre mes camarades dans les tranchées.

Je suis bien soigné par les Sœurs de Charité qui se dévouent beaucoup, vous le savez, pour soigner les blessés. Je pense, M. le Curé, que vous verrez grand père Augustin et vous lui donnerez le bonjour de ma part.

Fin de citation

François Carbonne, Caporal-Clairon

PJM

 

 

 

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 00:00

 Les Prisonniers de 1940 

Les photographies du 5° RCP et de  prisonniers  ci dessous sont publiées avec l'accord du propriétaire.

Les photographies de prisonniers   ont été prises par les autorités Allemandes et portent au verso un cachet de contrôle Elles datent de mai à Aout 1941 soit l'époque où le Reich était au sommet de sa puissance . Après arrivèrent les défaites. 
La migration forcée, vers l'Allemagne se fit à pied et les prisonniers dormirent où ils purent ,et très souvent en plein air, avec la fain au ventre.
Les officiers furent internés dans des Offlag et les hommes de troupe et sous -officiers dans des stalags. Les relations avec les autorités allemandes se faisaient par l'intermédiaire d'un homme de confiance . Les poux , la fain et l'ennui ,sans oublier les corvées , étaient leurs lots quotidiens
.
La nourriture était à base de choux raves de pommes de terre et de betteraves. Les camps étaient souvent à proximité de caserne et les prisonniers faisaient toutes les corvées . Le vendredi les officiers (Allemands) avaient du  poisson et bien souvent les prisonniers récupéraient les restes pour manger;
Une des grandes occupations étaient de confectionner des faux papiers pour s'évader, mais ils étaient repris rapidement et envoyés un peu plus à l'Est. Pour faire le café (orge grillé) ils introduisaient deux fils électriques, branchés sur la lumière ,dans la casserole remplie d'eau pour la faire bouillir .
Cela entrainait régulièrement une coupure de courant.
Les fouilles étaient très fréquentes . Les allemands s'étonnaient toujours de l'ingéniosité et de la débrouillardise des Français.
Les prisonniers pouvaient recevoir des colis de la Croix Rouge. Au début de la guerre ils arrivaient régulièrement…puis beaucoup ont été détournés. Ils échangeaient des produits des paquets avec des marchandises allemandes.
Les prisonniers furent employés dans l'industrie allemande et dans les fermes. Ils remplacèrent la main d'œuvre
Allemandequi était au front, mais bien sur sans être payé.
Les Allemands demandèrent à tous les prisonniers leurs profession, dans le civil, les profession de la métallurgie , les mineurs , les ingénieurs ,médecins étaient bien sur particulièrement recherchées.

Les officiers ne travaillaient pas, mais beaucoup auraient bien voulu pour sortir du camp et manger à leur faim.
Mon père qui était cuviste à Péchiney et aussi agriculteur eut la sagesse de ne pas déclarer la première, outre qu'il aurait servi l'industrie allemande il aurait supporté des cadences de travail infernales plus la chaleur et les gaz toxiques.
Il a été employé dans une fromagerie (fromage à volonté mais le pain était rationné, puis dans des fermes où il a eu la chance d'être bien traité et où ils mangeaient à la même table que les patrons. Tous les Allemands n'étaient pas nazis . Un de ses patrons avait dans la cuisine un grand portrait d'Hitler, mais derrière il y avait un grand crucifix et le soir venu ils retournait le portrait. Il avait bien soin de recommander aux prisonniers la prudence et surtout de se taire, car le propriétaire de la ferme voisine était un Hitlérien pur et dur. Les fermiers ne pouvaient pas mal traiter les prisonniers de guerre s'ils le faisaient ils se les voyaient retiré.
Il n'en était pas de même des déportés, encadrés par les SS.Il était strictement interdit aux prisonniers comme à la population de rentrer en contact avec ces malheureux  lors qu'ils se rendaient sur leur lieux de travail .

Mon père a passé une grande part de sa captivité en Prusse orientale dans le couloir de Dantzig. Il a été libéré par des Russes de Sibérie, qui avaient la gâchette facile et ne faisaient pas de grande différence avec les Allemands. Il devait cacher les montres et autres chevalières pour ne pas se les faire arracher.
Mon oncle quant à lui a passé une bonne part de sa captivité en Autriche où il pouvait dormir à la ferme.
Les personnes qui ont fait cette guerre en parlaient finalement très peu. Seuls revenaient quelques souvenirs plutôt agréables  et des narrations de la vie dans les fermes où ils ont été étonné du niveau de mécanisation et de l'organisation du travail. Les Allemands étaient toujours étonnés de voir les Français s'entraider dans le travail de la ferme.
Camp du Vernet Ariège
Camp du Vernet1  :Avant l'offensive de 1940


   

Camp du Vernet 2 5° régiment de Chasseurs pyrénéens au Vernet

 5° R.C.P.


Camp du Vernet 3 : idem supra
 

RCP : 5° RCP ( régiment de chasseurs pyrénéens)1° compagnie partie de Plein air  mes sous-  -officiers 

5 ° RCP 2: idem supra


 

souvenir de ligne 3 12 39:S de notre séjour en ligne 03 12 1939 pht Rouselot 120 rue des récollets Toulouse 

Les Prisonniers en Allemagne et en Autriche
Ferme Brau
 

2F Braü Jui 41: kommando 2138  binage des betterave juillet 1941 ferme Braü

 

 

3F Braü Juil 41:  stalag VII X Geprûtt binage des betteraves juillet 1941
  


4F Braû mai 1941: kommando 2138 ferme braü mai 1941

 stalag 78 Gestprüt :

ferme Braü
6F ferme Braü


Ferme Fischer
 

2F peter Fischer : Ferme Fischer Peter strauss18 past Wurtember Allemagne

Ferme Fischer : ferme fischer partie de pêche en barque Poncy paul et X  

Ferme Kaiser

1Fkaiser ao 41 :Kommando 2158 ferme kaiser aout 41 

Kommnado 2138


Komando 2138 verso liste des noms :? M ?; Poncy Paul ; Laser Rabien ;R ? Pierre; B? Pierre;

Davis Louis; Leseier François;  Lassor jean; Delsol Fernand; Robert Henri; Baulier Fernand ; David Georges 4F Braü :kommando 2138 ferme Braü mai 1941

 Kommando 2138 Wordauerbach Wartemberg Oberbayer  Allemagne





Poncy paul 3 av 1942 Watemberg  stalag VIIA 69 Geprut Poncy paul 66 941   

  

 
  

 

Stalag VII


 

Stalag III
2Stalag IIIC :stalag IIIC 51 Geprütt Poncy Louis stalag III6m847
stalag III Pouildebat : Pouilldebat du Tarn et Garonne

Corvée de patate dans une usine de conditionnement alimentaire probablement en Autriche

prisonnie à X : aucune mention au verso

stalag 3 7
Epicerie  Pendant la guerre ??,origine et lieu inconnus

 

Source Jean Michel Poncy

Le Castor

 

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 16:45

La Guerre et ses conséquences…..Le Monument aux Morts


 

6.1. La guerre de 14-18

6.1.1. Récit d'un poilu

Jean Baptiste Rauzy "est de la classe de 1894 et appartient à la réserve territoriale. A quarante ans on l'appelle le troisième jour de la mobilisation générale. Il est affecté pendant huit mois au dépôt de Foix pour instruire les soldats, puis il instruit dans divers camps de la région : à Saint Girons, Casteljaloux et Saint Antonin. Il part début mars 1916 pour le front et après vingt-quatre heures de voyage en train, il est affecté au 77° régiment d'infanterie alpine avec lequel il assiste à l'attaque de Verdun en 1916. Versé dans le 25° régiment Territorial, il participe à la grande bataille de la Somme. Il loge dans les cagnas des boches qu'ils ont fait reculer, dort sur de la paille pourrie, dans la vermine la plus complète, parmi les rats qui les infectent. Il est relevé au bout de trois mois et rejoint le secteur d'Allen dans l'Aisne, puis c'est les Vosges et l'Alsace. Il est démobilisé le 4 janvier 1919 et après un voyage de quatre jours et quatre nuits dans un wagon à bestiaux, il rentre à Vèbre.". En souvenir de ces hommes disparus : "guerre 14-18, aux enfants de Vèbre morts pour la France" , il écrit un texte magnifique qui reprend ses réflexions sur la guerre. Cela mérite que l’on s’y attarde. Toutefois pour ne pas surcharger le corps du texte, il figure intégralement au chapitre 8.3.1.Pour cela, cliquez sur le lien ci-dessous Ecrit en 1932 par Jean Baptiste Rauzy :

6.1.2. Les disparus

Quatorze habitants sont tués au champ d'honneur, leurs noms figurent sur le monument aux morts du village :

Pierre Gendreu

Jean Gendreu

Léon Canal

Joseph Costessèque

Jean Bonnel

Marius Derramond

Paul Mathe

Mathieu Rauzy

Henri Marcaillou

Barthélémy Bonnet

Louis Estèbe

Jean Alzieu

Jean Chrétien

Emile Dunac

 

 

Mais Emile Dunac ne figure pas dans le recueil de Jean Baptiste ; car il n’est pas natif du village mais a épousé une fille de Vèbre, toutefois son nom figure sur le monument aux morts du village.

L'Etat fait parvenir aux familles la photo de leur défunt dans un médaillon, on en retrouve sur certains caveaux du cimetière. A la fin de la guerre de 14-18, les alliés occupent l'Allemagne.

6.1.3. Les prisonniers : Extraits du recueil de Jean Baptiste Rauzy : les enfants de Vèbre

Firmin Of, Paul Marfaing et Adolphe Soulié sont faits prisonniers. Ils reviennent parmi les leurs, fort déprimés par les souffrances endurées pendant leur longue captivité.

6.1.4. Les blessés : Extraits du recueil de Jean Baptiste Rauzy : les enfants de Vèbre

Jérôme Florence a sa jambe droite cassée : il boite toute sa vie.

Joseph Rouch est amputé du bras gauche.

6.1.5 Documents d'époque
Lettres de Poilus de 1914 à Mai 1915 publié par "Le Bulletin diocésain", pour la plupart par des prêtres brancardiers, retracent les combats et la chaîne d'évacuation de premières lignes jusqu'aux hôpitaux de l'arrière, ainsi que la condition des prisonniers.
Des photos d'époque illustrent le text de Jean Baptiste Rauzy.
Un album photos des diverses guerres qu'ont traversé nos combatants sera établi et mis en ligne sous peu.
Nos lecteurs sont aimablement priés d'étoffer cet album pour le bénéfice de tous.
Morts pour la France

6.2. La guerre de 39-45

6.2.1. La résistance

Dans l’attente de l’accord de l’intéressé

6.2.2. Les prisonniers

Joseph Soulié, Paul Poncy, Georges Canal, Abel Soucarre, Louis oncy et Jean Costesèque.

6.2.3. Les disparus

Cinq familles sont endeuillées, les noms des disparus figurent sur le monument aux morts du village :

Cassé René

Grauby Georges

Marfaing Iréné

Pélissié Eugène

Rouzoul Louis

 

6.3. Le Monument aux Morts

6.3.1. Son inauguration

Cette inauguration a eu lieu entre 1946 et 1948. Les personnes ayant des informations à ce sujet sont priés de se faire connaitre et contacter les redacteurs de ce blog...Merci d'avance.
Les Autorités allemandes ont pris des photos de prisonniers dans les camps et les fermes de travails...Elles seront diffisées sur l'album correspondant. 
Un album photos des diverses guerres qu'ont traversé nos combatants sera établi et mis en ligne sous peu.
Nos lecteurs sont aimablement priés d'étoffer cet album pour le bénéfice de tous.

 Son inauguration 1


 Son inauguration 2

  Son inauguration 4

 Son inauguration 4

 

6.4. Photos de Conscrits

conscrit groupe 2conscritconscrit jacques 18 av 57
6.5. Hommage aux Morts pour la France
Deux fois par an (le 8 mai et le 11 novembre) la commune célèbre une cérémonie religieuse et civile devant le monument aux morts de la commune.

Le Castor

 

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 16:31

La grande guerre – Un témoignage de Jean Baptiste Rauzy destiné aux générations futures

S’il a écrit ce texte magnifique, ce n’est point pas vantardise mais pour lutter contre ce fléau qu’est la guerre, afin que plus jamais pareille boucherie ne se reproduise…Malheureusement la seconde guerre mondiale démontrera qu’il est bien difficile de faire œuvre de paix sans un rapprochement des peuples…Certains trouveront ce témoignage ringard….mais c’est grâce à de tels témoignage doublés d’un combat acharné pour la paix que l’Europe n’a plus connu de conflit majeur depuis plus de 60 ans

Jean Baptiste Rauzy, un enfant du village a écrit un magnifique témoignage de cette affreuse guerre à laquelle il a participé. Agé de 40 ans au moment de sa mobilisation, versé au 77° Régiment d'Infanterie Alpine avec lequel il a assisté à l'attaque de Verdun en 1916, véritable enfer pour celui qui l'a vécu. Il a connu ces misères et ces souffrances pendant 4 ans dans les nuits froides d'hiver, dans la boue des tranchées, sous les rafales d'obus et de mitrailleuses, couverts bien souvent de vermines (poux et puces).

 Oh certes, l’actualité est là pour nous monter que cet équilibre est bien fragile et que la démocratie dans laquelle nous vivons est un combat quotidien

Merci Jean-Baptiste.
Documents d'époque étayant son discours
- Lettres de "Poilus" ariégeois chargés de l'évacuation de blessés, de prisonniers de guerre et d'un soldat de Saurat hospitalisé à l'arrière

Lire la suite....

Le Castor

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 15:38

Ariège Pyrénées – La résistance autour de Vèbre, lors de la dernière guerre

 

Témoignage de notre ami Jean-Michel Poncy

La résistance est indissociable de la mentalité de l’époque et des positions des allemandes dans notre région.
Je n’ai pas d’information personnelle la concernant ; Mon oncle d’Appy, qui en faisait partie fut arrêté et transféré à « Dachau » par « Le train de la mort »

Il eut la chance d’en revenir ….ne pesant plus que 30 kg ; la première des choses qu’il demanda «  Où se trouvait son ancien instituteur qui l’avait vendu » ;
Les résistants l’avaient exécuté. Le problème de la résistance, de la collaboration et de l’épuration sont résumés dans son histoire.
Principales missions de la résistance dans notre secteur

La principale activité consistait à faire évader des gens, via la principauté d’Andorre ou l’Espagne. Il existait plusieurs filières et plusieurs circuits. Les plus surs mais aussi les plus difficiles étaient réservés aux personnalités très importantes, aviateurs, agents de liaison…….. Plusieurs livres retracent la vie de ces réseaux….On consultera :
-« L’école de l’espoir » de Francis Aguila éditions «  le Pas d’oiseau »
-Deux livres plus anciens (référence à venir) décrivant de façon détaillée les réseaux et les circuits d’évasion en Ariège et en Pyrénées orientales.
A Aston une personne nommée « Tambel » (très grand chasseur et quelque peu sauvage) a reçu après la guerre, une telle quantité de lettres de remerciements qu’elle en remplit une pleine caisse de la part des gens qu’il avait fait passer en Espagne.
Sa grange se situait à la sortie d’Aston en allant sur « Riete » autrement dit en pleine montagne. Derrière, c’était la liberté mais il fallait passer, et pas par des sentiers de randonnée longeant l’Aston.
Les positions allemandes
Un poste allemand se trouvait à Vèbre au bout de la côte de « La Remise », ancien garage Rodriguez. Il contrôlait les villages des alentours et l’accès en montagne, zone qui était considérée comme « Zone militaire interdite ». L’accès pour les troupeaux était réglementé.

Les militaires allemands contrôlaient les zones des « métairies » en moto et à pied au-delà …Les enfants se cachaient lorsqu’ils les entendaient arriver.

Un autre poste de chasseurs allemands se situait dans la vallée de Savignac et surveillait la frontière, principalement les cols de Fontargente et de Terre-nègre. Ils étaient surnommés «  chiens de guerre » et pouvaient utiliser toutes les valeurs de leurs victimes dont ils ne se privaient guère.
Les dégâts des Imprudences
Une des grandes causes des plus grands échecs des opérations était due au manque de discrétion. Ainsi les frères Bouzigue de Sinsat s’étaient montrés un peu trop loquaces, au café, la veille de leur départ, en disant un peu trop fort qu’ils allaient voir leurs bêtes en la montagne. Ils furent bien entendu arrêtés, interrogés violemment par la Gestapo à Ax (une de dernières villa en allant vers Andorre)….Leurs cris étaient perceptibles dans tout Ax….Ils périrent dévorés par les chiens, dans un camp allemand où ils avaient étés transférés….toujours anti-nazis.
Leur délateur, grande gueule spécialisée dans l’exploitation forestière ne fut jamais inquiété.
Le Castor

           

 

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 00:59

Ariège Pyrénées - Vèbre Chemins faisant  
La Guerre et ses conséquences 
Correspondances de Poilus

La première guerre mondiale a généré un nombre assez conséquent de lettres et de correspondance en tous genres.
La  semaine Catholique de l’Ariège a consacré de longs extraits relatifs à ces « Poilus » ariégeois.
Les personnes désireuses d’en prendre connaissance les trouveront en archives

En ce qui concerne Vèbre, on évoquera la lettre de Jean Baptiste Rauzy plaidoyer émouvant en hommage aux poilus et plaidoyer émouvant contre toutes les guerres
Publications sur Vèbre 25 février 1915
Vèbre. - Prières pour nos soldats et pour la Paix
Vèbre a consacré à nos « Poilus » plus que la journée fixée par le Souverain Pontife.
Pendant quinze jours, sous la direction de M. l'abbé Ruffié, missionnaire diocésain, elles ont amené à l'église la paroisse tout entière. II est difficile de fixer gardes chiffres le succès de cette retraite ; cependant, même en matière si sainte, l'éloquence des chiffres n'est pas chose vaine. Du 11 février au 25, malgré l'absence de 35 mobilisés qui a réduit a 210 le nombre des personnes qui peuvent aller à la "Table Sainte, on a distribué 875 communions. Le jour de la clôture les convives de l'Eucharistie furent au nombre de : 182. Parmi eux et au premier rang - comme il convenait - 54 hommes. C'est donc 1/7seulement de la paroisse qui n'a pas compris l'excellence de la communion en des circonstances si tragiques. II va sans dire que la fraction de ceux qui n'ont pas prié du tout est quasi-insignifiante.
Tout cela à M. l'abbé Ruffié.
La Croix de L’Ariège  N° 8 du 11 mars 1915
Et n’oublions pas .
Lorsque les habitants du village ou d’une ferme isolée, comme le décrit Jean Gionaux  dans Le grand troupeau, voyaient le maire arriver au loin et remonter la pente avec un gendarme, ou seul, ils espéraient jusqu’au dernier moment qu’il se dirigerait ailleurs que chez eux, car il venait annoncer la mort d’un père d’un mari ou d’un fils.
Nous pensons que ces lettres qui accompagnent les photo prises après les batailles et celles des ruines permettront de se souvenir de ce qu’ont vécu nos grands parents et arrières grands parents pendant la guerre de 1914 1918.
Source jean Michel Poncy
Le Castor

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22 janvier 2008 2 22 /01 /janvier /2008 17:20

Guerre 1914 – 1918

Aux Enfants de Vèbre morts pour la France RAUZY, Jean Baptiste, écrit en 1932
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"Certains qui me liront trouveront que ma prose et mes vers ne sont pas d'une régularité parfaite. Je demande l'indulgence, car je ne suis pas un lettré, mais simplement un paysan élevé à la dure école, qui ne fait que labourer ses champs et faucher ses prés. J'ai fait de mon mieux, en y mettant tout mon cœur et toute mon âme.

Je m'excuse d'être contraint de parler de moi.

Avant de donner les noms des Morts de la Grande Guerre de la commune de Vèbre et faire l'historique des événements qui s'y sont déroulés pendant plus de quatre ans, je vais d'abord parler en raccourci de ma propre campagne, non par gloriole ni vantardise mais pour montrer que ce que je vais énumérer et absolument véridique, puisque j'ai vécu moi-même ces misères et ces souffrances pendant 4 ans dans les nuits froides d'hiver, dans la boue des tranchées, sous les rafales d'obus et de mitrailleuses, couverts bien souvent de vermines (poux et puces).

Je n'ai pas fait plus que les autres et n'ai pas fait moins que les autres. J'ai simplement fait mon devoir.
Je suis de la classe 18/94. J'avais 40 ans à la mobilisation et appartenais à la réserve territoriale.

On me rappelle le 3° jour, c'est-à-dire le 4 août, comme instructeur au dépôt de Foix, pour faire l'instruction des soldats qui affluaient sas discontinuer. Ma classe n'arrive que 3 mois après. J'ai passé 8 mois là dans divers camps d'instruction de Si Girons, Casteljaloux et St Antonin (Tarn et Garonne).
Au mois de mars, départ pour le front avec un détachement du 8° de ligne à Agen.

Arrivé dans le Pas de Calais, après 24 heures de train, suis versé au 77° Régiment d'Infanterie Alpine avec lequel j'ai assisté à l'attaque de Verdun en 1916, véritable enfer pour celui qui l'a vécu.

Versé au 25° Régiment Territorial, on est parti à la grande bataille de la Somme où on a tant souffert dans les villages pulvérisés par les obus, d'Herbercourt, Faucourt et Cappy. C'était le pays du désespoir. On logeait dans les caugnes des boches, qu'on avait fait reculer sur la paille pourrie, dans la vermine la plus complète, parmi les rats qui nous infectaient. Relevés après trois mois, on est allé tenir le secteur d'Aulen (Aisne), qui n'était pas meilleur, c'était partout la guerre. Puis après les Vosges et l'Alsace où nous sommes arrivés à Dannemarie, couvert de neige. Enfin l'Armistice est arrivé et ai été démobilisé le 4 janvier 1919 à Foix, après un voyage de 4 jours et 3 nuits dans un wagon de bestiaux. Rentré à Vèbre le jour même.

RAUZY, Jean Baptiste

Préface

II n’était certainement pas utile d’écrire pour la génération qui a subi les horreurs de la guerre 1914-1918 et surtout pour ceux qui l’ont faite, les quelques pages qui suivent.

Aussi bien n’est-ce pas le but que je me suis proposé.

Si le souvenir précis des événements tragiques qui se sont déroulés de 1914-1918, marque d’un trait indélébile la vie des Anciens Combattants et des familles éprouvées,

Il n’en sera pas de même pour les générations qui viennent.

Pour elles, cette guerre sera quelque chose de légendaire, une lutte formidable dont elles entendront parler sous diverses interprétations qui leur en donneront une idée plus ou moins vagues, jetteront la confusion dans leur esprit. Sans doute, mon humble prose ne peut changer grand-chose à cela. Elle n’a été écrite que pour la grande famille que compose notre village, pour entretenir plus vivant parmi nous le souvenir de nos Grands Morts. Elle est locale. Des plumes plus autorisées que la mienne y auraient trouvées la matière d’un développement facile. Je m’excuse de n’avoir pu faire mieux. J’ai mis toute mon âme. Je fais appel à l’indulgence.

Peut-être plus tard, lorsque nos petits-fils, nos arrières petits fils, liront sur la plaque de marbre de notre église les noms de ceux que nous pleurons, alors que nous ne serons plus là pour leur dire qui ils étaient, comment ils ont vécu et comment ils sont morts, peut-être dis-je trouveront-ils dans ces pages certains éléments qui pourront fixer leur pensée. Peut-être y trouveront-ils aussi un peu de cette matière qui leur inspirera l’horreur et la haine de la guerre et fera d’eux des soldats de la paix.

S’il en était ainsi, combien ne serait pas inutile le sacrifice de nos Morts, combien ne serait pas inutile le sang qu’ils ont généreusement versé sur la terre de France; combien serait douce, à tous ceux qui l’ont subie, la souffrance endurée pour que cette guerre soit la dernière et uniquement pour cela, avant de clore cette préface, je veux m’incliner bien bas devant la mémoire de toutes victimes de la guerre.

Nous garderons jalousement intact au fond de nos cœurs, le souvenir des enfants de Vèbre, pour que le temps ne puisse l’altérer. Nous y penserons souvent et notre hymne montera vers eux, dans cette riante et belle vallée, berceau de leur enfance où les ombres planeront éternellement.

A toux ceux qui ont été frappés dans leurs plus chère affections, aux mères, aux enfants, aux épouses, qui ont perdus leur soutien, j’adresse l’expression émue de la sympathie de la population dont je pense être « l’interprète » unanime.

Aux Enfants de Vèbre morts pour la France

"Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie, Ont droit qu'à leur tombeau, la foule vienne et prie"

1914 – 1918

Pierre GENDREU- 25 août 1914

Léon CANAL - 23 septembre 1914
Jean GENDREU -   23 septembre 1914 (disparu)                    
Joseph COSTESSEQUE - 2 janvier 1915

Jean BONNEL - 13 mai 1915

Paul MATHE - 23 septembre 1915
Marius DERRAMOND - 4 octobre 1915

Mathieu RAUZY - 27 février 1916 (disparu)

Henri MARCAILLOU - 11 décembre 1916

Louis ESTEBE - 30 octobre 1917

Barthélemy BONNET - 5 juin 1918

Jean ALZIEU - 7 septembre 1918

Jean CHRETIEN - 7 septembre 1918

Dunac Emile qui figure sur le monument aux morts, n’est pas dans le présent recueil, il n’était pas né au village de Vèbre (marié à une fille de Vèbre)

Plus bas encore, ces autres mots :
La Commune de Vèbre à ses enfants morts pour la France.
Tels sont les inscriptions gravées sur la plaque de marbre surmontée d'une croix. Elle est placée dans la modeste église de Vèbre et rien ne pourra souiller les noms, ni les intempéries les altérer. C'est dans cette même église, qu'ils sont venus après leur naissance, portés par leur parrain et marraine aux fonds baptismaux. C'est là aussi qu'ils sont venus sur les bancs du catéchisme et fait leur première communion. Quant aux plus anciens, c'est là encore où a été célébré leur mariage et laissent maintenant après eux une veuve éplorée, qui en rentrant dans cette église, montre, les larmes aux yeux, à ses petits orphelins le nom de leur père au champ d'honneur, inscrit sur cette plaque. Que le destin est cruel pour eux.

Nulle fleur ne l'entoure, que celles que les enfants du village y apportent les jours du souvenir. Génération de demain, vous continuerez la tradition de vos aînés        

Et si ce même jour, qui aura fait éclore ses fleurs que vos mains pieuses auront cueillies, s'acharne à les anéantir, vous songerez que dans leur existence éphémère, elles feront revivre tout un passé revêtu de sa parure, enveloppée de leur parfum. Cette plaque ravivera vos sentiments. Elle vous apprendra surtout à maudire la guerre des vies humaines, aussi belles, plus belle encore que les fleurs déposées par vous en hommage au pied de cette plaque.

Passant connu ou inconnu, suspend un instant ta course, interromps ta marche, entre dans cette église, pour contempler cette plaque. Elle est plus qu'un symbole, plus qu'un souvenir. Elle est le témoin de la plus effroyable des catastrophes qui ait jamais frappé l'humanité. Aux générations qui viendront, elle rappellera qu'elles n'ont pas le droit d'oublier.

Défiant l'assaut des temps, elle dira à travers les siècles, jusqu'où est allé le sacrifice de ceux qu'on a immolés sur l'autel de la Patrie. A tous elle semblera poser cette question : Pourquoi cela ? Inexorable, elle sera là pour crier avec treize, que dis-je, avec plusieurs millions de voix d'outre-tombe : "Déshonorons la guerre".

Puisqu'elle a été inévitable cette guerre que nous avons subie, inclinons nous bien bas vers toutes ces victimes amies ou ennemies, car pour nous sur la terre, il n'y a que des hommes qui sont faits pour s'aimer et non s'entretuer. Les treize noms inscrits sur ce marbre, les confondent tous dans un pieux souvenir, nous arrachant un cri plaintif et calculateur, dans un geste de mépris pour les tyrans qui l'ont déchaînées. Leur œuvre est là, faite de mort, de ruine, de désespoir immense et irréparable. La commune de Vèbre reconnaissante a voulu perpétuer la mémoire de ses enfants qui partirent un jour pour la défense de la Patrie menacée, mais, qui hélas ne sont pas point revenus. En vain leur père, leur mère, leur femme, leurs enfants, ont-ils attendu leur retour. En vain leurs camarades de combat, compagnons de misère et d'infortune, épargnés par le destin, ont-ils fait appel en rentrant au village natal. A cette attente, à cet appel, ils n'ont point répondu. Une autre voix répondait pour eux : "Morts pour la France".

Oh vérité affreuse, comment tu t'es alors révélée à nos yeux, à quelle triste réalité tu nous as rappelée:

3 août 1914. Date fatidique, qui fut le commencement de la plus grande tuerie de tous les temps et qui pendant plus de quatre ans, dressa les peuples les uns contre les autres. Pendant plus de quatre ans sur les champs de bataille d'Europe, plusieurs dizaines de millions d'hommes s'affrontèrent dans une haine implacable, pour se détruire mutuellement, à l'aide d'engins à l'aide d'engins de guerre les plus perfectionnés, mis par la science moderne à leur disposition - qui nous dira la quantité innombrable de feu et de fer lancée dans l'espace par les bombes de tous calibres, depuis la balle de fusil jusqu'aux obus de 430 et même ceux de la grosse bertha qui a une distance de plus de 100 kilomètres, sema plusieurs fois la terreur et fit des victimes dans Paris. Qui nous dira la somme de douleurs, de souffrances, de larmes, que cette mitraille a versées sur la terre, sur l'onde où les sous-marins et les mines faisaient sauter les navires, dans le ciel où les avions se livraient des combats, sans compter les ruines et la désolation des nombreux champs de bataille, la mutilation du sol sur lequel se jouait la grande tragédie, la dévastation des villes, des villages qui en subissaient les horreurs en un mot tout ce que nous pourrions appeler en termes militaires « le théâtre des opérations ».

Pour atteindre ce résultat, les nations prises de démence, jetèrent dans la fournaise, jusqu'à leur dernier home et leur dernier centime. Si non toutes celles qui tiennent les premiers rôles, -une main mystérieuse, invisible et cependant toute puissante semblait les tenir dans un jeu infernal.

Mais, tout à une fin. Le 11 novembre 1918 vint clore la grande hécatombe où un million cinquante mille français avaient trouvé la mort, laissant derrière eux la cohorte non moins nombreuse et combien douloureuse, de leurs frères de combat mutilés, leurs vieux parents, leurs épouses et leurs enfants en pleurs, la France ruinée. Même tableau pour les autres nations du continent européen depuis ses limites occidentales jusqu'au seuil des pays d'Orient.- Et par cela des mers, l'Amérique avait aussi jeté son épée dans la balance, le sang de ses enfants avait coulé sur la terre de France. Peuple, voilà votre œuvre, jugez-la et jugez vos tyrans. O ! Sainte liberté que nous aimons on a dit que c'est pour toi, pour te défendre et te sauvegarder que nous avons combattu. Mais une rançon si lourde était-elle nécessaire ? Voulais tu boire tant de sang et exiger tant de sacrifices ? L'insulte serait trop grande, O ! Justice vous ne vouliez pas cela. La tyrannie s'est servie de vous pour exalter les peuples, en faire son instrument.

Nous, anciens combattants, qui avons été les témoins, souvent les victimes de ces affreux spectacles, pleurons en silence, pleurons en songeant aux misères, aux meurtres, au sang que nous avons vu couler, des blessures béantes, ce sang si généreux qui a arrosé notre terre de France.

Tantôt c'était un père de famille aux cheveux grisonnants, tantôt c'était un enfant n'ayant pas encore vingt ans, poilu imberbe. Ils tombaient simplement. Pendant de lentes et douloureuses agonies, pas une plainte ne sortait de leur bouche. Et leurs lèvres s'entrouvraient pour articuler un dernier cri, lentement ils disaient « Maman, Maman ». Que ceux qui n'ont point vécu ces heures, ces journées, ces années tragiques, frémissent d'horreur et unissent leurs voix aux nôtres et à celles de nos Morts pour dire bien haut leur volonté inébranlable de ne plus permettre à l'avenir le déchaînement d'une semblable catastrophes. Alors seulement sera comblé le dernier vœu de ceux qui sont tombés là-bas un peu partout sur la terre et dans l'onde, dans le froid, dans la neige, dans la boue, sous un vent glacial ou un soleil brûlant les uns aux lueurs de leur dernière aurore, les autres en plein midi, les autres le soir au clair de lune. On mourrait à toute heure, on savait mourir et le jour et la nuit.

Après avoir brièvement dressé un tableau de ce que fut la grande guerre, que l'Allemagne nous imposa avec la complicité de l'Autriche et aussi de certaines puissances occultes que nous n'aurions pas de mal à dévoiler et que nous appellerions : Finance Internationales. L'argent n'a pas de Patrie. Nous avons essayé de dresser l'historique pour nos camarades qui ont versé leur sang, donné leur vie pour leur pays et pour la civilisation.

Beaucoup d'entre eux seraient encore en vie sans les grands malfaiteurs abritées derrière le mur de l'argent. Nous avons en effet de fortes raisons de croire, que la guerre aurait pris fin dans le courant de l'année 1915, fort probablement avant la soudure de la récolte, si un blocus sévère, et possible, avait isolé les empires centraux du reste de l'humanité.

Les matières premières pour la fabrication du matériel de guerre et surtout des munitions, devaient fatalement leur manquer, de même que les denrées alimentaires et les contraindre à demander la paix. Nos ennemis avaient prévu une guerre foudroyante Et courte ils avaient mis dès la première heure, tous leurs moyens en action. Mais ils n'avaient pas constitué des stocks suffisants pour une guerre qui devait durer plusieurs années.

Il y avait déjà beaucoup de mal qui était fait en 1915, beaucoup de sang qui avait coulé, beaucoup de ruines et de misères qui s'étaient accumulées. Cela aurait du suffire. Mais les hommes louches aux multiples et diaboliques combinaisons, veillaient avec un soin jaloux pour attiser la flamme qui dévorait les peuples belligérants, pendant qu'ils ramassaient l'or à pleines mains sur les cadavres de nos morts. Pour arriver à leurs fins, tous les moyens leur étaient bons et leur force pesait de ses puissants leviers sur les décisions des gouvernements.

C'est ainsi que la marine marchande anglaise entre les mains des grands armateurs eut la licence de ravitailler l'Allemagne, pendant toute la durée de la guerre, par l'intermédiaire des pays neutres, le plus souvent, les marchandises ne touchaient pas le quai de transit et passaient docilement au navire anglais au navire allemand. C'est à travers la Hollande, le Danemark, la Norvège, la Suède, voire même la Suisse, par les voies ferrées françaises que se faisait l'odieux transit. Le chiffre des importations dans ces pays pendant les années de guerre augmenta dans des proportions invraisemblables, surtout pour le coton qui vient des Indes et qui est indispensable pour la fabrication des explosifs. Voilà tout le secret de la guerre, et pourquoi elle a duré plus de quatre ans. Les gouvernements alliés, notamment le gouvernement anglais, ne pouvaient pas ignorer ce qui se passait. Il n'est pas permis de penser quand on songe à l'organisation de leur service d'espionnage, aux moyens dont disposent en Angleterre l'Intelligence Service en France, le 3° bureau du Ministère de la Guerre. Nous laissons à chacun, le soin de conclure        

Et le brave poilu dans la tranchée disait : « Nous tiendrons jusqu'au bout, on les aura » sans se douter que la main criminelle de ses frères, à l'abri loin du front ourdissait d'infernales machinations pour le poignarder dans le dos.

A l'intérieur sous le signe de l'union sacrée, une propagande savamment menée endormait l'opinion publique, la rendait incapable de toute réaction.

Ils ont tenu jusqu'au bout les braves gars, mais ils sont morts. Par ordre, par cupidité, on les a fait mourir.

Générations qui viendront  demain  nous  remplacer,  lorsque  nous aurons  disparu, emportant avec nous le souvenir de nos grands morts, il faut que vous sachiez qui ils étaient et comment ils ont succombé à leur poste de combat, pour que vous puissiez dégager de leur exemple les enseignements qu'ils comportent.

Laissant aux historiens le soin de transmettre à la postérité cette période de troubles, de malheurs, nous ajoutons même de folie, nous allons revivre à grands traits les jours qui en furent la préface, puis le début et enfin le grand acte.

Fin juillet 1914, un nuage de sang passa sur l'Europe. Les esprits étaient inquiets, surexcités.  Les uns voulaient la  guerre,  les autres,  voyant  l'horizon  s'assombrir, s’appliquaient à l'écarter. Les relations diplomatiques entre la France, l'Angleterre, la Russie d'une part l'Allemagne et l'Autriche de l'autre, furent rompues. Pour les hommes avisés, sachant que l'Allemagne armée jusqu'aux dents, ne cherchait plus qu'un prétexte pour déchaîner contre la France d'abord, une guerre qu'elle croyait foudroyante parce qu'elle y était préparée, il était facile dès lors de croire que le conflit était inévitable. La catastrophe devenait imminente, l'inquiétude gagnait les foules. L'assassinat de l'archiduc François Ferdinand d'Autriche à Sarajevo (Bosnie) le 30 juin 1914, ne fut qu'un prétexte savamment exploité par les diplomaties allemandes et autrichiennes. Mais elles savaient que la politique d'alliance dans laquelle l'Europe s'était engagée, déclencherait la guerre européenne.

Il s'agissait seulement d'allumer l'incendie que les plus furieux impérialistes voulaient, en un point, et de le faire adroitement pour sauver l'honneur aux yeux des peuples. Il s'agissait aussi de frapper fort et vite pour terrasser d'abord l'ennemi le plus dangereux qui était la France.

Il est certain cependant qu'ils n'avaient pas prévu les proportions formidables qu'allait prendre le conflit. Ils auraient voulu malgré tout le circonscrire ou tout au moins le diriger suivant le plan qu'ils avaient préparé. Ils allaient être dépassés par les événements. Des hommes profondément pacifiques dont la loyauté à la cause de la paix ne saurait être suspectée, espéraient éviter la guerre, même lorsqu'elle était inévitable. Leurs efforts furent impuissants à arrêter l'orage qui allait répandre sur l'Europe les plus grands malheurs que l'histoire des peuples ait enregistrés.

Le 30 juillet 1914, JAURES, le grand tribun, tombe sous les coups d'un fanatique pour avoir consacré toute son intelligence et tout son grand amour de l'humanité, au service de la paix qu'il croyait encore possible. Son nom « s'inscrivit, le premier du sanglant martyrologue » ( ?) qui pendant plus de quatre ans allait se dérouler. La guerre terminée, la justice des hommes qui prononça son jugement dans le délire de la victoire, acquitta son assassin. Par ordre sans doute, car la mort de JAURES avait peut-être ouvert le chemin aux puissants du moment, dont la gloire s'auréolait de sang. Ainsi l'opprobre sur la mémoire du grand homme, mettant au défi la conscience des honnêtes gens. Mais qu'importait cela.

Puis vint cet après-midi du 1° août. Tout à coup retentit l'appel de la mobilisation, qui appelait sur la frontière les enfants de la France.  A cet appel, lancé au son des cloches dont beaucoup dans l'Est et le Nord tintèrent pour la dernière fois, combien de larmes coulèrent, larmes des mères, des épouses, des enfants auxquels on prenait celui que nul auprès d'eux ne pouvait remplacer.

L'Allemagne et la Russie avaient mobilisés avant nous. Ainsi on était fait, l'irréparable était accompli. Notons en passant l'ordre parfait avec lequel la mobilisation générale s'accomplit, sans à coups, sans fausses manœuvres.

Nous estimons pour notre part que ce succès, si  faire la guerre est un succès, est dû à l'enthousiasme du début, porte chez chaque individu au maximum des capacités humaines, chacun tint pour un devoir sacré de bien remplir le rôle qui lui était assigné, même ceux qui n'étaient que tristement résignés. Pas de défections, même là où elles étaient relativement faciles.

Ces sentiments, la fraternité qui régnait parmi les troupes combattantes, se prolongèrent jusqu'à la fin. C'est là qu'il faut en chercher le facteur principal de la victoire, plus que dans la valeur des chefs qui présidaient à nos destinées guerrières depuis leur grand quartier général. La science des meilleurs capitaines est vouée à l'échec si elle se heurte dans son exécution à l'inertie ou à la valeur médiocre des troupes. Mais la valeur des troupes peut compenser l'insuffisance réparer l'erreur ou la faute d'un chef. Si nous avons eu de grands généraux, nous avons eu des soldats admirables, sublimes. Pour citer un exemple qui est tout près de nous, nous venons rappeler ici l'aspect de notre vieille cité ariégeoise aux premiers jours de la mobilisation. Celui qui l'a vu, qui fut acteur ou spectateur de la lugubre tragédie, ne y songer sans une profonde émotion. Dans Foix se trouvaient alors réunis 16 000 hommes, tous les enfants de l'Ariège capables de porter les armes, de faire un soldat. Les vieilles tours, dernier vestige de l'ancien régime, qui ont vu passer tant de malheurs, qui ont étouffé tant de plaintes, où se sont éteintes tant de souffrances, contemplant ce spectacle, nous eussent dit toute leur tristesse et toute leur douleur, si elles avaient parlé.

Entre le 7 et le 14 août, étant encore à Foix, j'ai vu embarqué le 59°, le 259° Régiments d'Infanterie et la 134° Territorial. Ils défilèrent, ces soldats, vers la gare, la tête haute, le sac au dos, le fusil sur l'épaule, ployant sous leur équipement très lourd. Ils partaient, ces braves gars, pour aller défendre leur pays. Mon cœur se brisait en attendant mon tour de partir, en songeant que demain la mort allait faucher leurs rangs, anéantir avec eux cette force, cette jeunesse qui épanouissait leur visage rosés et qui les faisait si beaux ces enfants de l'Ariège.

Des larmes coulèrent sur mes joues, mais en les voyant partir plein de courage et de vaillance, mon âme se trompe. Je me rappelais cette devise : « L'Ariège produit des hommes et de fer ». Jamais cette formule que j'avais maintes fois entendue, ne s'était mieux vérifiée à mes yeux que pendant ces journées tristement mémorables ; jamais elle n'avait été aussi vraie. Dans ma tristesse, j'en éprouvais quelque fierté, à chaque convoi, une locomotive à vapeur et une longue file de wagons à bestiau aménagés en hâte avec des bancs composaient le lourd détachement qui les emportait, dévalait la pente et franchissait le dernier défilé des montagnes ariégeoises et les cachait à leurs regards. Peu à peu le train roulant à travers l'immense plaine, les éloignait des monts pyrénéens où ils laissaient tout leur bonheur, toutes leurs affections. Bientôt tous ces gamins, l'un après l'autre, se dérobaient à leur vue. Beaucoup d'entre eux ne devaient plus les revoir. Jamais sans doute au cours des siècles, la torture morale fut infligée à un plus grand nombre d'hommes.

Comment croire en effet que ce flot humain qu'on envoyait à la mort restait insensible aux appels de son cœur. Non pas qu'il eut peur de la mort, mais parce que mourir ainsi à la force de l'âge, alors qu'ils sentait le besoin de vivre pour des êtres chéries, lui semblait un destin trop cruel. Il croyait que la vie sur terre avait un autre but. O gloire ! O ironie î Ce sacrifice était-il nécessaire au bonheur de l'humanité. Mais puisqu'il a fallu, ils sont partis. La France et la civilisation seront sauvées. Le premier jour de la guerre, nos armées prirent contact avec l'ennemi à Charleroi et furent acculées à la retraite. Notre 18° Corps d'Armée rentra en Alsace au début, mais fut bientôt obliger de reculer et nous n'en conservâmes qu'une petite partie jusqu'à la fin des hostilités.
2 Mars 1932.

Avant de terminer ce pénible récit, j'adresse à tous les morts de la Grande Guerre, quel que soit le lieu de leur naissance et celui où ils reposent l'hommage affectueux de leurs camarades anciens combattants.

O ! Chers Morts : Nous avions mangé ensemble, dans la boue des tranchées, la soupe froide apportée de l'arrière, souillée tout le long des boyaux dans le parcours pénibles, nous avions partagé le quart de vin, la goutte d'eau de vie qui nous ranimaient un peu alors que nous tombions anéantie de fatigue.

Ensemble nous subissions les bombardements, nous repoussions les attaques. Vous êtes tombés plein de santé à la fleur de votre âge. Nous vous avons fait alors, une humble sépulture et nous sommes restés près de vous, parmi vos croix de bois. Vous n'étiez pas encore tout à fait morts, lorsque nous étions là. Avec nous vous montiez la garde. Avec vous nous étions forts. Votre image s'évoquait en nous. Elle nous encourageait, nous protégeait. Puis, nous sommes rentrés dans nos foyers et vous êtes restés seuls dans la nuit froide et profonde. Seule votre ombre vient nous rejoindre ici sans notre village. Comme jadis, nous voulons qu'elle reste vivante parmi nous.

Les peuples, pour trouver un remède à leurs maux se sont assemblés à Genève au sein de la Société des Nations. Mais, ils n'ont pas encore trouvé dans cette institution, toutes les garanties de sécurité qu'ils en attendaient au lendemain de la grande tourmente. Les décisions qu'elle prend ne sont pas entièrement respectées par les gouvernements. Espérons que cette société grandira et trouvera la force nécessaire pour se développer et remplir le rôle qui lui est dévolu sur les peuples car les peuples se méfient encore les uns des autres. Mais la tâche qui se présente aux hommes de bonne volonté est considérable. Ils ne pourront la surmonter que s'ils s'appuient sur les enseignements de la guerre, s'ils pensent avec recueillement aux jours de juillet et août 1914 et au serment fit sur la tombe de nos morts au lendemain de l'Armistice pour que cette guerre soit la dernière. Tremblons à la pensée qu'une nouvelle guerre (elle serait aérienne et chimique) peut aboutir à la destruction sauvage et totale de l'homme par lui-même et de la civilisation.

GUERRE France Allemagne 1914-1918

A Guillaume II Empereur d'Allemagne, Réfugié en Hollande

C'est du beau ciel du midi de la France

Que j'écris pour toi Guillaume banni dans la Hollande

Français d'abord, ami du vrai, sans aucun titre

J'écris en ton honneur, médite cette épître

Dans laquelle en ce jour je veux te dire en vers

Qui seront par toi, j'en ai peur, compris tout de travers

Car pour éviter notre vengeance

Tu t'es réfugié dans ta chère Hollande

C'est dans cet endroit là que finira ton rêve

Et que tu resteras jusqu'au jour où ta C....meures

Qu'en France nous savons que toi seul empereur

A déchaîné la guerre et toutes ses horreurs

En agissant ainsi, tu voulais ô vampire

Elargir d'un seul coup ton si puissant empire

Tu voulais imiter notre Napoléon

Qui chez toi plus qu'ailleurs fit respecter son no

Et non content d'avoir l'Alsace et la Lorraine

Tu voulais nous voler encore nos bas de laine

Où chaque citoyen comme en un coffre-fort

Y tient jalousement cachés ses louis d'or

Tu voulais nous chasser dans le fond de l'Afrique

Et garder pour toi seul la France et la Belgique

Tu voulais grand malin, toujours bardé de fer

Exporter ta puissance et sur terre et sur mer

Tu voulais, te croyant seul assigner pour l'être

Te faire proclamer du monde le grand maître

Depuis tu as compris, heureusement pour nous

Que ton beau rêve était celui d'un fou

Car en quatre ans qu'a duré la guerre

Tu n'as nullement fais, crois le, trembler la terre

Puisque donc, toi qui te croyait si fort

N'as-tu pas essayé de passer par Belfort

C'est été, j'en conviens, pour toi plus héroïque

Mais non, tu préférais marcher sur la Belgique

Espérant trouver là, plus que partout ailleurs

Moins de difficultés, des chemins bien meilleurs

Mais les belges veillaient superbes de tenue

Te connaissant bluffeur, ils croyaient néanmoins

Que vers leur beau pays, tu ne marcherais point

Quand certain jour hélas plusieurs armées entières

Tramant de gros canons, franchirent la frontière

Le Roi Soldat ALBERT appela sur le champ

Ses hommes résolus à vendre cher leur vie

Plutôt que de laisser envahir leur Patrie

Et ces fiers défenseurs en ordre de combat

Te firent voir comment en Belgique on se bat

Cela, te surprit un peu on ose le croire

Car tu prenais plaisir les Belges pour des poires

Tu croyais simplement qu'en te voyant venir

Ils allaient au galop chapeau bas accourir

Qu'ils allaient en voyant défiler tous tes hommes

Crier trois fois « Hourra, vive, vive Guillaume »

Qu'ils allaient en un mot, hideux porte malheur,

Jeter à pleines mains, sur tes soldats, des fleurs

Mais tu ne savais donc pas que la noble Belgique

Détestait ton pays, aimait la République

Et que mise au courant de ton infect désir

Elle n'a pas voulu te faire de plaisir

Et que sans redouter la si grande puissance

Elle a voulu combattre, aidant ainsi la France

Car sans elle Kaiser, comme moi tu le sais

Tes soldats auraient eu chez nous plus de succès

Mais furieux de voir pareille résistance

Tu voulus pour bien mieux exercer ta vengeance

Sous ta botte écraser ce peuple de héros

Qui toujours noblement brava tes généraux

Sois content : les soldats, tous faits à ton image

Se sont dans ce pays conduits en vrais sauvages

Aussi méchants que toi, ces traites sans raison

Se sont bien appliqués à venger la maison

Ils n'ont rien négligé dans leur façon de faire

Liège, Anvers, Ypres, Namur

Bruxelles et Louvain où il ne reste aucun mur

Sont les endroits où tes soldats ivres de rage

Laissèrent plus qu'ailleurs trace de leur passage

Tout le mal que tu fis dans ce pays charmant

Tu l'as chez nous Kaiser fait aussi lâchement

Car ne pouvant jamais selon ton espérance

Malgré tes grands efforts t'emparer de la France

Tu juras d'exercer les pires châtiments

Sur nos personnes et sur nos monuments

Sans aucun remords, sans crainte pour ton âme

Plus cruel que Néron, toi Guillaume l'infect

Tu fis exécuter chez nous, comme là bas

Un programme qu'un vil assassin ne suit pas

Et dans beaucoup d'endroits, tes soldats sans entrailles

Se sont conduits en véritables canailles

Fusillant sans motif, pour voir couler le sang

O ! Inoffensifs gamins de paisibles p....

Certain jour et malgré prières, cris et larmes

Passaient un jeune enfant de six ans par les armes

Pour les avoir hélas, le pauvre cette fois

Mis en joue avec son petit fusil de bois

Tuant prêtres, vieillards, violant filles, femmes

Et les jetant repus dans les maisons en flammes

Coupant le poignet droit de beaucoup d'enfants mâles

Incendiant partout ses belles cathédrales

Achevant nos blessés, dévalisant nos morts

Bouchant les puits de nos belles mines du Nord

Détruisant avec plaisir avec tes gros canons

Tout ce qui dans les arts a le plus de renom

Faisant sauter avec des mines sous-marines

Tout navire marchand qui sur la mer chemine

Evitant de porter secours aux matelots

Qui tout en t'... coulent au fond des eaux

Voilà ce qu'ils ont fait par ton ordre toujours

Les ignobles soudarts à chaque instant du jour

Mais, malgré le mal qu'ici tu as fait commettre

Et les nombreux soldats que sur nous tu as pu mettre

Malgré ton vieux bon dieu, qui doit vivre en enfer

Jamais tu n'as pu venir à Paris beau Kaiser

En fait que serais-tu venu faire dans ce parage ?

Toi qui simple par goût, déteste le tapage

Car chez nous tu le sais la vie est très amère

Et connaissant tes goûts, jamais tu n'aurais pu t'y faire

Car le peuple Français auquel moi j'appartiens

N'est pas à comparer du tout avec le tien

Que tu as mené parfois à grands coups de cravache

Et que tu as souvent fait fusiller s'il se fâcha

Si tu avais fait chez nous ce que tu faisais là bas

Depuis longtemps Kaiser tu n'existerais pas

Chacun de nous et sans que personne le blâme

T'aurait sans hésiter mon vieux fait rendre l'âme

Nous opérons ainsi, nous les bâtards Français

Quand nous avons chez nous un homme que l'on hait

Mais le peuple a été trop content de ta gérance

Pour oser faire ce que nous ferions en France

II a préféré souffrir, même crever de faim

Plutôt que de vouloir sur toi poser la main

Tu dois reconnaître maintenant coûte que coûte

Que nous avons battu les mangeurs de choucroute

Et qu'ainsi nous t'avons prouvé, grand maladroit

Que la force chez nous ne prive pas le droit

Et que l'ambition quelquefois d'un seul homme

Ruine et fait sombrer le plus puissant royaume

Je m'arrête, Kaiser, il n'est que le temps je pense

Et laisse moi d'abord crier « Vive la France »

Je te dirai aussi grand criminel, que jusqu'à la fin de tes jours

Le remords de Caën te rongera toujours

Banni de ton pays et de toute l'humanité

Tu seras oublié et maudit sans pitié

Ta tombe sera aussi la fesse d'un chien qui crève

Où l'on jette par-dessus, un peu beaucoup de terre

Et lorsque un voyageur près de là passera

Avec mépris et dégoût, dessus il crachera.
RAUZY Jean Baptiste
Votre Correspondant Le Castor

Documents d'époque étayant son discours
- Lettres de "Poilus" ariégeois chargés de l'évacuation de blessés, de prisonniers de guerre et d'un soldat de Saurat hospitalisé à l'arrière.

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1 janvier 2008 2 01 /01 /janvier /2008 00:45

  Archives - Photos de guerre

Ci dessous quelques photographies qui illustrent les combats et les ruines. Elles proviennent de plaques stéréographique prises ou rassemblée par le Curé de Garanou surnommé « saouto barado ».
Les hommes des troupes coloniales

Goumier
Soldats hindous
Casablanca tirailleurs sénégalais et leurs familles
Troupes métropolitaines
Clermont sur oise 1914




















Compiègne Zépelin 







trois jours de pluie
Infanterie serbe au repos
Déserteurs bulgares
Pillards Allemands
Les civils dans la guerre

 enfants blessés

Salomique

Huiron
Villers aux vignes
Armement champ de bataille (après les combats)

Soldats en tranchées

Canon de 105Aisne 1918
Faux canon
Base arrière
vion de bombardement
Dirigeable

Infanterie serbe
Paris 1915
Chute d'avion

Avion en vol
Terrier Kronprinz
Ligne boche
Cadavre Allemand
Tank Boche
Somme
Verdun
Cadavres de Chevaux
Les ruines 
Cathédrale  de Soisson
Arras
Tombe dans une ferme
Revigny
Lerouville
Verdun
Clermont en Ardenne
Arras
La VictoireMusique Amériquaine
La reconstruction: Verdun
Verdun 1932
VOus pouvez également consulter des sites sur la guerre de 14-18 en tappant Photo guerre 14-18 sur Google
Adolphe Soulié
Ambulance dans une église
Source jean Michel Poncy
Le Castor

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