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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 17:00

Les Fouilles de Sauvetages du Manché

P1100792

 

Vous trouverez ci-dessous le rapport de fouilles fait en 1990 lors de l’aménagement de maisons récemment construites.

C’est la copie du teste déposé au Service Régional d’Archéologie à Toulouse.

Je remercie madame Florence Guillot Responsable Régie patrimoines d'Auzat et du Vicdessos, Madame Hélène Teisseire du Service Patrimoine, Musée, Archéologie Conseil Général de l'Ariège, Marie Pierre, Monsieur et Madame Blas pour leur collaboration.

 L’obtention de ce texte qui jusqu’à ce jour nous  était inconnu, bien que public, nous démontre qu’avec un peu de participation de tous ceux qui s’intéressent à la vie du village nous pouvons assez facilement recueillir les documents concernant l’histoire de Vèbre et ce pour la satisfaction de tous.

Rapport de Fouilles de Sauvetage 

Vèbre

« La Tire du Manché » Ariège

Autorisation n°85 du 14 août 1990.

RAP  00362

Cachet du Service de la DRAC de Toulouse (illisible)

Situation géographique

La fouille de sauvetage d'urgence, objet du présent rapport, située sur la Commune de Vèbre ( Ariège) à proximité du lieu-dit :"La Tire de Manché" est incluse sur la parcelle 1.290 de la section A2, appartenant à Monsieur SEGUELA et à Monsieur PILLER Régis. Ses coordonnées Lambert sont :

x = 550,150          - y = 53,200          - altitude               610 mètres environ.

L'environnement est " le Quié" de VEBRE, massif calcaire secondaire qui culmine à 1 233 mètres et qui domine la Vallée de l'Ariège.

La parcelle concernée est implantée sur une pente de plus de 15 %, à la suite d'éboulis calcaires qui viennent recouvrir les dépôts glaciaires.

L'ensemble des parcelles qui surplombent le village sont utilisées actuellement en pâturage.

Suite à l'aménagement de terrasses délimitées par des murets, elles ont été utilisées jusqu'à une période assez récente (fin de la première moitié du siècle) pour une poly culture vivrière.

L'enquête, à la fois historique et toponymique, menée auprès des services des Archives départementales, ne nous a apporté aucun renseignement complémentaire sur l'occupation du lieu.

Historique

Ce site nous a été signalé à la suite d'aménagements consécutifs à la construction de deux habitations. Installation d'ouvrages d'assainissement, ainsi que de murettes de soutènement de la pente en amont des constructions pour éviter des éboulements de terrain situé en surplomb.

Lors de notre première intervention, nous avons pu faire le constat suivant        lors de ces travaux, un engin mécanique a mis à jour, tout en l'endommageant, une sépulture. Parallèlement, nous avons été informés que préalablement, au cours de la construction des habitations, des fragments de céramique ( notamment de coupes ), des ossements humains avaient été mis au jour dans l'espace compris entre les habitations. Aucune localisation plus précise et fiable, dans l'espace, n'a pu nous être apportée.

Description de la Sépulture

Celle-ci reposait sur une couche d'argile compacte de couleur jaune à une profondeur de 80 cm et avait été en grande partie dégagée lorsque nous nous sommes rendus sur les lieux. C'était le squelette d'un individu adulte abrasion importante des dents), allongé sur le dos, orienté Ouest - Est (la tête étant à l'ouest). La disposition était très visible. La plupart des articulations étaient en connexion anatomique indiquant ainsi que le squelette n'avait pas connu de dé­placement après son inhumation (photo + plan).

La position du membre antérieur gauche légèrement repliée, semble indiquer que la main devait reposer sur le bassin (pubis) bien que le crâne ait légèrement basculé, il semblerait qu'il reposait à l'origine sur l'occipital, si l'on en juge d'après la mandibule en position bien à plat.

Comme nous l'avons déjà souligné, l'utilisation de la pelle mécanique a entraîné de nombreuses détériorations du squelette                destruction totale du membre antérieur droit, de la partie droite de la cage thoracique, du bassin et de l'ensemble des membres inférieurs.

On ne peut pas savoir si cette sépulture avait été aménagée du fait que dans ses limites ouest, sud et est, les couches ont été profondément excavées. L'absence de vestiges à proximité ne nous permet pas de proposer une datation pour cette sépulture. Nous reviendrons sur ce point dans nos conclusions

Examen des déblais et des découvertes antérieures a la fouille

Avant d'entreprendre la fouille de sauvetage sur l'emplacement des travaux prévus, nous nous sommes livrés à l'examen des déblais provenant de l'excavation de l'espace compris entre les deux habitations. De nombreux fragments d'ossements humains ont pu être prélevés (fragments de bassin, péroné, tibia, phalanges, fémur, dents - incisives - ).

Plusieurs éléments de boites crâniennes nous ont permis naturellement de déterminer que nous étions là en présence de plusieurs individus                3 ou 4    dont un enfant.

Il nous a été remis du matériel mobilier prélevé dans les mêmes conditions évoquées ci-dessus.

- Matériel métallique une alène de bronze (dessin)

- Quatre clous à tête plate de fer, très érodés (période indéterminée).

- Céramique mise à jour de nombreux tessons, le plus souvent de petite dimension, appartenant des céramiques diverses, grises ou noires moins fréquemment rouges. Ces tessons peuvent être aussi bien grossiers et épais, mais aussi plus fins dont la surface interne est noire et lissée.

L'état fragmentaire de la céramique recueillie a permis cependant de reconstituer certaines formes de récipients.

1) une céramique commune tournée en forme de coupe de pâte rouge de 61 mm de hauteur et d'une embase de 46 mm de diamètre (voir photo et dessin).

2) une céramique commune tournée en forme de coupe, elle aussi, de pâte rouge mais beaucoup plus détériorées h = 51 mm, embase de 50 mm de diamètre. Ces deux céramiques semblent pouvoir être datées du Bas-Empire (IVème siècle).

L'ensemble du matériel recueilli dans les déblais bouleversés parait donc appartenir à des horizons culturels différents: Bronze final, premier âge du fer, Bas-empire, période médiévale.

La fouille de sauvetage

Comme prévu, les efforts ont porté sur la zone qui devait être l'objet d'aménagements (plan). L'examen de la coupe stratigraphique montrait de toute évidence, que les éléments constitutifs des différentes couches avaient subi un important déplacement et glissement liés au très fort pendage du terrain. La fouille représente 6 m X 2 m. Suivant une logique nécessitée par la pente, la progression des travaux s'est effectuée suivant une direction nord-sud en commençant par les carrés A et B. Elle s'est effectuée par décapage progressif et successif, afin de conserver une lecture stratigraphique pendant le déroulement des travaux. Les matériaux retirés furent tamisés avant évacuation. Nous avons identifié cinq couches distinctes au pendage quasiment parallèles.

Couche A

Elle correspond à la couche qui a été antérieurement cultivée. Couche de surface de couleur noirâtre, épaisse de 30 cm, constituée principalement d'un dépôt d'humus et de terre végétale. Les racines et radicelles sont importantes. Dans cette couche on note la présence importante d'un cailloutis calcaire et d'éclats moyennement érodés similaire à celui qui constitue les éboulis de pente de ce versant du massif de VEBRE. L'absence de mobilier est totale.

Couche B

Cette couche est de couleur brune foncée constituée d'argile limoneuse. La structure est beaucoup plus aérée et les éléments de cailloutis anguleux sont beaucoup plus dispersés, mais de taille légèrement plus importante. Sur cette couche apparaît à la fois un pendage signalé NS mais aussi un pendage moins marqué mais significatif WE A la base de cette couche signalons la présence de quelques tessons grossiers érodés et très dispersés. D'un fragment de mâchoire animale (canidé) et ossement de mouton.

 

Couche C:

Couche d'argile brunâtre d'épaisseur moyenne de 40 cm. Elle conserve les pendages de la couche précédente. Elle se différencie surtout de la précédente par un plus grand nombre de cailloux et de quelques pierres non taillées d'un calibre généralement plus important, ainsi que par le plus grand nombre de tessons mais très fragmentés, en mauvais état de conservation et dispersés.

Couche D et non C

C'est une couche assez mince (15 à 20 cm), désignant un niveau vraiment distinct des précédentes par sa morphologie. Elle est constituée par de très nombreux gravillons de petite taille pour la plupart roulés, ils attestent une zone d'écoulements d'eau, très actifs. Le mobilier est absent.

Couche E et non D

Couche d'argile compacte et d'un brun très clair, presque jaune qui compacte quelques galets et cailloux. Couche stérile.

La perturbation est telle qu'il est impossible de restituer les rares pièces archéologiques dans leur contexte. On ne peut que conclure que nous avons trois couches d'éboulis d'origine diverse reposant sur la couche beaucoup plus importante d'argile.

 

Beber était mon nom.

Ces habitats de l'âge du Bronze âge du Fer puis du bas empire (IV°siècle) sont les traces les plus anciennes que nous connaissons de Vèbre. Le village était probablement occupé avant l'invasion romaine dans la région, ce qui semble cohérent avec la bonne exposition du site, l'abondance de l'eau et un bon terroir.

Des habitats de l'âge du bronze ont été trouvés ailleurs dans la région .En 1892 en faisant la route d'Arnave une sépulture à été mise au jour , voir l'article du BSA ci dessous. Madame Florence Guillot à trouvé des traces d'occupations remontant à cette époque en fouillant le château de Montréal de Sos. Voir les comptes rendus de fouilles qu'elle a publiés sur le net ainsi que la maison du patrimoine à Auzat. Nous avons donc la preuve que des populations existaient chez nous à l'âge du bronze. N'oublions pas que la grotte de Lombrive, toute proche, était un habitat préhistorique.

Découverte d'une sépulture de l'âge de Bronze à Arnave . 

Provenance BSA  Page 246 mars 1892  BNF Gallica  

M. Baby et plusieurs membres font connaître que récemment des ouvriers, en travaillant sur le chemin qui va d'Arnave à Tarascon, ont mis à jour une sépulture de l'âge de bronze. Malheureusement les fouilles pratiquées avec précipitation n'ont pas permis de faire un relevé méthodique. Le tombeau était placé à mi-côte dans le repli du terrain qui se relève assez brusquement à partir du chemin C'est en coupant le bord du coteau verticalement que la découverte s'est effectuée, et on a remarqué qu'au glissement des terres avait occasionné un bouleversement parmi les ossements et le mobilier funéraire. On peut supposer qu'il y avait deux corps qui ont été inhumés et non incinérés; à en juger par les objets trouvés, c'étaient des guerriers, qui devaient être considérés comme des chefs. On a relaté deux bandeaux en bronze non fermés, aplatis du côté interne, et présentant quelques cannelures parallèles suc la face externe. lls étaient destinés à former une parure qui s'appliquait sur le front et se rétrécissait en se rapprochant de la nuque.

Les autres objets consistent en pointes de javelots, eu haches, en une lame de poignard, en petits tubes ayant environ 7 à 8 centimètres de longueur, en cônes métalliques, semblables à de petites coquilles ou à des champignons, et toutes forées de deux petits trous symétriques. Plusieurs haches, remontant à l'époque de la pierre polie, étaient mêlées ans objets de l'âge de bronze

Constatons que le pays, où a été découverte la sépulture, a conserve d'anciennes traditions qui rappellent te culte des pierres. Non loin de là, on voit une ancienne chapelle placée sous le vocable de Saint-Paul, aujourd'hui bien abandonnée, et qui était jadis un lieu de pèlerinage. A rôle de ce sanctuaire, se trouvait un bloc de pierre où venaient se frotter les malades atteints de la lèpre. Les chrétiens avaient sans doute bâti la chapelle pour transformer un usage établi par le paganisme ; ils préféraient le faire tourner à leur profit plutôt que de tenter d'inutiles efforts pour le déraciner.

Nos racines remontent donc loin dans le temps.

Le Castor

PJM

Pour visualiser les Photographies cliquer ci dessous

 

 

 

  7-Archives-Memoire fouilles

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