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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 18:14

L’OURS


 danse ours

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8436604g.r=gravure+ours.langFR

Le 23 juin 1615au soir les bergers venaient informaient Monsieur le Maréchal que l’ours avait attaqué les troupeaux ; En même temps d’autres l’avertissaient qu’ils avaient vu une folle qui densait sur les roches ,voir l’article La Follo I et II 

L'OURS DE LAS PYRENEOS.

 

Parten per la casso, crésion dé trouba la pous­sédalo, té trapan l'ours.

Marchabon, despey un'hourado andé Torello, lé gardo, clins lé bosc dé Bragos, les goussés bra­mabon, les rabatturs fanion tapaché. A peino si sé poudio embrassa dé l'oeil unos dexénos clé. passés, lé ramaché dés sapins entrumio près­qu'affet lé carayrou qué séguission, èro pos encaro pla joun, tabés. Tout d'un cop, lés goussés jaoupon pos pus, s'arreston, la cugo éntré las camos, lé pél hérissat. Jou marchabi dabant, à bint passés dé Torello. Tout d'un cop, un filoulet. Ès Torello !

Maréchal, escartats bous.

M'escarti ; uno balo fioulo.

È té béni, dabant jou, d'arré un abet, al bort dé­précipissi dél roc dés Goujats, un grand animalas d'ours, tout dreyt. È; sens'abé lé tens dé récula d'uno sémèlo, l'ours té m'urpéjo è m'embrasso à m'éstoufa.

Perth pos moun sang fred, t'enfourni la ma esquerro dins la gulo dé la bèstio salbatcho, t'y sargailléjy la léngo, è, dé la dreito, t’y énfounsi un coutélas dins la panouillo. Mès, las griffos dé l'ours, mé griffon dins les musclés dé las espallos, è me désquirron à trocés ; la sang rajo.

Mès aco ès égal, réméni touchoun nia daguo dins lé flanc dé l'animaL Jamay nous désurpec; È, en nous débaten, arribi esquintat al bort dél pricipissi . Paouro Roquelauro, ès perdut ! mé sentio adali.

- Mort per mort, calqué moun ennémic crèbé andé jou.

È toutis dous, touchoun embrassats (1), toumban è roudan coumo uno pipo rédolo, sul flanc roucaillous dé la mountagno; è toutis dous, mitât morts, chouff! cabussan dins un gourguet dél roc dé la Bruyanto, lé choc nous désagafec.

L'aygo frésco nié rébiscolo.

È, quand jou mé souléby, té baou bésé moun ennémic qué, tranquilloment, sé lababo sa plago, al coustat dé jou.

Mé labi tabés, è toutis dous amicaloment fasen trèbo per répréné lé coumbat.

- Saouren, animal, qui n'aoura poupat dé la millouno, diguègy.

Sabi pos pus ount èro passat Torello ; sou­-

(1) Bergés

 

loument en biran lé cap, té lé baou bésé andés amics qué dégringoulabon, à touto bitésso, lé précipissi per béni à moun sécours.

Mès l'ours èro espuisat, sounc sang s'escour­rissio à bel rajol, è toumbèc. M'approuchey per y douna lé cop dé gracio. La bisto del renfort m'abio dounat couratché, e mas forcés s'éron centuplados. Mès I'animal d'ours se tournée dressa cap à jou, la gulo dubèrto, è unis brans, t'y enfourni lé dago dins la gulo, se débatèc, m'esquirréc un paouc dé coll, è cabusso retté lins l'aygo. L'aygo jisquèc pertout coumo fusados.

L'es amics arribon, mé sarron las plagos andé moucadous. Mé fan pinta un cop d'aygordent. M'arrémountèc.

Coupon brancachés, è bint homes s'arroussé­

guéguen I'oursam jusqu'ot su'l'carrayrou:

-- Brabo, brabo ! cridèguen toutis les em­bitats.

Moussu lé Maréchal se té bouydo uno rasado; alabeis toutis lés embitats se lèbon:

- A la santat dé Moussu lé Maréchal. Hourra ! Hourra !

Bibo lé tuayré d'ourses ! Bibo Moussu lé Ma­réchal !

È unis crits ! Al tapaché qué sé fasquèc Gas­toun sé désperto. Couffa ! couffa ! è soucadis andé sas manètos las franjos del brès.

Lé maynaché praco s'en pourtabo pos pu mal, èro pouchant quoiqu'agesso escarpinat lé bouyaché pu bitomen qué d'habitudo.

Ê sé plourabo, es, coumo l'abion batisat ; èro éstat aquél joun mès dérengat qué dé coustumo_ Côuffat, troussât, labat, tout aco y abio coupat la son.

- Foutré, per qué bol pos dourmi, porto lé assi, coumandèc lé Maréchal à la nouyriço.

Y cal fé béouré un cullérat dé sang d'ours è un aoutré dé bi dé  Jurancou.

-Y bos fé mal, paour'amic, cridec Madamo la Maréchalo, en se, méten les brassés su'l'cap.

- L'a pos tuat, al grand Henric, respoundec lé bieil Roquelauro, -tout fort.

E tout douçomentounos, en pourtant lé cullé as pontets del toustou.

- Tè, chuco, è sios abérit coumo es esta.t lé

grand Rey,

As prou pintat?-- Al brès:

 ours dans la rue

Trutat Eugène 1840-1910 

9x12

Bibliothéque municipale Toulouse  TRU C 1991

 

TRADUCTION

L'OURS DES PYRÉNÉES. 

Partant pour la chasse, nous croyions bien trou­ver la possédée, nous attrapons l'ours.

Nous marchions depuis une bonne heure avec Torelle le garde, dans le bois de Bragues, les chiens hurlaient, les rabatteurs menaient grand bruit. A peine si nous pouvions embrasser de l'oeil une dizaine de pas, les rames des sapins obscurcissaient le sentier que nous suivions, et aussi il ne faisait pas bien clair. Tout d'un coup les chiens n'aboient plus, ils s'arrêtent, la queue entre les jambes, le poil hérissé. Moi, je marchais devant à vingt pas de Torelle. Soudain, un coup de sifflet. C'est Torelle!.

Maréchal, écartez-vous.

Je m'écarte; une balle siffle.

Et je vois devant moi, derrière un sapin, au bord du précipice du roc des Coujats, un grand animal d'ours, tout droit. Et sans avoir le temps de reculer d'une semelle, l'ours me saisit et m'étreint à m'é­touffer.

Je ne perds pas mon sang-froid, j'enfourne la main gauche dans la gueule de la bête sauvage, je lui secoue la langue, et, de la main droite, je lui enfonce un couteau dans le ventre. Mais les griffes de l'ours me crochent dans les muscles des épaules et me déchirent en lambeaux. Le sang ruisselait.

Mais malgré cela, je remue toujours ma dague dans le flanc de l'animal. Jamais il ne desserra. Et, en nous débattant, j'arrive déchiré au bord du précipice. Pauvre Roquelaure, tu es perdu! je me sentais faiblir.

- Mort pour mort, il faut que mon ennemi crève avec moi.

Et tous deux, toujours embrassés, nous tombons en roulant comme futaille ronde sur le flanc rocailleux de la montagne. Et tous deux, à moitié morts, chouff! nous plongeons dans un petit gouffre du ruisseau de le Bruyante. Le choc nous sépara.

L'eau fraîche me fait reprendre mes sens.

Et quand je me soulève, je vois mon ennemi qui, tranquillement, lavait sa plaie à côté de moi.

Je me rafraîchis aussi et tous deux, amicalement, nous faisons trêve pour reprendre le combat.

- Nous saurons, animal, qui aura tété de la meilleure, disais-je.

Je ne savais plus où était passé Torelle seulement en tournant la tête, je le vois avec ses amis qui dégringolaient à toute vitesse le précipice pour venir à mon secours.

Mais l'ours était épuisé, son sang s'écoulait à gros bouillons et il tomba. Je m'approchai pour lui donner le coup de grâce. La vue des renforts m'avait donné courage, et mes forces s'étaient centu­plées. Mais l'animal d'ours se dressa à nouveau vers moi, la gueule ouverte,, poussant des grognements. Je lui enfonce la dague dans la gueule, il se débat, me déchire un peu le cou et tombe raide dans l'eau. L'eau gicla partout comme des fusées.

Les amis arrivent, m'épongent les plaies avec des mouchoirs, me font boire un coup d'eau-de-vie. Je fus réconforté.

Ils coupent des branchages et vingt hommes traînent l'ours jusqu'au chemin.

- Bravo, bravo! crièrent tous les invités. Monsieur le Maréchal se sert une rasade. Alors tous se lèvent:

- A la santé de Monsieur le Maréchal. Hourra! Hourra!.

Vive le tueur d'ours! Vive Monsieur le Maréchal!

Et de crier! Au tapage qui se faisait, Gaston se réveille. Couffa! couffa! et il secoue de ses petites mains les rideaux du berceau.

L'enfant, pourtant ne s'en portait pas plus mal; il était solide quoiqu'il eût fait le voyage plus vite que d'habitude.

Et s'il pleurait c'est parce qu'on l'avait baptisé: il avait été ce jour-là plus dérangé que de coutume. Coiffé, habillé, lavé,, tout cela lui avait coupé le sommeil.

- Fichtre! Puisqu’il ne veut pas dormir, apporte ­le ici, ordonna le Maréchal à la nourrice.

Je vais lui faire boire une cuillerée de sang de l'ours et une autre de vin de Jurançon.

- Tu veux lui faire mal, pauvre ami, cria Madame la Maréchale, en se mettant les bras sur la tête.

- Cela ne l'a pas tué, au grand Henri, répondit le vieux Roquelaure, tout haut.

Et tout doucement, en portant la cuiller aux lèvres du bébé:

- Tiens, suce, et sois dégourdi comme le fut le grand Roi!.

Tu as assez bu?.- Au lit! 

Cette histoire, la dernière des trois en patois, est tirée du livre :« Moussu  LE DUC DE RAUQUELAURO del Quérigut  1618 1783  ARTUR CAUSSOU ».

 L’auteur, Félibre,  né et mort à Lavelanet (15 aout 1848- 1945)  présenta ce roman à l’occasion d’un concours de littérature romane  à Foix en 1886. Réédition par CIEP impression Toulouse –traduction Jean-Louis Salvaire mise en écriture Anne-Marie Dambies  Association Aquavhers BP 09300Lesparrou.

PJM 

Le Castor

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 17:34

LA DUCHESSO BERTHO DÉ RHOAN

portrait-roquelaure.jpg


Lé bruch d'aquélo capturo 'embroundisquec Pertout. Lé oouratché dé, Gastoun èro bantatgent lèos à la roundo, n'abion pos soue pareil. Pertout, pertout, clins toutis billatchés, haméous ou bordos entendiots pos qué babardéja sus aquel ,ébènoment.

Toutis s' démandabon : Chi pot essé aquélo follo ? la ail disio: és uno grando clamo ; l'aou-tré , és calqué breycho qu'en forbandit del savat.

Bélèou, dis o la bieillo, es calqu'âmo en pénos qué paourëjo prièros

Déjà èron al mes dé septémbré dé l'annado suibanto ; déjà las maytinadlos èron fresquètos, ,è las feillos clés aybrés coumençabon dé rouséja, è toumba, .ça en la, Gins lés réquets, è fasion pichounos restancos.

Un mayti, èro lé 2 septémbré 1632, té ban bésé un bel carrosso que grimpo la grande costo ; passo la grillo del castel è se ba arresta lo­bant la porto.

Dabant è darré, sul carrosso, y abio un flot dé domesticos.

La un, lé capel à la ma, durbis la pourtièro.

Un grand seignou, uno doumaysello superbo d'unis dex-è-sept ans è un bel oufficiè dé dra­gouns dé la Reyno,descénden dé la bouéturo

Démandon à bésé Madamo la Maréchalo dé Roquelauro.

Lés fan dintra dins lé grand saloun,Madamo la Maréchalo, Louiso è Gastoun lés récében.

Après lés saluts, lé grand seignou, t'y counto

Sabes, tapla que jou, qu'en 1615, un an après la mort ciel grand Rey Henric (1) calqué seignou sé rébouitéguen countro la Reyno Marie, dé Médicis. Lé princé dé Coundi, lé duc dé Ven­domo, è lés ducs dé Bouilloun, dé Mayenno,dé Loungovillo d'aoutris. grandis seignous soulébèguen las proubinços dount èron les  goubernurs.

Aquélis seignous, en fasen balé las coumpla­senços del goubernoment per la cour dé Rou-mo (2), éntrénègueu lés cheffés des Calbinistos dins la counspiratiou : Soubiso, la Trémouillo à

Jou (3)•

(1) Henri IV.

(2) Rome

(3) Soubise, La Tremouille et le duc de Rôhan

Tracadis lins lés embirouns dé Bourdèous (1)per l'armado rouyalo qué coumandabo le duc d'Epernon, uno partido des rébellés sé réfugiéguen dlins las Cébénos (2), les aoutris, dins las Pyrénéos.

Ero d'aquel noumbré;

Démandégui l'houspitalitat al barou dé, Léra, chef clés réligiounaris dins lé counat dé Fouych è m'arrécoussidec très jouns dins soun castel dé la Batounillo dé Labélanet

Aqui, lé lendéma, lié 19 juin 1615, la ducchesso, qué bey ploura, toumbec malaouto. La proubidenço né dounec uno fillo, Jenny, qué m'accoumpagno.

Mès, dous jouns aprex, les habitants dé Labé­lanet, qu'abion aouzit la défaito dé lour sein gnou, s'èron réboultats é ménaçants, armadas dé dails, dé piochos, dé fourcos è dé ferreillados enroun­dinéjabon la térasso del castel.

E tabés las troupos rouyalos arribabjon.' Calguec fumé.

Nous fan déguerpi per uno porto qué dounabo su'l'S'oula (4)  è ganèguen lé Quérigut pel bosc

(1) Bordeaux.

(2) Les Cévennes.

(3) Lavelanet  (Ariège).

(4) Le Soula, montagne près Lavelanet.

dé Bélesta (1), è nous dirijabon su l'Espabno pe'l'col dé Pailléros (2).

AI dessus del Quérigut fousquèguen attaquats, la neyt, per uno bando dé bricands.

Ma fenno Boertho èro estado blassado la pru_ mièro en boulon salba soun fil Robert qué ténio sus dénouls.

La nouyrisso  qué pourtabo Jenny, qu'abio pos qué trés jouns coumo sabets, enfujisquec.

E jou, è, moun doumestico, toutis ensanglantats , démouréguen morts sus plaço. Fasio. clar dé luno.

La fréscou dé la neyt nous rébiscoulec. Serqui ma fenno, moun fil, ma fïllo ; troubégui moun fil Robert, à bint passés adalit , è, clous cens passés pu Ienc, arrucaclo darré uno roco, récounéguègui la nouyrisso qué ténia ma fille enlaçado dins sous brassés, la récalfabo andé sa gaouto ; la poou la ténio aggrépido al sol, è, à malin appel, mounabo pies.

Mès, ma fenno, nou la bèjéguen pas pus. Bessé, subitoment follo dé terrou, l'espant y abio feyt mounta la leyt al cap, abio fugit.

La crési morto. »

(1) Bélesta, canton de Lavelanet. (2) Col de Pailhères (Qutrigut).

 

Lé seignou s arrestec de parla ; sas larrmos sé barèjhèguen as sanglots dé sou fil è. dé sa fillo. Aprèx tournec répréné

« L'aben sercado trés jorans è trés jouns.

Lé clescadis clé las armos dés souldats rouyals

qué nous séguission à las traços, nous fasqué_

guen fugé aquel sol inliouspitaliè.

Arriban en Espagno, y pasan   sept ans. E, .graciais pel Rey, tournans en Franco.

Y a dex jouns un souldat de Quérlgut, qu'es dins lé régiment dé mou fil, lés dragouns dé la Reyno, à Bersaillo (1),a racountat qu'abets arrèmassat, assi, uno paouro folio.

Robert n'a abut bent, è bénen...   

Bélèou qué sira Bertho !    

- Ma mayré ! cridéguen al cop, en sangloutan, les dons junos gens.

- 0 Bèrtho ! jisquec lé grand seignou.

Ban querré la damo, qué coumo sabets, gracio as souéns dé la famillo cté Roquelauro, èro pla garido.

'l'aléou durbi la porto

- Bertho

- Ma mayré ?

-- Henric! mou fil ! ma fillo !

Le duc Gaston épousa quelques années plus tard Jenny  qui mourut en couche. Il ne s’en consola jamais Il se remaria  un peu plus tard mais sa seconde femme mourut aussi.

 

Traduction 

LA DUCHESSE BERTHE DE ROHAN.

Le bruit de cette capture se répandit partout. Le courage de Gaston était vanté; à cent lieues à la  ronde, il n'avait son pareil. Partout, partout, dans tous les villages, hameaux et fermes, on n'entendait parler que de cet événement.

Tous se demandaient: qui peut être cette folle? L'un disait: c'est une grande dame; l'autre, c'est quelque sorcière qu'on a sorti de l'enfer.

Peut-être, disait la vieille, c'est quelque âme en peine qui implore des prières.

Déjà, on était au mois de septembre de l'année suivante; déjà les matinées étaient frisquettes et les feuilles des arbres commençaient à roussir et tombante çà et là dans les ruisseaux faisaient de petites retenues.

Un matin, c'était le 2 septembre 1632, arrive un beau carrosse qui grimpe la grande côte; passe la grille du château et s'arrête devant la porte et derrière, sur le carrosse, se tenaient de nombreux domestiques.

L'un d'eux le chapeau à la main, ouvre la portière.

Un grand seigneur, une demoiselle superbe d'environ dix-sept ans, et un bel officier des dragons de la Reine descendent de la voiture, et demandent à voir Madame la Maréchale de Roquelaure.

On les fait entrer dans le grand salon, Madame la Maréchale, Louise et Gaston les reçoivent. Après les salutations le grand seigneur prend la

parole:

"Vous savez, aussi bien que moi, qu'en 1615, un an après la mort du grand Roi Henri, quelques seigneurs se révoltèrent contre la Reine Marie de Médicis. Le Prince de Conti, le Duc de Vendôme, et les ducs de Bouillon, de Mayenne, de Longeville et d'autres grands seigneurs soulevèrent les provinces dont ils étaient gouverneurs.

Ces seigneurs en faisant valoir les complaisances du gouvernement pour la cour de Rome, entraînèrent les chefs des Calvinistes dans la Conspiration: Soubise, La Tremouille et moi même, Duc de Rohan.

 

Traqués dans les environs de Bordeaux par l'armée royale que commandait le Duc d'Epernon, une partie des rebelles se réfugia dans les Cévennes, les autres dans les Pyrénées. J'étais de ce nombre ;

Je demandai l'hospitalité au baron de Léran, chef des religionnaires dans le Comté de Foix et je me réfugiai trois jours dans son château de la baronnie de Lavelanet.

Là le lendemain, le 19 juin 1615, la Duchesse que nous pleurons aujourd'hui tomba malade. La providence me donna une fille, Jenny, qui m'accompagne.

Mais deux jours après, les habitants de Lavelanet, qui avaient appris la défaite de leur seigneur, s'étaient révoltés et menaçants, armés de faux, de pioches, de fourches et de fers d'aiguillons entourent la terrasse du château.

Et aussi les troupes royales arrivaient. Il fallait fuir.

On nous fait sortir par une porte qui donnait sur e Soula et nous gagnâmes le Quérigut par le bois de Bélesta, et nous nous dirigeons sur l'Espagne par le Col de Pailhères.

Au-dessus de Quérigut nous fûmes attaqués, la nuit, par une bande de brigands.

Ma femme Berthe avait été blessée la première en voulant sauver son fils Robert qu'elle tenait sur ses genoux.

La nourrice qui portait Jenny qui n'avait que trois jours comme vous savez, s'enfuit.

Et moi et mon domestique, tout ensanglantés, nous restâmes morts sur place.

Il faisait clair de lune;

La fraîcheur de la nuit nous ranima. Je cherche ma femme, mon fils, ma fille. Je trouvai mon fils Robert, à vingt pas plus loin, épuisé; et deux cents pas plus loin, pelotonnée derrière une roche, je reconnus la nourrice qui tenait ma fille embrassée, la réchauffant de sa joue. La peur la tenait clouée au sol et, à mon appel, elle ne répondait pas.

Mais, ma femme, nous ne la vîmes plus. Sans doute, subitement folle de terreur, la peur lui avait fait monter le lait à la tête, et elle s'était enfuie. Je la crois morte."

Le seigneur s'arrêta de parler; ses larmes se mêlèrent aux sanglots de son fils et de sa fille.

Ensuite il reprit:

"Nous l'avons cherchée trois jours et trois nuits

Le cliquetis des armes des soldats du Roi qui nous suivaient à la trace nous fit quitter ce sol inhospitalier.

Nous arrivons en Espagne, nous y passons sept ans: Et, graciés par le Roi, nous revenons en France.

Il y a, dix jours, un soldat de Quérigut, qui est dans le régiment de mon fils, les dragons de la Reine à Versailles, a raconté que vous avez recueilli, ici, une pauvre folle.

Robert en a eu vent, et nous venons.... Peut-être s'agira-t-il de Berthe!.,.

- Ma mère! crièrent ensemble en sanglotant les deux jeunes gens.

- Oh Berthef gémit le grand seigneur. Sitôt la porte ouverte:

- Berthe!.

- Ma mère!

- Henri! mon fils! ma fille!

 N5846715 PDF 1 -1DM-11

 

Qui était le Duc Gaston-Jean-Baptiste de Roquelaure ?

Fils de Antoine, baron de Roquelaure (1543 Lectoure 1625) Il fut au côté d’Henri IV dans beaucoup de ses batailles et dans son carrosse le jour de son assassinat. Maitre de la garde robe du roi il fut maréchal de France en 1614.Gaston naquit en 1617 fut capitaine en 1635 et devint maréchal de camp après le siège de Coutrait en 1646. Il sera nommé gouverneur de Guyenne en 1676 et mourut en 1683. Son fils Antoine Gaston  duc de Roquelaure 1656-1738 fut gouverneur de Languedoc  et nommé Maréchal de France en 1724.Le duc Gaston était un des boute en train de la cour.

Sur certaines documentations trouvées sur la toile le duc gascon de Roquelaure  est mort dans son château de Lavalette en 1683. Selon le livre  d’Artur Caussou il est mort à la Réole, vois-ci comment. En tant que gouverneur le Duc visitait ses villes deux fois l’an pour s’assurer de la bonne marche de l’administration et de la justice. Le 9 mars 1783  il était en tournée à la Réole. Depuis quelques jours des nuages énormes s’accumulaient sur les Pyrénées et la Garonne vint à déborder la crue grossissait d’heurs en heures en charriant  des arbres des barriques des maisons (beaucoup étaient en bois) même un berceau et le bébé. Il aida au secours toute la nuit. Au matin la plaine était totalement inondée et le moulin construit sur un canal de dérivation  menaçait de s’effondrer avec la  meunière et deux enfants à l’intérieur. Le meunier était à Bordeaux avec son fils ainé. Elles s’étaient réfugiées sur le toit ; Gaston s’attacha prit une seconde corde et plongea il eut beaucoup de mal à gagner le moulin car le courant le rabattait sur le bord. Il y arriva enfin, l’eau était au Premier étage  il réussit à sauver le plus jeune puis l’autre et enfin il ramène la meunière mais celle-ci lui enserre les bras ils sont emportés par l’écume mais réussissent à s’accrocher aux pierres de la corniche. Il dépose son fardeau puis chancelle, une gorgée de sang sort de sa bouche et il meurt après avoir appelé Jenny ses enfant Charlotte –sa seconde femme- le Quérigut et la France. C’était le 10 mars 1683.

«Moussu lé duc dé Roquelauro fousquec  réboundut , en grando poumpo, lé Quinze mars, dins la capello dés Courdéliés dé Bourdéous.

Ebé ?... n’abio poupat layt dé’s borts dé l’Arièjo, moussu lé duc dé Roquelauro » 

Cette histoire à t-elle  un fond de vérité ? Nous sortions du romantisme Caussou s’inspira probablement de l’histoire de la femme qui vivait parmi les ours dans le Vicdessos ou de quelque légende du Donezan. 

En ce qui concerne sa naissance sa mère passait place de grève et elle fut choquée par le spectacle d’un pauvre homme bastonné sur la place publique par le bourreau ; elle accoucha le lendemain –information trouvée sur la toile- Il est donc né à Paris. Pour sa sépulture Caussou écrit que le duc fut inhumé  dans la chapelle des cordeliers à Bordeaux .Le site  Cimetiere de France et d'ailleurs

http://www.landrucimetieres.fr/spip/spip.php?article1437 confirme cette information — Le tombeau des Feuillants : il conserve la dépouille de 54 défunts précédemment inhumés dans l’ancienne chapelle des Feuillants, en particulier :

Gaston Jean-Baptiste de ROQUELAURE (1615-1683) : maréchal de camp du roi, il fut blessé et fait prisonnier au combat de la Marfée (1641), se distingua l’année suivante à la bataille d’Honnecourt, puis aux sièges de Gravelines, de Bourbourg et de Courtray. Blessé au siège de Bordeaux pendant la Fronde, il contribua à la conquête de la Franche-Comté à à celle de la Hollande (167l). Louis XIV le fit duc et pair et gouverneur de la Guyenne. Pour les inondations  nous trouvons sur la toile les dates de  1678 et 1690, celles de 1683 ne sont pas mentionnées

rohan.jpg

Monsieur de Rohan a pu passer au château de Léran  (09) dont le baron était le chef des religionnaires de Midi Pyrénées. Sa fuite aurait eu lieu, après la défaite des troupes de la religion, le 19 juin 1615.  A cette époque la noblesse de France se soulevait contre le mariage de Louis XIII avec Anne d’Autriche Infante d’Espagne. Je n’ai pas trouvé sur ses mémoires, pour 1615, une trace de son exil en Espagne.

Gaston captura  la demeurée, dont la perte survint  au cours de l’attaque du 21 juin 1615, le 25 juin 1631. Les Mémoires de Henri duc  de Rohan (1579-1638)  tome I  – gallica- mentionnent les dates suivantes : -29 janvier 1628 condamnation de Rohan ;- traité du 27 juin 1629 fin de la guerre contre les protestants et Rohan est rétabli dans ses droits ;  le 5 aout 1629 Rohan arrive à Venise où se trouve déjà sa femme et sa fille et où il  prendra part aux combats contre les Espagnols à coté de la république de Venise, alliée de la France. Il s’exila donc à Venise en 1629  et en 1631 il ne pouvait pas revenir d’Espagne puisqu’il se trouvait avec sa famille en Italie. 

Arthur Caussou nous a donné au travers  de ce roman un beau texte en parler de Foix, s’il nous entend à quelque part sur les cimes de nos montagnes qu’il en soit remercié. 

Bibliographie sur gallica

Histoire curieuse du duc de Roquelaure, surnommé l'homme le plus laid et le plus gai de France... par M. de Robville... -Le Bailly (Paris)-1861Informations détaillées  
Livre en mode image et en mode texte, recherche plein texte disponible Auteur :Robville, T. de

Sur archive.org (université américaine en ligne) The secret memoirs of the Duc de Roquelaure- en anglais

 PJM

Le Castor

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 11:42

 

La folle du roc de la Maoure en dialecte de Foix

 château Usson.

 

 

 

« Bous béni brounzina à los aoureillos lé noum è lé rénoum d’un enfant del pays._ Je viens murmurer à vos oreilles le nom et le renom d’un enfant du pays.»Ainsi commence le livre « Moussu  LE DUC DE RAUQUELAURO del Quérigut  1618 1683  ARTUR CAUSSOU » L’auteur, Félibre,  né et mort à Lavelanet (15 aout 1848- 1945)  présenta ce roman à l’occasion d’un concours de littérature romane  à Foix en 1886. Réédition par CIEP impréssion toulouse –traduction Jean-Louis Salvaire mise en écriture Anne-Marie Dambies  Association Aquavhers BP 09300Lesparrou.

L’auteur s’est inspiré du livre Histoire de Rauquelaure  par de Robville pour écrire le roman de la vie du Duc. (disponible en ligne gallica)

Parmi toutes les aventures vécues par le duc deux, qui sont romancées, méritent notre attention car elles se passent dans notre Ariège et dans le Quérigut. Dans la première l’auteur rapporte l’histoire d’une femme possédée qui vivait nue dans les montagnes et qui était dormait l’hiver avec les ours. Le récit s’étend sur plusieurs chapitres et sur 16 années de la vie de Gaston. Dans la seconde Artur Caussou  nous décrit comment son père tua un ours en combat singulier  le jour de la naissance de son fils et le lendemain du jour où les bergers virent la possédée du roc de la Maoure  pour la première fois. Je laisserai donc parler Artur Caussou en reprenant des extraits de ses deux histoires  qui sont presque des contes.  Le livre est écrit en parler de Foix.

 

J’ insère un lien avec le site gallica ou vous pourrez trouver  des éléments de grammaire du dialecte  de Foix  par Paul Sicre .Vous trouverez aussi la revue BSA aux archives à Foix

Eléments de grammaire de Foix  par Paul sicre ,dans  BSA  (Bulletin de la socièté ariègeoise de sciences et lettres) 11° volume  1907-1908_ année 1907 pages 113 -126/ 177-195 /274à290  /337à351  /388à408 / 441 à 460

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56582927/f128.image.r=grammaire+.langFR

Sur le net quelques articles retracent l’histoire de la famille de Rauquelaure.  Deux Maréchaux de France et un Maréchal de Camp. Depuis ce printemps notre sénateur Bel Jean-Piere  maire de  Mijanes, en DONEZAN, préside le sénat.

Photographie du château d’Usson  voir le site ci-dessous.

http://www.panoramio.com/photo/4070354

Dans nos villages les enfants nés jusqu’à la guerre de 14-18 parlait patois entre eux et avec leurs parents de 1920 jusqu’à 1930 ils parlaient soit français soit patois selon à qui ils s’adressaient, ensuite ils parlaient uniquement français  bien que tous comprissent le dialecte de Foix. Mes parents parlaient toujours patois entre eux mais s’adressaient toujours à moi en français. Je le  comprends  correctement mais je le parle peu, mes résumés entre les transcriptions de l’auteur sont donc en français.

L’histoire contée par Artur Caussou diffère de celle de la femme nue des Pyrénées que deux chasseurs découvrirent  à Suc canton de Vicdessos et dont nous ne connaissons pas l’identité. Dans l’histoire de la demeurée du Donezan  la femme retrouve sa famille, cela fera l’objet de la deuxième publication et la chasse à l’ours la troisième.

Ci dessous  trois liens sur la femme nue de Vicdessos ( 09)

Christian Bernadac la femme nue des pyrénées. France Empire.  suc 09

http://arcaneslyriques.centerblog.net/6522914-LA-FEMME-NUE-DES-PYRENEES

http://dominique84.over-blog.com/article-la-femme-sauvage-de-michel-gardere-ed-presses-de-la-cite-69322182.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Femme_sauvage_du_Vicdessos

 

LA FOLLO DEL ROC DÉ LA MAOURO (1).

La beillo dé Sant-Jan , coumo l'es pastous t'abian feyt un gros faugayrou à la crinco del pic dé la Maouro (2),è qué s'èron rétirats lins las cabanos qu'abion fagoutat endé bart sul bort dé l'estanc blu (3), dies lé grand bosc dés Haros (4), té ban entendre unos jaoupos, unis jaoupets, un tapaché,, un bruch infernal qué fasion les gousses. Sorten dé cop, un paouc affalants.

D'acquis ount èron, bésion pos rés.

Abion bastit les cabanous su'l'bort dé l'estanc, dins uno balèo dount lé sol faurmabo coumo lé founsé d'un saladié, balèo soumbro è silençiouso entourado dé mountagnos à- pic- coumo Un anphitéâtré. Las mountagnos èron nudos, desquirrados, descarnados, brulados per la rajo del souleil, uno brinço d'herbo y abio pos pous­cut agafa.

(1) (Berges).

(2)Quérigut.

(3) Etang bleu (Quérigut).

(4) Forêt des Rares (Quérigut).

Notez que les bergers allumaient le feu de la Saint Jean sur un point élevé en premier pour qu’il soit visible du village,  les villageois allumaient le leur ensuite.

……….

Toutis aquélis; débrissés, aquélis escalampets dé peyros abion feyt un espèço dé rempart al tour dé l’estanc Blu, è ernpachabo les pastou­rels dé bésé al déla.

- Mounten sus rouquarels, ça.disen.

E.toutis, armats dé pics, dé bastous, dé dals margats à l'enrébets, té grimpon è fousquèguen espaourucats, enjaourits, heirissats, férits dé poou en bésen à la crincareillo del pic dé la Maouro, uno fenno qué dansabo la farandolo al tour dcl fougayrou qu'encaro èro tout abrandat, è dounc las bélugos que jiscabon cap à las brumos tournabon toumba, en nébusquéjan, jusquo dins I'aygo dé l'entant Blu. Semblabo un foc d'artifici.

-À co és uno breycho ! dits -la un.

- Breycho té douti ! breycho té douti-, brey­cho té couetté, cridèguen,al- cop, toutis pastous.

La poussédado èro nudo, à pél, nudo. coumo un bermé,pro grando, pla grando.Sa pèl,tanado hé'l'sou­leil, crémado pël gibré ardent dé liber, crous­tassado pé'l'bent, quant èro esclayrado pé'l'foc dé brasiè , abio réfflets d'aourats è brounzats coumo la pèl d'un frangé gamat.

Aourios bist flouta sus sas espallos, mitai sus soue se, un cabarrat dé pélsés négrës coumo lé jayet. Y serbission dé capéto, é l'amantoulon a fait.

Gambadabo, saoutabo,trabetsabo, respassabo lé fougayrou d'un scout coumo un crabit. Aou­rios dit qu'èro lé diable infernal qué ténia abra­si gat un damnai lins las flammos éternèlos.

Tout d'un cop, s'arrestabo è s'abançabo tout a fait al bort, al prim, prim del précipissi, è abio l'ayré, en countemplan l'hourrou dé l'aninçou dé l'abimé, dé coumanda à las roucados.

Dé suito qué bex puntéja les pastous, fuch qué fuguas è s'en ba, bolo à trabex lés précipissés, las rocos, las foundrièros; tés nou l'arresto.

Atal, un isart affouscat pel la balo d'un cas­sayré, esquiffo, cour è se foun pés timbals.

………

Les bergers aussi surpris que la folle abandonnent leurs troupeaux et tous affolés  vont prévenir le Maréchal de Rauquelaure . Comme ils venaient de faire part à ce dernier de ce dont ils avaient été témoins d’autres bergers arrivent tout aussi essoufflés en criant  « à l’ours ». Ce dernier venait d’attaquer les troupeaux. Le maréchal convoque tous ses gens et décide de faire une battue à l’ours le lendemain. La sorcière attendra donc. Les chasseurs furent convoqués toute la nuit  à grand renforts de cors de chasse accompagné des aboiements des chiens et la battue se mit en route.

Pendant ce temps au château nous sommes en 1615.

          L’espérabon pos qu’à la fi dé jullet. Espellisquec , à l’improubisto, coumo uno perdrix, lé mayti dé la festo del siou gran patrou ; es paco qué lé batisèguen gastoun-jean-baptisto.ero maytinado, à peino si l’albo puntéjabo coumo uno ligno dé foc su’l’Roc del Mercadal, (P O) del coustat dé l’ouriant ;… »

….

Le maréchal est averti au retour de la chasse de l’heureux événement. Gaston ne faisait que brayer et n’était calmé que par le sein de la nourrice. Le maréchal tout ensanglanté avec les vêtements déchirés se précipite dans la chambre pour voir l’enfant et la mère. Mais il ne voulut rien dire de ce qui lui était arrivé. « Je vous conterai cela pour le baptême » dit-i l. L’ours avait été tué  et il fut conservé à la cave sur de la glace jusqu’à ce jour tant attendu. Et ceci fera l’objet d’une seconde narration.

Quelques temps après le baptême Madame de Roquelaure qui croyait un peu aux sorciers va consulter la voyante de Mijanés, la plus célèbre du pays, où elles étaient nombreuses.

 

L’idèo d'ana counsulta las sourcièros  y benguec parcé qué Suzànno abio bist, al castel, la pous­sédado dél roc dé la Maouro.

Sé la poudio pas tira dél cap.

En effet, Moussu dé Roquelauro, calqués jouns aprex lé filhol, andé toutis lés cassayrés s'en ban acoufigna darrè, las roucados dél roc dé la Maouro. Té roundinéjon la follo, è finissén pér l'arrapa.

Ço prumiè qué té fan, és d'y présenta un ha­billoment. La follo lé réjèto d'abort, è apey, té lé désquirro è l'éspellinco à boussis, an d'uno racho dé poussédat.

B'arpissabo tout. 

…..

Il fallut l’attacher pour la vêtir, elle criait hurlait écumait, une vraie furie. Les chasseurs l’amenèrent au château elle toujours dans son délire. La maréchale et l’aumônier la calmèrent peu à peu.

 

 A la fi pourtant s'apazimec. Sa figaro s'attézec, qoua qué flétrido, pourtabo un cachet dé nou­blésso è dé dignitat. Sa paraoulo ero douço è pléntilio. Oh ! qu'uno fenno poulido qu'èro estado ! Qu'unis traits réguliès. E aro qu'èro tranquillo , touto tristouso , lés éls alupats , semblabo Santo-Mataléno dins lé tablèou dello Spazimo dé Raphael.

Elo mounabo pos pus.

Uno soulo pensado semblabo, alabets, l'agriffa tout en tièro, é las larmes qué jisquabon dé sous els trahission sas souffrénços è sas angouassos.

A un moument, porio sous régards humidés dé larmes, su'sous coutillous. Sas camos bransou­lon è toumbo à génous. E dies lés sanglots, lins lés soupirs, entendéguen aquestos paraoulos

Soignur, moun Dious, qué dira Henric, lé miou malhurous Henric !

Parlec francés.

La souègnon pla tout lé joun, la neyt la tam­pon clins uno crambo ; mès, à mièjaneyt, préso d'un grand déliri, té rébatec pél sol lés gardiens, saouto pel la finestro, s'accrocho, s'azalbro à las broussaillos dél précipici, è, dé cént un,.... la crésion éspoutido.

Très jouns aprex; té la ban bésé su la cime dél Roc Blanc 

…..

Personne ne voulut courir le risque de retourner la chercher sur ces nids d’aigles. Tout le monde la croyait morte de froid, mais au printemps suivant elle était de nouveau sur le pic de la Loumette. Et comme chat échaudé craint l’eau même tiède personne ne put l’approcher pendant 17ans.

Les années passèrent le 25 juin 1631 Gaston avait 16 ans, Monsieur le maréchal n’était plus,  et au cours du repas d’anniversaires la conversation porta sur l’ours et sur la possédée que l’on avait vu du pic du Tarbesou au Roc de la Maoure. La mère de Gaston ne voulait pas qu’il aille l’arracher des glaciers. Déjà le jour de sa naissance elle avait eu un mauvais présage et le Maréchal avait été blesse et Gascon était né sans nez  ce qui le rendait affreux mais il compensait cela par son intelligence et sa jovialité.

Le lendemain avec ses chasseurs ils la poursuivirent sur les cimes elle finit par trébucher et ils purent la maitriser et la ramener au château.

 

Mès rés, prièros, bounos paraoulos, suplica tious, ménaços, rés, rés nou la tusto, rés nou la captibo, è parlo pos mès qu'un peych.

- Mès, enfins ! y diguec Gastoun, dits-nous toue noum ? Chi ès ?

Parlo, parlo, al noum del Cel. Coussi lès our­ses t'en pos escartipellado ?

A la fi, dissarrec las dansés.

-Lés oursés, respoun, soun mous amies... mès qué tu ! ...

Elis nié récalfon, quant è fret, è nié deychon la libertat ... E tu... qué me la bos pana ! ...

Ero bertat, lés oursés la rescalfurabôn, la mal­hurouso.

Tracado pal tor, lins aquel ourriblé séjour, penden toutos las neyts d'iber, la poussédado s'enfermabo clins calqué grotto, è s'anabo escaou­dura, arrémicoulado countro lés oursés, en par­tachan la coutcho dé terro. E nou destutabo qué per ana pesca calqué trouïto dins lé lac Blu, ou grignouta calqué poumo dé pi dira lé boss des Haros.

La dannado fousquec arrousségado al castel, è pla gardado, aquesté cop. L'abion tampado clins la crambo dé la croux, las finestros ferreillados.

Madamo dé Roquelauro è Gastoun è surtout Louiso, sa sor, la soignèguen pendes un an.

coumo très surs dé caritat. A la fi, la follo, récoubrec sa rasou. Mès jamay y pousqué guen pos arrinca lé sécret dé soun ôurigino.

 

LA FOLLE DU ROC DE LA MAOURE.

La veille de St Jan, comme les bergers avaient fait un gros feu au sommet du pic de la Maoure et qu'ils s'étaient retirés dans les cabanes qu'ils avaient fagotées avec du buget sur le bord de l'étang bleu, dans la grande forêt des Hares, ils entendent soudain des aboiements, des hurlements, un tapage, un bruit infernal que faisaient les chiens. Ils sortent d'un coup, un peu effrayés.

D'où ils étaient ils ne voyaient rien.

Ils avaient bâti leurs cabanettes sur le bord de l'étang, dans une vallée dont le sol formait comme le fond d'un saladier, vallée sombre et silencieuse entourée de montagnes à pic comme un amphithéâtre. Les montagnes étaient nues, déchirées, décharnées, brûlées par l'ardeur du soleil, pas un brin d'herbe n'avait pu s'y accrocher.

…….

Tous ces débris, tous ces éclats de pierre avaient fait une espèce de rempart autour de l'étang bleu, et empêchaient les pasteurs de voir au-delà.

- Montons sur les rochers, disent-ils.

Et tous armés, dé pics et de bâtons, de faux emmanchées à l'envers, montent et furent apeurés, effrayés, hérissés, horrifiés de peur en voyant à la cime du pic de la Maoune, une femme qui dansait la farandole atour d'un feu qui était encore embrasé et dont les étincelles qui fusaient vers les brumes retombaient en neige jusque dans l'eau de l'étang bleu. On eût dit un feu d'artifice.

- C'est une sorcière, dit l'un.

Sorcière, -     je te dompte, je te plume la queue, crièrent ensemble les bergers.

La possédée était nue, à poil, nue comme un ver.

Elle était grande, très grande. Sa peau tannée par le soleil, brûlée par le givre ardent de l'hiver, craquelée par le vent, quand elle était éclairée par le feu du brasier, avait des reflets dorés et bronzés comme la peau d'une orange trop mûre.

Vous auriez vu flotter sur ses épaules et moitié sur sa poitrine, une abondante chevelure noire comme le jais. Elle lui servait de chapeau et l'enveloppait tout à fait.

Elle gambadait, sautait, traversait, repassait sur le feu d'un saut de chevreau. On eût dit le diable infernal tenant à rôtir un damné dans les flammes éternelles.   

Tout d'un coup, elle s'arrêtait et s'avançait tout à fait au bord, au mince, mince ras du précipice, et elle avait l'air, en contemplant l'horreur des profondeurs de l'abîme, de commander aux rochers.

Dès qu'elle voit poindre les bergers, elle fuit que tu fuiras et s'en va, vole à travers les précipices, les roches, les fondrières; rien ne l'arrêtait.

Ainsi, un isard, effrayé par la balle d'un chasseur, glisse, court et se fond dans les précipices.

Les bergers plus surpris que la damnée abandonnent leurs troupeaux de brebis, de

….

On ne l’attendait que fin juillet. Il naquit à l’improviste, comme une perdrix, le matin de la fête de son grand- patron ; c’est pourquoi on le baptisa Gaston-Jean-Baptiste. C’était de bon- matin, à peine si l’aube pointait ; à peine si une faible clarté formait comme une ligne de feu sur le roc du Mercadal, du côté de l’orient.  

……

 L'idée d'aller consulter les sorcières lui vint parce que Suzanne avait vu au château, la possédée du roc de la Maoure.       

Elle ne pouvait l'effacer de sa mémoire.

En effet, Monsieur de Roquelaure, quelques jours après le baptême, avec tous les chasseurs vont se tapir derrière les rochers du Roc de la Maoure. Ils encerclent la folle et finissent par l'attraper.

Tout d'abord ce qu'ils font, c'est de lui présenter des vêtements. La folle les rejette d'abord, ensuite elle les déchire et les coupe en morceaux, avec une rage de possédée.

Elle mettait tout en charpies, en haillons.

 

« A la fin, pourtant, elle s'apaisa. Sa figure se détendit, quoique flétrie, elle portait un cachet de noblesse et de dignité. Sa voix était douce et plaintive. Oh! Quelle femme jolie elle avait été. Quels traits réguliers. Et maintenant qu'elle était tranquille, toute triste, les yeux fixes, elle ressemblait à Ste Madeleine dans le tableau "dello Spazimo" de Raphaël.

Elle ne disait plus mot.

Une seule pensée semblait alors l'occuper tout entière, et les larmes qui jaillissaient de ses yeux trahissaient ses souffrances et ses angoisses.

A un moment, elle porta ses regards humides de larmes sur ses habits. Ses jambes se dérobèrent et elle tomba à genoux. Et dans les sanglots et les soupirs, elles entendirent ces paroles: i

- Seigneur, mon Dieu, que dira Henri, mon malheureux Henri!_

Elle parla en français.

On la soigna bien tout le jour; la nuit, on l'enferma dans une chambre; mais à minuit, prise d'un grand délire, elle renversa ses gardiens, elle fauta par la fenêtre, s'agrippa s'accrocha aux broussailles du précipice et à cent contre un, on la croyait en bouillie.

Trois jours après, on la revoit sur la cime du Roc Blanc. »……..

 

Mais rien, prières, douces paroles supplications menaces, rien, rien ne la touche, rien ne l'intéresse, et elle ne parle pas plus qu'un poisson.

- Mais enfin ! lui dit Gaston, dis-nous ton nom?

qui es-tu?

Parle,

.parle, au nom du ciel. Comment les ours ne t'ont-ils pas écartelée, dévorée?

A la fin elle desserra les dents:

- Les ours, répond-elle, sont mes amis,... plus que toi!...

Eux me réchauffent quand j'ai froid, et me laissent en liberté... Et toi tu veux me la voler!...

C'était vrai les ours la réchauffaient, la malheureuse.

Figée par le gel, dans cet horrible séjour, pendant toutes les nuits d'hiver, la possédée se réfugiait dans quelque grotte, et allait se réchauffer, pelotonnée contre les ours, en partageant leur couche de terre. Elle ne sortait de la tette que pour aller pêcher quelque truite dans le lac Bleu, ou grignoter quelque pomme de pin dans la forêt des Hares.

La damnée fut traînée au château, et bien gardée cette fois. On l'avait enfermée dans la chambre de  la croix aux fenêtres grillées.

Madame de Roquelaure et Gaston et surtout Louise, sa sœur, la soignèrent pendant un an.

Comme trois sœurs de charité. A la fin la folle, recouvra la raison. Mais jamais ils ne purent lui arracher le secret de son origine.

Ce secret : à la semaine prochaine.

 PJM 

Le castor

 

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 10:19

 

 

 Timbre sur Vèbre

  

  timbre PONPON

Chers sociétaires

Nous envisageons d’éditer le timbre  sur Vèbre représenté ci-dessus. Taille 4 cm par 3,5 cm environ

La valeur faciale est de 20 grammes  cout 12euros de 1 à 4 planches de 10 timbres11 euros de 5 à10 planches 10 euros à partir de 11 planches. Les timbres sont vendus par planches de 10.

Pour cette édition le tirage sera limité. Si vous voulez en acheter faites vous connaitre sans tarder.

Je  vous porterais les timbres à Vèbre en octobre, si je les ai reçus. Pour un  envoie  à domicile

 

timbre vébre 960 edit

 

Jean-Michel

Le Castor

 

 

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1 janvier 1970 4 01 /01 /janvier /1970 00:00

Lettre à tous les adhérents, sympathisants et à tous nos lecteurs
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Voici une décennie qui s’achève.
Cette décennie aura connu la création de notre association qui a été créée, nous vous le rappelons, à aider au mieux vivre des habitants du village, en coopération avec la municipalité.
Nous vous en rappelons les grandes lignes:
1 Retracer la mémoire du village
A ce titre nous faisons appel à toutes les bonnes volontés. Le blog existe; il y reste certes beaucoup à faire mais il a enregistré plus de 1000 visiteurs et commence à être bien reconnu par les divers moteurs de recherche.
Nos tenons à remercier tous ceux qui ont contribué à fournir:
-Des photos,
-Des anecdotes,
-Des textes divers...
Oh il reste de la mière et nous gardons l’espoir de récupérer l’histoire ou les histoires du village;
Nous ne sommes que de passage ; rien n’est pire que de passer dans la vie sans laisser une trace de son passage.
La mise noir sur blanc de la vie vèbroise, est un moyen de se souvenir de la mémoire de chacun d’entre nous…La bonne humeur régnera toujours entre nous;
Nous tenons à remercier particulièrement à remercier Jean-Michel Poncy qui a énormément contribué à la vie de ce blog.
Oh on peut toujours mieux faire, mais l’art est souvent difficile surtout lorsque l’on doit traduire des textes anciens écrits en vieux français ou en latin;
Jean-Michel doit se faire opérer de la hanche le 10 janvier 2010; nous lui souhaitons bonne chance et dores et déjà un prompt rétablissement.
2 Les animations
Nous proposons dans nos calendriers diverses activités.
La dernière présentation a été un franc succès. Nous devons ce résultat à Jean-Claude Florence ce Pied noir dont la famille réside à Vèbre depuis plus de 400 ans et élisant domicile au Québec.
Merci Jean-Claude….Tu dois nous préparer une conférence sur les châteaux cathares ….Nous sommes certains que cette présentation sera un franc succès également.
D’autres présentations sont au programme…Parmi elles une présentation sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle et bien d’autres encore…
N’oublions pas d’ores et déjà pas notre vide-grenier prévu le 27 juin à la Pountare.
Vous avez certainement reçu dans votre boite aux lettres le programme des festivités 2010.
L’animation des festivités pour les enfants est entre les mains des époux Lagarrigue.
Ils font du bon travail … Nous leur souhaitons bonne chance. L’intérêt premier est la satisfaction de nos jeunes pousses et là est le principal.
3 Activités sentier
La commission chargée de cette activité a connu bien des difficultés et bien des misères.
Roger Léal a perdu sa maman ; il a connu bien des problèmes de santé mais il n’a pas encore perdu toutes ses illusions.
Il est vrai que cette activité a été parfois source de tensions mais l’objectif est d’œuvrer dans le sens du bien de tous et il nous appartient d’aider Roger à remettre en état ses sentiers que vos ancêtres ont naguère si longtemps fréquenté;
Roger a certainement besoin d’un support tant physique que moral.
Travailler avec des soucis en permanence n’est pas le meilleur ingrédient de la réussite.
Merci Roger pour ton dévouement et ton dynamisme.
Les vœux de l’association
Nous sommes nombreux à faire vivre cette association qui se doit de travailler avec tous à commencer par la Municipalité, sans laquelle il ne nous est pas possible de travailler sainement.
A l’aube de la nouvelle année 2010  l’association présente à tous les Vèbrois, qu’ils soient résidants ou de passage…qu’ils soient amoureux de notre village, ou simple sympathisants, tous nos vœux de bonheur, santé, joie et convivialité.
Le bien être de tous passe aussi par une participation active de chacun afin d’aller vers l’autre …
Pour le bureau de l’association,
Le Castor

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