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  • : Vie et Mémoire de Vèbre en Ariège, richesse culturelle et patrimoine de ce charmant petit village de la haute Ariège où il fait bon vivre
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Vèbre - Toutes Vos Infos

19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 01:18

Ariège – Pyrénées - Le Cholera de 1854 à Vèbre et dans le Lordadais

 fontaine merciel 0001

Cet article est rédigé à partir de l’étude que Mr Mercier Pierre a publiée en 1972 dans le BSA disponible aux archives de l’Ariège

En 1851, Vèbre comptait 450 habitants.

Le choléra s’abattit sur le village en septembre.

Officiellement, on enregistrera le premier cas qui marqua le début de l’épidémie le 17 septembre.

La maladie se répandit tragiquement sur le village.

Terreur et fatalisme de la population vèbroise

La terreur s’empare de la population. A Vèbre chacun se prépara comme s'il devait mourir à chaque instant ». Les soins manquent, « les habitants se découragent et abandonnent les malades ». Abandon des malades Mais aussi abandon des morts !

On signale à Vèbre: un cas de choléra « foudroyant » où 1er malade, succombe cinq heures après voir été atteint tous les symptômes (douleurs abdominales, diarrhées, vomissements bilieux) apparaissent simultanément... A Vèbre encore et sang doute ailleurs les enfants allaient « chercher des fagots de bois de genièvre que les hygiénistes de l'époque nous disaient être un bon désinfectant ». Étrange spectacle, où l'on voyait, sur les collines du Tabe, des feux de St-Jean brillant un peu partout...

A Vèbre le conseil se réunit (voir les délibérations du conseil pour le texte complet) : Quand un quart de la population est malade, quand 10 % des gens meurent souvent plusieurs dans la même journée on n'a pas de mal à deviner la terreur existant dans les villages isolés. Une semaine après le début de l'épidémie, le 24 septembre le conseil municipal de Vèbre se réunit pour nommer une commission composée de Jean Simula, Mathieu Puch, Laurent Pélissier et Jean Alzieu. Ceux-ci sont chargés de soigner les cholériques et d'enterrer les morts, à raison de 1 F par jour (ou 1,50 F si le nombre des malades doit augmenter); deux lemmes (Marianne Lacaze et Marguerite Lafaille) veilleront les malades au même salaire que les hommes. Le 8 octobre, on dit que l'épidémie a diminué ; les quatre hommes et les deux femmes cessent donc leurs fonctions. A 1 F par jour, pendant 14 Jours, cela lait 56 F pour les hommes ; les deux femmes elles n'ont exerce leurs fonctions que deux jours, soit 4 F. Total de la dépense 60 F.

On perçoit bien des actes de dévouement ceux des deux docteurs, de l'officier de santé, de l'étudiant en médecine, du notaire, du commissaire de police, des maires d'Axiat et de Luzenac, des gendarmes, des prêtres, des instituteurs. A la date du 12 octobre plus de 40 personnes de Vèbre avaient succombé. Ce jour-là, le curé Esthète rend visite à cinq malades, notamment à la Famille de Jean Florence, lequel évoquera ses souvenirs en 1912 (28). Dans la nuit du 12 au 13, le prêtre est atteint à son tour ; il fait appeler le curé d'Albiès et décède le 13. Tout le village l'accompagne au, cimetière- Ce fut la dernière victime Il aurait dit «si je dois mourir que je sois le dernier» son vœux a été exaucé : Il y avait eu 46 morts à Vèbre Dans l'ensemble, il est certain que les, fonctionnaires ont fait leur devoir, n'hésitant pas à parcourir les, communes, malgré le risque évident de contagion.

Au total on dénombra 76 cholériques (33 hommes, 36 femmes et 7 enfants).

L'épidémie fera 46 morts (21 hommes, 15 femmes, 10 enfants). Le dernier cas fut enregistré le 26 octobre.

Le registre d'état-civil indique un total de 52 décès (28 de sexe masculin et 24 de sexe féminin).Huit personnes décédèrent donc d’une autre cause que le Choléra.

Vèbre fut donc lourdement atteint, mais la maladie fit d’autres dégâts un peu partout en Ariège

Les causes de l’apparition du Choléra…La Misère…

Les années qui précédèrent l’épidémie furent des années de froid et de sécheresse et les récoltes très mauvaises (enquête de 1852 texte à venir)

Cela n’explique pas tout.

Les coutumes et les traditions   empêchaient toute   amélioration.

Que n’entendions nous pas des propos tels que «les anciens savaient ce qu’ils faisaient» ou «les anciens savaient travailler»

Par conséquent, ces personnes ne modifiaient en rien à leur mode de travail.

Les cultures se faisaient toujours suivant le même cycle et cela entrainait une dégradation du sol.

En 1845 une seule exception mérite d’être notée par la commission agricole : La ferme de Caussou. Les communes du Val d’Ariège produisent du seigle et celles en soulane plutôt du froment.

Autre cause, l’administration forestière restreignit le pacage en sous-bois ce qui fit baisser de moitié la production.

Le Conseil Général constata en 1840 que le canton des Cabannes était le plus pauvre du département.

Les paysans cultivaient le moindre lopin terre et souvent remontaient la terre après les pluies. Les autorités municipales n’avaient aucun moyen et aucune volonté.

Le peu d’argent qu’elles avaient était utilisé en frais de procédure entre commune et contre des particuliers.

Le Docteur Bonnans rapportait : « Quand l'épidémie a éclaté, nos paysans étaient déjà débilités par les privations d’une année de disette, par des travaux incessants au milieu des plus fortes chaleurs, par un régime exclusivement végétal, à l'époque des fruits d'été et d'automne, dont J'ai pu si bien constater l'influence que je` n'hésite pas à leur attribuer le tiers des décès. Ajoutons encore la privation absolue de vin dont l'usage eût pu neutraliser en partie les effets d'une nourriture insalubre et peu réparatrice, l'incrédulité systématique des habitants quand on leur démontrait les inconvénients d'un pareil régime et la facilité d’y remédier »

Les communications entre village étaient désastreuse, la corniche était à peine commencée, le chemin de Lordat à Vernaux était en ligne droite et constamment raviné etc...

Les ponts en bois étaient tous à refaire ou à réparer constamment.

A Urs le pont avait été construit en pierre Le sieur Gomma l’avait financé en partie mais il ne put être payé entièrement et il s’en suit un procès.

Le préfet incitait les communes à ouvrir des ateliers généraux mais elles n’avaient aucun revenu et la quasi majorité des habitants sont d’une extrême pauvreté. Les communes ne purent pas organiser ces ateliers.

L’extension de la maladie fut rapide (voir développement ci-dessous) et bientôt les cimetières devinrent trop petits.

Le choléra est du à une bactérie très virulente, le vibrion cholérique, qui se développe dans le système digestif. Le principal réservoir de virus est l'homme lui même, il se transmet par contact direct et par l'eau. La principale protection consiste en une bonne hygiène et dans une bonne protection des points d'eau et des réseaux adduction d'eau.

En ce qui concerne Vèbre, rappelons que les premières fontaines avaient été demandées en 1853 mais le projet n'a pas aboutit, pas d'argent, en 1855 la commune a eu une subvention et a construit trois fontaines à Vèbre et une à la remise.

A Vèbre le cimetière était trop petit

Deux villages Urs et Vernaux, situés dans les environs immédiats subirent la maladie les 19 et 20.

Ensuite, l'épidémie atteint toutes les communes du Lordadais, Unac, Bestiac, Caussou (très proches), le 21, Senconac, le 23, Appy, le 24 enfin Axiat et Caychax, le 27 septembre.

D'une façon générale, la vallée fut atteinte la première, puis les localités sises à mi-hauteur.

es villages placés en hauteur, sur le chemin de la Corniche furent atteints en dernier.

S'agit-il du hasard ? Ou bien l'isolement de la haute montagne a-t-il été, au début du moins, une (minime) protection sanitaire ? Là encore, il faut comparer les dates d'apparition du choléra, en aval et en amont du Lordadais,

De façon Les cimetières devinrent trop petits

Les gens devinèrent que les cimetières allaient être trop petits et la terreur commença à s’emparer de la population.

Le préfet ordonna de fermer le cimetière de Lassur (au cœur du village) et d’en ouvrir un autre à l’extérieur ; le commissaire Bouard des Cabannes fit le tour des villages pour s’assurer que les sépultures étaient bien faites et prendre des décisions quand les autorités étaient défaillantes. Le préfet se déplaça le 30 septembre.

Sitôt le fléau annonce", l'abbé Esthète, curé de Vèbre se montra  homme d'initiative et réunit le conseil de fabrique afin de prendre les mesures pour acheter un terrain destiné à un nouveau cimetière l'ancien étant insuffisant. Déjà, on avait envisagé de construire une église au champ de l'Astrale, propriété de Madame Soulié, religieuse.
Le
curé Estèbe proposa d'acheter le champ de Jean Alzieu, situé au même endroit.
Quelques
membres du conseil clé fabrique voulurent attendre, mais le prêtre

Recherches Jean-Michel Poncy

Edition: Henri Thoa

Le Castor

A suivre...

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 00:00

Ariège – Pyrénées - Le cholera de 1854 à Vèbre et dans le Lordadais- 2 suite 

..

Le lendemain, tandis qu'on supposait l'épidémie dans la basse Ariège, Jean-François Lafaille, du quartier du Carol, subitement frappé fut la première victime. L'impression de cette mort fut terrible. Il fut inhumé dans l'ancien cimetière, dit d'Empujols.
Ce fut la dernière inhumation en ce lieu
(22).On s'empressa de terminer l'achat du demi-champ en vue d'établir une clôture en planches et d'ouvrir un passage sur le chemin de Carol, pour en faciliter l'entrée. A peine cela fut-il terminé que Jeanneton de
Fouge, femme de 35 à 40 ans, fut atteinte par le fléau et mourut en quelques heures ; son cercueil fut le premier qui entra à la nouvelle propriété des morts. Sitôt la fosse fermée, il fallut en creuser deux autres : l'une pour la mère de la première, Marie-Anne de Fouge, l'autre pour la fille âgée de 5 ans... On imagine l'émotion des habitants (23).
En fait ce phénomène était général et de toutes parts dans le Lordadais, on s’empressait de créer de nouveaux cimetières ou d’aménager les cimetières existants.

En ce qui concerne le Lordadais, la situation dans les villages le composant, la situation peut être résumée comme suit:
Appy
224 habitants (recensement de 1851), Appy n'avait que deux décès (1 homme et une femme) en 1853.
L'épidémie débuta le 24 septembre 1854.
Il eut 66 cholériques (26 hommes,2
5 femmes, 15 enfants).
L'épidémie fera 34 morts (14 hommes, 11 femmes,9 enfants).
Dernier cas le 28 octobre.
Le registre d'état-civil indique un total de 37 décès (19 de sexe masculin, 18 de sexe féminin).
Axiat
307 habitants
Début de l'épidémie le 27 septembre 1851
Il y
eut 38 cholériques (7 hommes, 21 femmes, 10 enfants).
L'épidémie fera 9 morts (1 homme, 4 femmes,
4 enfants). Dernier cas 7 octobre.
Le registre d'état-civil indique un total de 18 décès (10 de sexe masculin, 8 de sexe féminin). Bestiac
96 habitants
Début de l'épidémie 21 septembre 1851
Il y a
49 cholériques (26 hommes, 22 femmes, 1 enfant).
L’épidémie
fera 17 morts (9 hommes, 6 femmes, 2 enfants).
De
rnier cas : le 26 octobre
Caussou.
467 habitants
Début de l'épidémie 21 septembre.
Il y eut 139 cholériques (56 hommes, 66 femmes, 17 enfants).
L'épidémie fera 77 morts  (31 hommes, 38 femmes, 8 enfants)
Dernier cas : le 23 octobre.
Caychax
159 habitants
Début de l'épidémie le 27 septembre
Il y eut
15 cholériques (9 hommes, 6 femmes)
L'épidémie fera 8 morts (4 hommes, 2 femmes, 2 enfants).
Dernier cas : le 18 octobre.
Garanou
259 habitants
Début de l'épidémie le 9 septembre.
Il y eut
71 cholériques (27 hommes, 40 femmes, 4 enfants).
L'épidémie fera 23 morts (10 hommes,10 femmes, 3 enfants).
Dernier cas : le 23 octobre.
Lassur
46 habitants
Début de l'épidémie le 9 septembre.
Il y eut
32 cholériques (12 hommes, 17 femmes, 3 enfants).
L'épidémie fera 8 morts (3 hommes, 5 femmes).
Dernier cas 18 octobre.
Lordat
245 habitants
Début de l'épidémie 10 septembre.

Il y eut 67 cholériques (31 hommes, 31 femmes, 5 enfants).
L'épidémie fera 32 morts (16 hommes,
15 femmes, 1 enfants).
Dernier cas le 18 octobre.
Le registre d'état-civil indi
que un total de 40 décès (20 de sexe masculin et 20 de sexe féminin).
Luzenac
504 habitants
Début de l'épidémie le 17 septembre

Il y eut 92 cholériques (48 hommes, 30 femmes, 14 enfants).
L'épidémie fera 41 morts (21 hommes
,17 femmes, 3 enfants).
Dernier cas le 21 octobre.
 
Le registre d'état-civil indique 10 décès en 1853 et 52 en 1854.
Senconac (Ou Si-Conac)
168 habitants
Début de l'épidémie le 23 septembre.8 femmes, 8 enfants).
L'épidémie fera16 morts (8 hommes, 6 femmes, 2enfants)
Dernier cas le 13 octobre.
Unac
369 habitants
Début de l'épidémie le 21 septembre
Il y eut 38
cholériques (19 hommes, 19 femmes).
L'épidémie
fera 23 morts (5 hommes, 17 femmes, 1 enfant).
Dernier cas le 23 octobre.
Le registre d'état-civil indique 5 décès en1852, 5 en 1853, 23 en 1854 et 4 en 1855.
Urs
213 habitants
Début de l'épidémie le
19 septembre
Il y eut 45 cho
lériques (20 hommes, 22 femes, 3 enfants).
L'épidémie fera 14 morts (7 hommes, 7
femmes).
Dernier cas le 9 octobre.
Vernaux
133 habitants
Début de l'épidémie le 20 septembre.
Il y eut 67 cholériques (31 hommes, 33 femmes, 3 enfants).
L'épidémie fera 30 morts (12 hommes,
14 femmes, 4 enfants).
Dernier cas le 23 octobre.

Il n'y eut aucun décès en 1851. 1852 et 1853.
L’extension de la maladie
La « marche » de l'épidémie fut peut-être plus curieuse (à supposer que la date déclarée à la préfecture, pour le premier cas, soit exacte) : le choléra a fait son apparition le 9 septembre, à Lassur, c'est-à-dire sur la grande voie de communication ; le même jour, Garanou situé tout àcôté fut aussi touché.
Lordat, au-dessus de Garanou, fut atteint le lendemain.
Vèbre et Luzenac, de chaque côté des trois localités précitées, ne seront atteints qu'une semaine plus tard, le 17 septembre.
Les personnes désireuses d'en connaitre plus sur la maladie...Cliquez : ici 
A suivre …Sources : Archives de l’Ariège côte 3Per Zo 1953
ean Michel Poncy
Le Castor

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 23:22

Les Gardiens de cochons               

Cochons-en-semi-liberte.jpg

Cochon en semi liberté 

 

 

L'auteur nous parle des cochons Qui étaient Gardés en troupeau Dans les villages. Pour des raison de taille ce chapitre est mis dans la rubrique La Vie Aux Champs

communes

Nombre d'habitants en 1851

Malades

% Malade /

Population

Décès

Décès% /

Malades

%

Décès / Population

Nombre d'habitants en 1856

Diminution entre 1851 et 1856

habitants

Population

Appy

224

66

29,4

4

51,5

15,1

165

59

26,3

Axial

307

38

12,3

93

23,6

2,9

276

31

10,9

Bestiac

96

49

51

17

34,6

17,7

96

0

un

Caussou.

467

139

29,7

77

55,3

16,4

415

52

11,1

Caychax

159

15

9,4

8

59,3

5

155

4

2,5

Garanou..

259

71

27,4

23

32,3

8,8

216

43

16,6

Lassur..

246

32

13

8

25

3,2

194

52

21,1

Lordat

245

67

27,3

32

47,7

13

188

57

23 ?

504

92

18,2

41

44,5

8,1

461

43

8,5

 

Senconac

168

55

32,7

16

29

9,5

134

34

20,5

Unac

369

38

10,2

23

60,5

B, 2

341

28

7,5

Urs

213

45

21,1

14

31,1

6,5

172

41

19,5

Vèbre

450

76

16,8

46

60,5

10,5

399

51

11,3

Vernaux

133

67

50,3

30

44,7

22,5

116

17

12,7

 

3840

850

22,13

378

44,47

9,84

3328

512

13,33

Conseils de soins en cas de cholera

L'Épidémie (de 1854, a donné lieu à de nombreuses études médicales qui ont paru dès la même année et dans les années qui suivirent. Il n'entre pas dans le cadre de cet article d'analyseur de toutes les brochures éditées à ce sujet.

Celles qui naguère concernaient l'Ariège n'offrent d'Intérêt, si ce n'est pour constater qu'on ne connaissait pas, à l'époque, les moyens de vaincre le terrible fléau.

Alphonse de La Fontaine. ', Ancien Chirurgien de la Marine, à publié à  Foix, des Conseils aux habitants (Les campagnes éloignés de tout secours médical pour se préserver et se guérir du Choléra Epidemique (37), 20 pages. Cela s'adresse au Clergé des campagnes et au social estime que «la promptitude du traitement est la moitié de la guérison ». Il souligne avec raison que la propreté des personnes, des écuries, des juments d'eau est indispensable, il conseille d'enlever Les fumiers (38) et d'aérer les locaux au Nord. Comme on l'a vu à Vèbre, les feux de branches de genévriers, à l'odeur forte et pénétrante sont recommandés.. Tout cela est préventif, mais les soins restent rudimentaires : Couvrir les pieds et le ventre des malades, boire des tisanes (eau, camomille, clous de girofle, cannelle), avec une cuillérée d'eau-de-vie ou 3 gouttes d'esprit de camphre.

Si aggravation, il y avait, il était préconisé des lavements à l'écorce de chêne ainsi que la flagellation, pour les cas désespérés, des jambes et bras avec des orties ! La brochure est néanmoins intéressante.

Après l’épidémie

Les populations resteront longtemps traumatisées par le terrible fléau. Les villages, déjà sans ressources auparavant, seront encore plus appauvries. Le 9 .janvier 1855, le conseil municipal d'Axiat n'hésite pas à écrire : «Tous les habitants de la commune sont pauvres». A Vèbre, dès le 17 janvier, les édiles déclarent : «Le conseil, après une  longue discussion, force est d'avouer que, malgré sa vive sollicitude pour les ouvriers nécessiteux de la commune, il lui est impossible de faire aucun sacrifice ... ». Les huit conseillers versent chacun 5 F. Afin de faire construire un mur de clôture au Nouveau Cimetière.

Les conséquences sur la démographie ont-elles été désastreuses ? Au lieu des 3 840 habitants vivant en 1851 dans le Lordadais, il n'y aura plus que 3 328 habitants en 1856, soit une diminution de 512 personnes (15,38%).

Certes, il n’est pas certain que cette hémorragie soit entièrement imputables au choléra :

Lassur que n'avait 8 décès (3,2 %, de la population), mais il y a, en 1856, 52 habitants en moins (21,1 %) ! …Pourtant Lassur bénéficie d’une situation pourtant favorable, dans la vallée sur la route.

Axiat, qui n'avait eu que 2,9% de décès, néanmoins perd 10,9% ….Est-ce sa situation en pleine montagne ?

Comment expliquer cette hémorragie ? Les trois autres villages (Appy, Caychax, Senconac), les éléments de comparaison, leur situation, montrent des Différences difficiles à expliquer. Appy, avec 15,1 % de décès, le village perd 26,3 % de sa population; Caychax, avec 5% de décès, perd 2,5%  Senconac, avec 9,5 %' de décès, perd 20, 5%.

Les deux derniers villages de l'Ariège, Mérens (740 hab.) et L'Hospitalet (131 hab.) n’ont, respectivement, que 24 cas et 1 cas de Choléra.

Il ya eu 18 décès à Mérens et aucun à L’Hospitalet. Leur isolement total - Surtout en cette quasi période hivernale - explique cette «modération» de l'épidémie.

Vèbre célébra la fête du village le 13 octobre en souvenirs de l'épidémie et déchés du dernier, celui du Curé Estèbe. La mémoire collective n'a pas retenu grand chose de cette épidémie si ce n'est qu'elle lieu et place d'une UE (comme Celle du Charbon Qui décima tous les Troupeaux de vache dans les années 1860)  Elle a retenu aussi que le curé Estèbe fut le dernier cas de Choléra, et les propos qu'il teint et qui m'ont été rapportés par Père et les anciens «Si je dois mourir, que Je sois le dernier»

En annexe  La publication de l'Institut Pasteur sur le choléra

La carte de sa répartition et la photo du vibrion proviennent de l'encyclopédie Wikipédia.

Pouvez Vous aussi consulter les sites de l'OMS  et autres sur le net en tapant choléra sur le moteur de recherche.

La BNF  remplies en ligne sur son site Gallica, plusieurs ouvrages sur cette epidemie.

A Marseille le 18  10 2009

PJM

 

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 23:15
Les Cimetières deviennent trop petits
Vebre vu du ciel (1)

 

Les gens devinent que les cimetières vont être trop petits et la terreur commence à s'emparer de la  population. Le préfet ordonne de fermer le cimetière de Lassur (Au coeur du village) et d'en ouvrir un autre A l'extérieur;  Le commissaire Bouard des Cabannes fait le tour des villages pour s'assure que les sépultures faites bien Sont  Prendre des Décisions et quand étaient les autorités défaillantes. Le préfet se déplace le 30 septembre.

Vèbre

Sitôt Le Fléau annonce ", l'Abbé Esthète, curé de Vèbre se montra homme d'initiative et réunit le conseil de fabrique afin de ' Prendre des mesures pour terrain acheter destiné à un nouveau cimetière, l'ancien étant insuffisant.

Déjà, Lassur avait envisagé de construire une église au champ de l'Astrale, propriété de Madame Soulié, religieuse. Le Curé Estèbe proposa d'acheter le champ-de-Jean Alzieu, situé au même endroit.

Quelques membres clé du conseil de fabrique voulurent attendre décision mais le prêtre emporta la décision: «Nous aurons besoin de ce cimetière Peut-être demain ». Le lendemain, Tandis qu'on supposait l'Épidémie dans la basse Ariège, Jean-François Lafaille, du quartier du Carol, frappe subitement fut la Première victime. L'impression de fût mort cette terrible. Il fut Inhume: dans l'ancien cimetière, dit d'Empujols

ce fut La dernière inhumation cet endroit en (22).

On s'empressa de terminer l'achat du demi-champ en vue d'établir « Une clôture en planches et d'ouvrir un passage sur le chemin de Carol avec une entrée pour en facilter l’accès.

A peine terminé cela, Jeanneton de Fouge, femme de 35 à 40 ans, fut «atteinte par le fléau et mourut en quelques heures. Son cercueil fut le premier qui entra à la nouvelle propriété des Morts. Sitôt la fosse fermée, il fallut en creuser deux Autres : L'Une pour la mère de la première, Marie-Anne de Fouge, l'Autre pour la fille âgée de 5 ans ... On imagine l'émotion des habitants (23).

Terreur et fatalisme des populations

La terreur s'empare de la population elle est perceptible au travers des propos du Docteur Bonnans et par le récit suivant:

Florence (J.), «Le choléra de 1854 à Vèbre et Urs» ,

Clans La Vie paroissiale de Vèbre 2 année, n ° 4, T7 mars 1912,

SES a longuement Conte souvenirs,

et notamment le décès de 3 personnes du village: quand le cortège Triple et les 3 cercueils se rejoignirent, comble fut l'émotion de son fils

«Et quand on se remis en marche, il me semblait voir ce souvenir d'enfant ne m 'a jamais quitté.

En tête de ce cortège funèbre Triple et précédant la Croix, le squelette de la Mort, en fonction de suisse et aux allures d'un dominateur, ses épaules osseuses ornées, de deux écharpes noires, parsemées de larmes blanches et portant dans ses mains décharnées En guise de hallebarde, arme symbolique l’une à la manchée faux rebours ».

Le docteur Bonnans, parlant des raisons de la mortalité, explique une autre cause, sans doute très incidente, niais Qui N'a pas moins fait des Victimes, c'est la peur. »

« Chacun se prépara comme s'il devait mourir à chaque instantanée ». Le Préfet de l'Ariège parle de la visite qu'il fiit le 29 septembre - Le spectacle d'une. " Population rurale en proie aux appréhensions d'une épidémie qui la décime est navrant. Nous nous sommes efforcés de relever le moral de la ces braves gens et de secourir, Dans de trop proportions Faibles hélas! Les plus malheureux

Bouard, commissaire de police des Cabannes, déchirent Pré au compte fait le 13 octobre, de sa visite qu'il fit à Lordat.

Les décès y sont fréquents, tous les habitants, dont la plupart sont malades plus ou moins, réclament à grands cris la présence du médecin Qu'ils n’ont pas vu depuis le 10 de ce mois, et encore n'a-t-il fait que passer. Tous, réunis auprès de moi.

Que fallait faire pour échapper à la.mort me demandait certains?....Le cœur navré, j'aurais voulu les soulager, mais ne connaissant pas la médecine, je n'ai pu Leur répéter ce que prennent Ceux qui sont à portée des soins des médecins ... Il en est de même à Appy les soins manquent, «Les habitants se découragent et abandonnent les malades». Abandon des malades Mais aussi l'abandon des morts! Le préfet le confirme pour Luzenac -: Dans quelques maisons, nous avons trouvé des cadavres que j'ai ordonné de faire enlever de suite »(Rapport au Ministre de l'Intérieur, 30 septembre). Un rapport du 30 octobre Indique: «Le commissaire de police est allé hier à Caussou S'ASSURER QUE les inhumations Sont faites

L’action des autorités

Les registres sont a peu-pres muets sur l'épidémie; les conseillers ont pu se réunir sans rédiger de compte rendus.

à Vèbre le conseil se reunit (voir les délibérations du conseil pour le texte complet): quand un quart de la population est malade, quand 10% des gens meurent plusieurs fois dans la même journée. On n’a pas de mal à deviner la terreur dans les villages isolés existante. Une semaine après le début de l'épidémie, le 24 septembre le conseil municipal de Vèbre se réunit pour la commission afin de nommer une. Groupe composé de

Jean Simula,

Mathieu Puch,

Laurent et jean Pelissier,

Alzieu.

Ceux-ci sont chargés de soigner les cholériques et d'enterrer les morts, à raison de 1 f par jour (ou 1,50 f si le nombre des malades venait à augmenter), ainsi que deux femmes (Marianne Lacaze et Marguerite lafai).Elles veilleront les malades au même salaire que les hommes.

Le 8 octobre, il est dit que l'épidémie diminue; les quatre hommes et les deux femmes cessent donc leurs fonctions.

A 1 f par jour, pendant 14 jours, cela flait 56 f pour les hommes; les deux femmes elles n’exercent leurs fonctions que deux jours, soit 4 f.

Total de la dépense 60.f

On perçoit bien des actes de dévouement,  ceux des deux-docteurs, officiers de santé, de l'étudiant en médecine, du notaire, du commissaire de police, des maires d'Axiat et de Luzenac, des gendarmes, des prêtres et des instituteurs.

Le 29 septembre le préfet se déplace dans le canton de Luzenac; le maire était malade et l'adjoint  se montrant très peu énergique, le préfet nomme Francal, homme de dévouement, pour remplacer le maire

La conduite du jeune étudiant en médecine, Charles Avequez, venu, de Paris et envoyé par le gouvernement pour aider la Haute Ariège, est peut-être la plus méritoire il parcourt tout le canton, essayant de soulager les malades, accablé de fatigue et mouillé jusqu'aux os ». Il fit preuve d’un.dévouement total et il est «a vide sa propre bourse», ignorant la région, ne comprenant pas le patois - la plupart des paysans ne parlent pas le Français, Avequez se faisait accompagner fait par Benoit Congul, brigadier de gendarmerie aux Cabannes, et par Jean-Antoine-Bonaventure  Orliac. notaire aux cabanons (29).où ce sont les gendarmes à cheval Deutch et Rech, des Cabannes, qui montrent le chemin au jeune homme (notre gendarme des nations unies….Flajolet était tombé malade des le début de l'épidémie)

A la date du 12 octobre plus de 40 personnes de Vèbre avaient succombé; ce jour-la, le Curé esthete rend visite aux malades, notamment a la famille de Jean Florence, lequel évoquera ses souvenirs en 1912 (28). Dans la nuit du 12 au 13, le prêtre est atteint a son, il fait appeler le curé d'Albiès et décède le 13. Tout le village l'accompagne au cimetière…Ce fut la dernière victime il aurait dit «si je dois mourir que soit je le dernier». Son voeu a éte exaucé: il y avait eu 46 morts a Vèbre dans l'ensemble, il est fait certain que les fonctionnaires ont fait leur devoir, n'hésitant pas a parcourir les, communes, malgré le risque évident de contagion.

Les soins aux malades

Ce qui ne veut pas dire qu'aucun effort fait n’a été.fait mais pour les 14 localités étudiées ici, il aura 850 malades (22,13% de la population), entre le 9 septembre et le 28 octobre, il était donc impossible aux deux médecins, d'être partout au même instant d’autant plus que de nouveaux cas se déclaraient dès leur départ, Qui de plus est Bonnans, des Cabannes, était bien oblige de: se rendre dans l'une des 11 autres communes du canton. Le même signale, qu'a un moment, il y eut jusqu'a 1 000 malades dissémines dans les 25 villages du canton des Cabannes

Les soins consistaient a un traitement par le valérianate de traitement du zinc a peu prés inefficace, le Vibrion responsable du cholera n'avait pas été encore isolé et les antibiotiques inconnus étaient.de nos jours (voir texte annexe) les différentes souches de vibrions résistantes aux antibiotiques et le meilleur traitement consiste a combattre la déshydratation provoquée par la maladie. Une longue polémique une opposait le Docteur Bonnans aux médecins de Pamiers e de Toulouse au sujet du traitement

Les textes louent le dévouement du docteur conseiller du Mourie Francal d'arrondissement et du maire Rouzaud, tous trois de Luzenac.

On signale à Vèbre un cas de cholera «foudroyant» ou le malade, succombe cinq heures après avoir été atteint tous les symptômes (douleurs abdominales, diarrhées, vomissements bilieux) apparaissent simultanément ... un Vèbre encore sang et doute ailleurs les enfants allaient «chercher des fagots de bois de genièvre que les hygiénistes de l'époque nous disaient être un bon désinfectant ». Étrange spectacle, ou l'on voyait, sur les collines du Tabe, des feux de St-Jean brillant un peu partout ...

Toutes les couches de la société semblent avoir été touchées cependant il faudrait pouvoir comparer les registres de catholicité avec ceux de l'état civil pour voir qui a été touche par le Cholera et qui est mort de vieillesse.

Fin

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