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  • : Vie et Mémoire de Vèbre en Ariège, richesse culturelle et patrimoine de ce charmant petit village de la haute Ariège où il fait bon vivre
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Vèbre - Toutes Vos Infos

13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 23:24

La vie aux champs autrefois à Vèbre


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 Situation et Terroir

Notre terre se répartit de part et d’autre de la vallée de l’Ariège sur deux sols différents. L’altitude la plus basse, environ 570 m et les pentes abruptes des versants avec des sommets à 2400m pour le Soularac au nord et le plateau de Beille à 2000m au sud lui même dominé par les pics qui nous séparent de l’Andorre ( 2900m) en font comme toute la vallée de la haute Ariège un pays de moyenne montagne ou la culture est fortement influencée par les massifs alentours. Les paysans doivent compter avec une durée de gel importante, au moins les nuits d’hiver, sans oublier les gelées tardives.

L’influence de la méditerranée se fait sentir en toute saison. Un fort vent d’autan sévit  en automne . Elle permet en hiver de très belles journées de soleil, et apporte des périodes de sécheresses en été.

Nos anciens bâtirent le cœur du village sur l’adret calcaire et dans un repli  abrité du vent d’ouest dominant. Le fond de la vallée était soumis aux inondations régulières de l’Ariège L’ubac au sud est constitué par un sol schisteux jusqu’aux métairies puis après un léger repli de terrain la pente reprend avec des gneiss jusqu’au Sillol. Au delà s’étendent les bois de hêtre, de sapin et le plateau de Gérieys.

Tout cela a donné au village des habitations groupées en des quartiers nettement séparés. De ce fait les parcelles cultivables sont souvent fort éloignées du village;elles sont grandes en plaine, accessibles aux charrettes dans le temps et maintenant aux tracteurs. Ce sont les seules qui sont encore fauchées, il n’y a plus de labours ni autres cultures de nos jours. Entre l’Ariège et le niveau du village les parcelles sont plus petites le sol y est fertile.

Au dessus du niveau du village il est beaucoup plus aride les parcelles sont souvent de petites surface. Malgré tout cela toutes les parcelles étaient cultivées avant guerre. On voit encore très bien  les murets qui soutenaient la terre des champs mis en culture jusqu’au plat de Cesse (sous les roches du Quiè).

Au sud jusqu’aux métairies, le sol fort raide, ne pouvait se cultiver qu’en prairies.

Les métairies étaient cultivées en labours et en prairies , puis uniquement en prairies et furent  abandonnées progressivement, sauf la métairie de Julien. 

Mode de Culture

Les fermes étaient exploitées en polyculture ; l’élevage étant la principale source de revenus. Les principales cultures étaient le blé, l’avoine, le seigle, le millet dans les temps plus anciens, sans oublier le sarrasin et les haricots. Comme tubercule les pommes de terre dont les semences étaient échangées régulièrement d’un sol acide sur un sol calcaire. Tous les trois ans environ  l’échange de  pomme de terre de semences se faisait avec des semences de l’Aude ou de la région de Pamiers selon les relations. La coopérative agricole de Foix apporta par la suite des semences sélectionnées pour les pommes de terre comme pour les céréales. Les betteraves avaient aussi une place importante.

Au XIX° siècle une étude nous précisait que le seigle était cultivé en plaine et le froment en soulane..

Jusqu'à la moitié du XIXème siècle, les sols étaient cultivés par assolement triennal toujours avec les mêmes cultures et toujours de la même manière d'où  un appauvrissement des sols et une baisse sensible du rendement. Par la suite ont été introduit des rotations avec des prairies artificielles qui ont enrichi les sols en azote (trèfle, luzerne esparcette, foin rouge). 

Des  formations aux méthodes modernes d'agriculture ont été organisées à partir du dernier quart du XIXème siècle puis par  des cours par correspondance.

Jusque dans les années 1880 le chemin des métairies n'était pas carrossable pour les charrettes, la route actuelle a été tracée après cette date. 

Les Quatre Saisons de la Vie aux Champs

Qui dit agriculture et élevage dit aussi travail permanent. L’année agricole commence en automne. Le paiement des fermages, le changement de fermier ou de métayer se faisait le premier novembre, jour de Toussaint. Nous séparons pour commodité l’exposé des différentes taches mais dans la réalité elles s’échelonnent aux différentes heures du jour.

L’Automne

« Les grands travaux s’y terminent. Les champs sont débarrassés de leurs récoltes. Il va falloir songer aux grands labours d’automne pour éventrer les chaumes et soumettre la glèbe aux gels de l’hiver qui la rendent meuble et saine pour les récoltes futures. »

Au début de l’automne les pommes de terre tardives comme la « Beauvais » sont  récoltées et rentrées  à la cave. De même pour les betteraves.

Les vendanges ont lieu courant octobre dans nos montagnes parfois début novembre.

Le maïs est coupé, les épis enlevés de la tige finissent de sécher sur le hangar, ils seront écossés pendant les veillées d’hiver.  Ensuite arrive  la période des labours et les semailles. Pendant tout ce temps le bêtes sont sorties tous le jours, généralement l’après –midi. Une fois les feuilles tombées des branches elles sont ramassées pour servir  de litière principalement les années de disette en paille. 

L’Hiver

La ferme tourne au ralenti mais il y a toujours du travail.

Les champs sont fumés dans l'hiver pour qu'ils puissent être labourés avant les semailles de printemps.

La coupe du bois continue en s’intercalant avec les autres travaux. A l’étable les premiers agneaux naissent suivis par les veaux un peu plus tard. Veau et agneaux font l’objet de soins supplémentaires, biberons, pour être vendu sous la mère dans le courant du printemps.

Les jours de mauvais temps le maître de maison en profite pour réparer les outils et confectionner collier et « estacs » en bois sabots et paniers.

Le grand événement de l’hiver c’est l’abattage du cochon et la préparation de la charcuterie.

Le Printemps

La famille sème du blé de  printemps, du sarrasin. Les pommes de terre sont plantées de mars à avril selon le temps et l'exposition. Le maïs et les haricots se sèment en avril. En février et mars avait lieu la taille de la vigne puis on la fumait et enfin il fallait la bécher, puis l'entretenir jusqu'aux vendanges…

Côté basse cour il ne  faut pas oublier de mettre des œufs à couver pour avoir des poulets et des canards bon à consommer en été. D’autres couvaisons sont programmées dans l’année.

Les plantes sont maintenant bien hautes mais il faut les bêcher et les sarcler et le travail est long et pénible.

L’Eté

Le gros des travaux de cette saison consiste dans la fenaison  et dans la moisson.

C'est le temps des récoltes. Les fruits sont nombreux et variés : pêches, cerisiers, pommiers poiriers, cognassier. Les noyers et les noisetiers jalonnent les bords des chemins.

Les fruits sont cuits en confiture ou stérilisés comme les légumes : petits pois, haricots, tomates.

Au XIXème siècle nos cantons étaient riches en vergés, une partie de la récolte devait être commercialisée.

Les troupeaux égayent maintenant la montagne de leur présence jusqu’au mois d’octobre.

En septembre vient l’époque du regain et de la récolte des premières pommes de terre. Et le cycle recommence 

Les Cultures

Tüo toun porc per Sant-Martí

E Coubido toun besi

Tue ton cochon à la Saint -Martin et invite ton voisin 

Le que n'a pos un porc 

Un oustal è un ort,

Tant bal que siô mort.

Celui qui n'a pas un cochon, une maison et un jardin,

tant vaut-il qu'il soit mort.  (Adelin Moulis)

 

Le cycle du blé

voir texte spécifique

Les cultures

Les habitants du village, alors tous paysans, cultivaient les champs en polyculture. Ainsi que les légumes du potager, afin d’assurer la nourriture de la famille tout au long de l’année

Certains avaient un emploi complémentaire à l’usine des Talcs de Luzenac (à partir de  1880) ou à la carrière de Trimouns «  les mines », puis à Péchiney. Le développement de l’usine des Talcs et le l’Aluminium s’accompagne de l’implantation d’une main d’œuvre immigrée qui s’est implantée en plusieurs époques. Les dernières s’étant faites pendant la guerre d’Espagne et après guerre. Elles ont permis un repeuplement, temporaire, de nos villages.

Les forges d’Urs et de Luzenac sont restées actives jusqu’au développement de l’industrie lourde et ont fermées vers 1850. Seules sont restées les forges de Gudannes qui ont cessées leurs activités à la mort de Beaudont de Mauny en 1952. La  préparation confection de charbon de bois procurait un revenu aux habitants avant l’arrivée du charbon de mine.

Autres petits revenus, dans les temps plus anciens, on y trouvait le carillonneur (campanié), le Garde champêtre, le Cantonnier, le Gardien des troupeaux en été , le Porcher et tous les Artisans traditionnels du village .

- Les céréales

Les céréales servent aussi bien à l'homme qu'au bétail.

- Blé, orge, avoine, et seigle sont les céréales courantes. D'après les livres du XIXème siècle, les villages en soulane : Unac ,Vernaux, Caussou, Bestiac, Appy cultivaient surtout le froment, alors que ceux de la vallée cultivaient plutôt le seigle . Il existait dans le passé des variétés de blé particulièrement adaptées à la montagne et très abondantes ; elles ont disparue à l'heure actuelle; Le millet était cultivé dans les époques plus anciennes. Les blés avaient dans le passé des tiges beaucoup plus grandes, les besoins en paille étant alors importants.

- Le maïs cultivé à l'époque avait des grains blancs et se plantait beaucoup de façon plus espacée que de nos jours ; les anciens disaient qu'une brebis devait en faire le tour. 

- Le sarrasin. Il n'est cultivable que si beaucoup de personnes en sèment dans le cas contraire les oiseaux dévorent toute la récolte  sur pied.

- Les légumes secs

- Haricots secs. La quantité cultivée était importante

- Les lentilles étaient aussi cultivées

Les tubercules

- Les pommes de terre, occupaient une grande place à la cave. Utilisée très tôt pour l’alimentation du bétail elles entrent dans l’alimentation humaine que sous Louis XV°.

- Le chou rave n’était pas consommés ou peu dans nos régions.

- Les betteraves fourragères entrent dans l'alimentation de tous animaux de la ferme:

- Le tubercule est mangé par le cochon

- Les feuilles sont pour les poules,

- Les vaches en mangent également mais coupées en tranches fines

- Les navets semés souvent en grande quantité  après le blé, en septembre, entraient dans la composition des soupes et accompagnaient fort agréablement les viandes. Il y en avait suffisamment  pour que plusieurs familles puissent s’en servir. Une fois montées, les feuilles et les fleurs nourrissaient le bétail. Les fleurs jaunes étaient souvent confondues avec celles de la moutarde. 

- Le topinambour il était surtout cultivé pendant la dernière guerre, j’ignore s’il était consommé préalablement

Les cucurbitacées

Les courges et autres potirons sont connues en Europe depuis la découverte de l’Amérique étaient consommées et cultivées au village. Ce sont les indiens d’Amérique centrale et du Sud qui en ont développés la culture et sélectionné les espèces, de même pour les tomates, aubergines etc.

Plantes industrielles

Jusqu'à la guerre de 14 le chanvre était cultivé dans les campagnes et il était tissé au village après avoir était filé par les femmes qui faisait ce travail assez souvent à la veillée. Le lin a du être cultivé mais nous en avons pas de trace.

Le potager

Dans les jardins, on cultive les légumes nécessaires à la famille : carottes, petits pois, haricots verts, tomates, poireaux, navets, betterave rouges, choux, fraises…

Il complète de manière importante l’alimentation fournie par la production des champs. Il produit les légumes tout au long de l’année y compris l’hiver avec les poireaux, les choux et salade d’hiver. Mais quand il gèle fort il faut  couvrir les salades la nuit et les découvrir le jour. Les poireaux se conservent  en nourrice. Arrivées à la fin de l’hiver les fleurs de choux se consommaient en salade avec des œufs (brocolis) les feuilles et le reste des fleurs nourrissait les lapins.

Actuellement nous consommons une vingtaine de plante au Moyen–âge époque où les légumes d’Amérique n’étaient pas connus, il s’en consommait environ 120 espèces. Parmi elles les feuilles de bourrache sont encore utilisées dans des raviolis, très bonnes… et les orties sont cuites en soupes ; voir les livres sur la cuisine du moyen-âge.

Les fenaisons, le regain 

. La fenaison se pratiquait à la faux et à la main. Une partie des parcelles sont en nature de prairies et fournissent l'herbe qui servira de fourrage aux animaux en hiver. Coupée à l'aide d'une faux, cette herbe, régulièrement retournée à la fourche, sèche dans le pré avant d'être ramenée à la ferme. A la fin l'été, on effectue une autre coupe d'herbe : le regain.

De nos jours le travail qui prenait un mois en plaine est effectué en 15 jours avec les tracteurs.. La fenaison aux métairies est plus tardive fin juillet début aout.

La luzerne cette plante qui enrichit le sol en azote produit 3 à 4 coupes par an. Comme elle est fermentescible il faut éviter de la donner fraiche aux animaux elle doit être rentrée bien seiche. 

Les labours

Dans les temps anciens la terre se labourait à l’araire tirée par un cheval et le plus souvent un âne, Cet outil ne comporte que deux pièces métallique le soc et le coutre. Ces outils continuèrent à servir sur les parcelles déclives du Quiè ou des Métairies car ils étaient plus légers à tirer pour les animaux de trait.

Les charrues  à deux versoirs et les mousses, à un seul, se multiplièrent  probablement au XIXème siècle.

Avec la charrue, le laboureur trace un nouveau sillon parallèle et contigu au premier une fois arrivé au bout  de celui-ci. Pour cela  il inverse les versoirs .Avec la mousse il doit  reprendre un peu plus loin. Le champ est alors labouré en planches. Le brabant qui est une grosse charrue double et monté sur roue nécessitait deux chevaux pour être tiré et donc la collaboration  de deux agriculteurs , certains étaient tractés par une paire de bœufs ,ou de vache.

La bineuse avec des dents à écartement variable s’utilisait couramment pour désherber ou sarcler.

Les vendanges

Le raisin est récolté la dernière semaine d'octobre ou la première semaine de novembre.

Le pressoir est collectif, et l'entraide dans ces villages de montagne est grande. Le raisin est écrasé et pressé dans l'étable (dans certaines maisons seulement) car la température est douce grâce au bétail, puis le jus est mis dans des gros  tonneaux en bois le temps de la fermentation

Si au bout de dix jours, la fermentation n'a pas ou peu démarré, on rajoute un peu de sucre. Le vin est tiré un mois et demi après. Les récoltes sont suffisantes pour suffire aux besoins de la famille pendant une année.  Ce vin appelé bi pétit ne dépassait pas le 9 degrés. Il était fort agréable à boire si le propriétaire avait pris soin de diversifier les cépages et s’il prenait grand soin de la futaille, dans le cas contraire il était beaucoup moins bon. Les barriques  provenaient souvent de la région de Bordeaux où elles avaient servi au transport du rhum en provenance des Antilles. Lorsque la futaille avait goût à ombre (champignons ) elle était confiée à un tonnelier qui brûlait à l’intérieur de la paille avant de refermer les fûts.

Après usage, les barriques étaient lavées plusieurs fois à l’eau avec une grosse chaîne à l’intérieur ; le tout était secoué vivement  puis les barriques étaient vidangées. Elles étaient laissées quelque temps ouvertes puis bouchées. Une mèche de soufre pour ne pas quelles moisissent, brûlait à l’intérieur au moment de la fermeture.

Tout comme aujourd'hui, le paysan doit déclarer chaque pied de vigne, chaque litre de vin, mais il ne paye pas de taxe. Il doit également demander une autorisation pour arracher sa vigne.

Le bouilleur de cru s’installait sous le cimetière il restait environ trois semaines à Vèbre. Les propriétaires avaient le droit de distiller 1000 degrés d’alcool soit 20 litres à 50°. Plus personne au village n’a le droit de distiller. Les contrôles étaient fréquent et pointilleux.  

L’élevage  

L’élevage des  vaches et des brebis fournissait  les principaux revenus.

Jusqu’à la fin du XIXème siècle, le commerce transfrontalier était intense. Il se faisait en passant par les cols, pour nous, par le port de Fontargente.  Le Seigneur de Gudannes avait soin de maintenir les chemins en état. Les Espagnols nous achetaient des chevaux, des bovins de la laine.  Pendant longtemps ils ont fait les cours aux foires de Tarascon et d’Ax les Thermes. Les Espagnols  nous vendaient, jusqu’à la révolution,  de l’huile d’olive, du sel. Le dépôt de sel se trouvait à Ax les Thermes, Le Comté de Foix consommait une grande quantité de sel. De tous temps les peuples de part et d’autre des Pyrénées se fréquentaient et faisaient du commerce entre eux, même quand les états se faisaient la guerre.  

Le troupeau

Côté bêtes les troupeaux sortent tous les jours s’il n’y a pas de neige. Par temps de neige les vaches restent dedans les moutons sortent pacager s’il y a des terres bien exposée dégagées (terrein)

Et quelque soit la saison, lorsque les bêtes sont à l’étable il faut tirer l’herbe au picot  et distribuer les différentes catégories de fourrage dans les râteliers. Ensuite lorsque les animaux vont pacager, l’étable est « défumée » et une nouvelle litière de paille était étalée, composées de feuilles éparpillées sur le sol. Pour finir quelques tiges de maïs sont distribuées dans le râtelier, ou des betteraves les vaches sont friandes de cette gourmandise et restent calmes lorsqu’elles rejoignent leurs places où le patron peut les attacher tranquillement.

Au moment de la mise bas, le fermier veille les bêtes pour surveiller les agnelages et les vêlages particulièrement  pour les premières mises bas et parce que les vaches ne sont pas libres dans l’étable.  

Le Marquis de Gudannes percevait à son époque 20 000 francs par an de fourane (les troupeaux de son ancienne seigneurie étaient  exemptés de la payer).

Avant  la montée des bêtes en estive quelques préparations s’imposent ; Les vaches sont munies de clochettes (sonnailles ou clarines pour les alpes) une marque distinctive figure sur le collier ainsi qu’une marque sur l’oreille. Actuellement elles ont un numéro agrafé a l’oreille qui correspond à une fiche signalétique vétérinaire.

Les moutons sont tondus , et ils savent ce que cela signifie . Une marque distinctive est aussi peinte sur les flancs ou la croupe, ainsi que le numéro vétérinaire. Les moutons demandent des soins attentifs tout au long de l’année principalement au niveau des pieds.

Et pour tout le monde il ne faut pas oublier la piqure, charbon, fièvre aphteuse tuberculose etc, les porcs ont droit a leurs vaccinations obligatoire également.

Ouf….la fête de la transhumance peut commencer pour les bêtes comme pour les hommes et à la grande joie des enfants

Le bétail montait alors en estives vers le 8 mai….pour ne redescendre que mi octobre  Dans les  registres du XIXème siècle, les gardiens de troupeaux étaient loués du 1er mai au 31 octobre

Après la descente des estives, le bétail restait 3 ou 4 semaines aux métairies, pendant les quelles il  sortait le matin pour rentrer le soir. Les adolescents se chargeaient de ce travail.

Ceci se perpétrait jusqu’à la mi-novembre, tant que les conditions météorologiques le permettaient.  Le gardien de troupeaux revenait aux métairies au printemps suivant. Il y avait alors  du monde  sur cette partie du village et quand les jeunes se retrouvaient entre eux les bêtes  n’en faisaient qu’à leur tête, les veaux courraient un peu partout et les gardiens devaient courir beaucoup plus pour les rentrer dans la grange avec en prime une « remontée des bretelles »  par le père le soir.   Ainsi, le bétail était sorti chaque jour dans les près sous surveillance permanente. Il était hors de question de laisser divaguer les animaux sur les terrains du voisin, le garde champêtre veillait et verbalisait si nécessaire.

Il n’y avait pas alors, de clôtures électrifiées et le bétail ne passait pas les nuits à la belle étoile.  

Les vaches

Toutes les fermes possèdent des étables ou les vaches sont attachées a la crèche à l'aide de collier en bois (estact) et d'une chaîne. Les vaches sortent pacager tous, les jours sauf lorsqu'il fait trop froid ou par temps de neige en hiver. La vente des veaux est la principale source de revenus. Les veaux naissent au printemps, ils sont vendus sous la mère ou à la descente de la montagne pour la foire du 14 septembre à Ax lrd Thermes ou de la Saint Michel fin septembre à Tarascon. Le trajet se faisait à pied jusqu'à ces deux villes.  L'ouverture du marché commun a été dans les années 50 une véritable avancée pour la vente des veaux qui étaient achetés principalement par les Italiens.

Avant les années 1880 les vaches allaient boire à la rivière  car il n'y avait pas encore de lavoir ni d'abreuvoir. La lessive se faisait aussi à la rivière.

Le matin au printemps c'est la fête pour les animaux domestique, chat et chien. A huit heures les veaux sont mis à téter, le surplus de lait est trait dans un seau, Médor et Minou attendent bien sagement devant la porte que la traite soit terminée pour avoir leur écuelle de lait. Il y avait peu de vaches laitières à Vèbre, celles -ci restaient à l'étable l'été.

Les brebis

Les moutons sont gardés sur les pentes du Quiè, dans les prairies ,dans les jachères   et rentrent  à la bergerie le soir. Les moutons quant à eux sont parqués dans l’étable. Les béliers ont leur parc à eux et les brebis qui vont mettre bas ou qui ont les agneaux sont séparées des autres. Les agneaux naissent fin de l’automne et en hiver . Il faut souvent leur donner le biberon lorsqu’ils sont trop faible. Ils sont engraissés pour être vendus au printemps pour les agneaux de lait ,les broutards sont vendus en automne.

La production de laine était importante en Ariège et dans le comté de Foix . Elle était tissée au village pour les besoins personnels mais le plus gros était filé et tissé dans la région de Lavelanet. Les éleveurs acheminaient la laine par en fardeaux par le col de la Peire qui se trouvait entre le pic de Trimouns et les flancs du St Barthélémy .Le pic a été rasée par l’exploitation du talc  

Les troupeaux de brebis étaient souvent accompagnés de chèvre . Certaines étaient gardées au village l’été pour le lait ; A une époque le maire a pris un arrêté pour que les chèvres soient menées en laisse dans le village , pour aller ou venir des pacquages, et cela à cause des dégâts qu’elles provoquaient. Ces animaux sont friands des bourgeons des arbres. Souvent les vieilles chèvres conduisaient le troupeau de brebis.

La transhumance, les estives

Les gardiens, habitants de la commune le plus souvent, sont  nommés sur décision du conseil municipal. Seul le maire est habilité à leur donner des ordres.

Les gardiens à l’époque étaient au nombre de deux par troupeau soit 6 en tout : 2 pour la vacherie, 2 pour le troupeau des brebis à laine que l’on appelait troupeau commun et 2 pour les brebis à lait que l’on appelait bergerie. Le fromage était préparé dans les orris.

La fabrication du fromage semble avoir cessée vers 1914 ou un peu avant. Il y avait vers 1880 400 vaches pour les trois communes de Vèbre Urs et Lassur et 2000 moutons.  

Les vaches montent à la montagne de Géryes mi mai, puis le troupeau tourne sur les différentes jasses : Beille , Dédort  il  passe tout l'été sous la surveillance du vacher.

Selon certaines personnes le vacher trayait les vaches matin et soir et fabriquait  des fromages, qui étaient redistribué aux villageois, proportionnellement au nombre de vaches leur appartenant, mais cela a du être abandonné depuis fort longtemps. Nos troupeaux sont essentiellement des bêtes à viande. Aucune mention n’est faite dans les délibérations lors de la  location des vachers concernant la fabrication des fromages. Il est clairement spécifié qu’il est interdit aux vachers de faire du bourassat (variété de fromage).

La montée en estives, ainsi que le retour, se faisaient à pied entre le village et Girieys puis Beille par les petits sentiers muletiers). Depuis qu’il n’y a plus de transhumance à pied les quelques troupeaux restants montent en bétaillère) les chemins et une grande partie des jasses sont devenues impraticables.

Les brebis étaient gardées par un berger qui était nourri de la même manière que le vacher Les deux percevaient un salaire et les allocations sociales (après leurs institutions) Elles montaient un peu plus tard que les vaches selon les années.

Avant 1940 il y avait un vacher et un aide vacher et de même pour les bergers.

Le vacher et le pâtre étaient chargés de garder les troupeaux ils restaient sur place à la montagne, pendant toute la durée des estives. Lorsqu’il y avait deux pasteur par troupeau ils ne pouvaient pas descendre tous les deux ensemble. Les gardiens sont responsables pécuniairement des dégâts  causés aux jeunes taillis lorsque la faute leur incombe dans le cas contraire la commune payait . Nous en reparlerons dans les affaires diverses de la commune.

Les brebis pacagent beaucoup plus haut que les vaches; elles redescendent vers le 15 août quand le temps se rafraîchit et se cantonnent sur des versants mieux exposés et plus protégés du vent. Avant 1914 il y avait un troupeau à laine et un troupeau de brebis à lait pour la confection des fromages. Le fumier appelé eicher, était récupéré  à tour de rôle, autour de l’orri, sur la jasse où les brebis à lait dormaient.  

Une fois par semaine, selon un calendrier établi les familles montent à pied. Le ravitaillement aux estives (fournitut), les baluchons sont arrimés sur le dos du cheval. L'eau de vie qui sert aussi bien à se réchauffer (50°) qu'à soigner les plaies du vacher et du troupeau (titre 90° pour cette dernière) n’était pas oubliée.

Les propriétaires, par groupe de deux ou trois, partaient très tôt le matin, à pied, par les chemins muletiers pour ne redescendre que tard le soir.

Pour aller à Gérieys ou Dédort nous partions à 5 heures et pour Beille, le départ s’effectuait à 4 heures, avec un lever beaucoup plus tôt

Souvent, les veaux naissent à la montagne et le vacher leur attribue des noms de baptême. Le troupeau redescend au village mi octobre, fin octobre selon le temps.. Une partie des bêtes était descendue pour la foire de St Michel à Tarascon le 29 septembre ; c’était la foire la plus importante de l’année.

Les produits des vaches et des brebis étaient le principal revenu du ménage.

Les ânes et les chevaux

Ils servent essentiellement aux travaux des champs, tirent la charrette ou la carriole et servent quelquefois de moyen de locomotion. Pour se transporter  à Ax les Thermes ou à Tarascon, on utilisé une carriole (maraîchère). C’est un attelage constitué d’un plateau plus petit que celui de la charrette il comporte un siège et un espace à l’arrière pour porter légumes volailles lapins etc…Les roues sont plus hautes que celles de la charrette 

Avant la réfection du chemin de Vèbre à  la Remise la pente était de 15% ce qui limitait l'utilisation des charrettes. Jusque vers la fin du XIX° siècle les familles avaient des ânes ou des mulets, quelques unes possédaient une paire de vache ou un cheval  et seule la ferme du château puis les familles Pagés, Rouzoul et Maury avaient des bœufs.

Les juments et leur poulain passaient aussi l’été, comme de nos jours, en montagne. Cette transhumance à rendue la race des chevaux de Mérens résistante aussi bien au froid qu’a la chaleur et lui a donné une excellente sûreté de pied sur les terrains escarpés.

Les cochons

Ils constituait la principale source de protéines et de graisse. Les maisons étaient peu chauffées, les paysans devaient affronter les conditions climatiques rudes toute l’année . Dans les temps plus anciens un troupeau de cochon communal était constitué. Le texte ci-dessous est tiré de l’étude sur le choléra dans le Lordadais publié par Pierre Mercier dans le Bulletin scientifique et artistique de l’Ariège.

A Gagaranou le Meunier et le Gardien de cochon meurent.. Le texte nous éclaire sur l’élevage des cochons

La constitution de troupeaux communaux de porcs est un fait peu connu. Ici en 1854 le gardien des cochons à Garanou est l'un des derniers à avoir exercé cette fonction. Mais laissés en liberté les porcs font des dégâts : aussi le 24 mai 1868, un arrêté publié à l'issue de 1a messe, prescrit tous les cochons doivent porter une muselière, sous peine de 25 centimes d'amende ! A Vèbre, en 1857, le conseil municipal nomme une femme pour garder les cochons ; tous les habitants doivent lui confier leurs bêtes et verser une mesure de seigle pour l'année et par tête, comme salaire de la gardienne ; en 1865, on se plaint que des habitants refusent de remettre leurs porcs au troupeau communal et les confient de jeunes enfants, d'où des dégâts. Les édiles interdisent ces pratiques. le 16 février, sauf si les habitants veulent garder leurs cochons chez eux. En 1868, les conseillers de Vèbre fixent la date de l'obligation faite aux habitants de confier leurs porcs au gardien communal : du 17 mai au 1"r novembre. En 1863 les notables d'Axiat réglementent les modalités; du troupeau de porcs : le porcher communal reçoit pour la garde de tous les porcs du village, entre le  Ier mai et le 1er octobre, une mesure de seigle et 6 livres de pain par bête, et entre le 1er octobre et le 1er  mai, 8 livres de pain seulement. Tous les paysans doivent lui confier leurs cochons ; sont exemptés les portées de truies et les cochons destinés à être engraissés au profit des habitants. Cette habitude de garder en troupeau communal les cochons d'un village a dû exister  très anciennement. Dans le dénombrement du 22 décembre 1672, on décrit la châtellenie de Lordat et on cite ce lieudit : le Coumel de la Pourcatière, au nord de Caussou, entre Fontalbe et Basqui. On désigne ainsi, en patois, la pourcatière, la « gardeuse » de porc-, (barrière –Flavy C., dénombrement  du comté de Foix ... 1889 p. 75, n. 1).

D’après ce texte (Axiat) il semblerait que les paysans élevaient des porcs qui n’étaient pas pour eux. Les contrats de gazaille étaient courants. Les  cochons de cette époque devaient avoir une bien meilleure saveur que ceux élevés en «usine» 

Le Bois

L’outillage pour « faire le bois » est fort simple , pas de tronçonneuse et de pollution, une grosse hache , une scie passe partout, un pic pour remuer les billes de bois de grosses chaines munies de crochet, des coins et une masse pour le refendre puis une scie à bûche.

On dépose directement sur le "carrasse" (traîneau) les branches et petit bois coupés que l'on ramène de la montagne, il est tiré par un cheval. Pour le confectionner, on partage un tronc d'arbre en son milieu. La partie arrondie glisse sur le sol. Sur la partie coupée, le paysan cloue des planches sur lesquelles on transporte du fumier ou du bois. Si « le carasse » est tiré par un cheval, on trouve un anneau de chaque côté, s'il est tiré par une paire de bœufs, on trouve un mât.

La coupe se faisait donc à la cognée  et le son de la hache qui frappe l’arbre s’entendait fort loin

Les gros arbres étaient débardés  par un cheval qui tirait selon la taille un à trois arbres qui étaient coupés aux  métairies. Jusqu'à la dernière guerre le bois de chauffage se coupait dans les quartiers du Sillol et  de Gérissous. Les grumes étaient entreposées au Castagné où elles étaient ensuite tronçonnées au passe partout puis fendu et enfin tirée à l'"oustal". Ce travail  se faisait en hiver; Le bois ainsi coupé séchait un an avant d'être brûlé.

La coupe du bois continue et surtout le débardage sur les tires bien gelées. Vers la fin de l’hiver les troncs sont sciés et fendus en estédos puis les tourols et estèdos sont empilées en « lenhes ». Ils seront brulés l’automne suivant.

A Vèbre Antoine Maury (originaire de Saurât) était outre son exploitation bucheron et il débardait les bois à l’aide d’une paire de Bœufs.  Il acceptait des travaux jusqu’à Mérens.  

Les Travaux divers

Le Travail du Bois

Les jours de mauvais temps d'hiver sont ceux où se répare les outils et du travail du bois Le patron redente les râteaux , confectionne des paniers, corbeilles en osier ou en peau de noisetier . Les collier pour les sonnailles (canaoulos) et les  colliers de bois servant à attacher les animaux (estacs) sont façonnés à cette époque. Les colliers ébauchés dans un morceau de noyer macèrent  dans le fumier de cheval pour les assouplir, un mois ou deux après, le patron les plie  en U pour les estacs et en forme de G pour les canaoulos. Ils les perce pour insérer la clé de bois. Chaque homme était plus ou moins spécialisé mon père faisait des paniers et corbeilles en noisetier, joseph Soulié en plus des paniers confectionnait des canaoulos, des estacts et des sabots  (en noyer), Jean Lafaille travaillait très bien l'osier rouge (blinse).

La forge

Les outils sont façonnés aux forges d'URS ou de Luzenac avec le minerai de fer qui provient de la mine de Lassur et aux forges de Gudannes à Château-Verdun.Il était fondu selon la technique des forges catalanes  Autre forge resté longtemps en activités celle de Niaux .

Le Maréchal-ferrant était un artisan quasi indispensable au village  outre le ferrage des chevaux ânes et bœufs il affutait les bêches et autres outils araires comme les coutres des charrues il confectionnait aussi les clous et puntaroles ( grosses chevilles métalliques) pour les charpentiers ainsi que les croix pour le cimetière etc…

Le dernier forgeron du village, Emile Joucla, habitait à la Remise. L’emplacement de la forge à La Remise n’est pas du au hasard. Le relais de diligence et la remise des chevaux se trouvaient à coté de la forge et l’hostellerie au Coche. 

L’élevage et l’abattage du cochon

Voir chapitre spécifique 

La Basse Cour

Pour varier leur alimentation, les familles élèvent des lapins dans des clapiers, des pigeons, des coqs, des poules et des canards qui circulent en liberté dans la cour de ferme. Par contre, les poules de la Riote aiment picorer le Coulommiers toute la journée, le soir, elles sont rassemblées dans leur poulailler.

Il arrive que quelques poules ou lapins disparaissent, les chapardeurs sont parfois identifiés :

Les renards qui rôdent souvent autour des poulaillers. Des pièges permettent de les capturer.

Les buses ou les petits faucons qui nichent sur le Quiè.

Les canards et oies demandent un espace important pour leur élevage ; il n’y avait donc que les fermes construites au milieu ou en bordure de leurs  terres  qui en élevaient.

Ce chapitre  serait incomplet s’il n’abordait pas la maison (l'oustal) qui comprend:

-  Sa conception

-  Ses occupants, souvent trois générations

-  La maîtresse de maison son travail , son rôle , et les relations inter générationnelles. De la bonne entente des occupants dépendait presque toujours la bonne marche et la prospérité de la ferme.

Nous aborderons cela ultérieurement.
PJM
Le Castor

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