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14 juin 2009 7 14 /06 /juin /2009 00:37

Ariège Pyrénées - Les Semailles et moissons

 

Les semailles se font après les labours d'automne pour que le blé pousse pendant l'hiver. C'est la première culture du cycle de l'assolement, elle a besoin de beaucoup d'azote, apporté par le fumier. Les pommes de terre et autres tubercules consomment des phosphates.

Le blé de printemps était semé chez nous si celui d'automne n'était pas "joli", mais dans des villages d'altitude il est semé au printemps à cause du froid en hiver. Les grains de blé sont d'abord traités par une solution de sulfate de cuivre, qui a été préparée à chaud, cela afin d'éviter le pourrissement. Les semailles suivent ce traitement.

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/48/80/26/Jean-Fran-ois-Millet-le-Semeur.mht

http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2/48/80/26/Van-Gogh-le-Semeur-au-coucher-du-soleil.mht

Photo des tableaux du semeur de Millet et de Vangogh
Le Semeur

C'est le moment crépusculaire ;

J'admire, assis sous un portail,

Ce reste de jour dont s'éclaire

La dernière heure de travail.

Dans les terres de nuit baignées,

Je contemple, ému, les haillons

D'un vieillard qui jette à poignées

La moisson future aux sillons.

Sa haute silhouette noire

Domine les profonds labours.

On sent à quel point il doit croire

A la fuite utile des jours.

Il marche dans la plaine immense,

Va, vient, lance la graine au loin,

Rouvre sa main et recommence;

Et je médite, obscur témoin,

Pendant que, déployant ses voiles,

L'ombre, où se mêle une rumeur,

Semble élargir jusqu'aux étoiles

Le geste auguste du semeur.

Victor Hugo 

En ce vingtième siècle où la machine a conquis tous les domaines, ce tableau n'est plus d'actualité. Aujourd'hui les vastes champs de blé qui étalent leur moisson dorée dans l'immense plaine, sont sillonnés de machines perfectionnées qui moissonnent, lient, battent le grain et l'ensachent, le tout en une seule séance. Aussi, plus de faucille, plus de faux, plus de javeleuses, plus de lieuses, plus de moyettes. La plupart de ces pénibles travaux sont supprimés, de même que ces rentrées joyeuses et triomphales, sur un char décoré, lorsque le travail était terminé.

Cependant, dans quelques contrées montagneuses où la machine ne peut évoluer, on voit encore les moissonneurs armés de la faux, et même de la faucille ; et, sans se soucier du temps qui marche et de la technique qui court, ils exécutent leur besogne selon la coutume d'antan. »
Adelin Moulis nous peint dans ce texte des moissons de nombreux moissonneurs ainsi que la  dernière charrette  de gerbes ornée d’un bouquet.

«   Pour le dernier repas des moissons les gens chantaient des chansons traditionnelles : La cansou  dels segadous (la chanson des moissons), Sègo ras ( moissonne ras) Sus la rastoulho del froument (sur le chaume du froment),

La sibadeto (la petite avoine).
Dans le pur dialecte de l'ancien comté de Foix, l'auteur a composé, sur le sujet, un rondeau redoublé, que voici »
« Quand à peno s'ausis le prumiè Gant del poulh, 
Les segaires tems a qu'an passat le boussoulh.
Dins le pourro bentrut a pichat la barrico ;
 E dins le gargalhol un rajol s'esparrico.

A l'aurièro del camp le dalh bite se pico,
E le martèl curbis le clouquiè que repico.
 Apèi cadun se bouto à trabèts le restoulh,
Quand à pennon s'ausis le prumiè tant del poulh.
Le soulelh es pla caut ; le doulent tabas pico.
Oumbro, demèts le blat, nou s'en trobo pas brico.
Dins aquel calimàs on dirio que tout boute.
Les segaires tems a qu'an passat le boussoulh.

De manejà le Dach mès d'un ja n'es sadoulh.
Un top de bi fresquet aisidoment s'engoulh,
Boutan un boun fumet à trabèts la nasico.
Dins le pourro bentrut à pichat la barrico. 

A miètjoun, quand se tourno ausi le Gant del poulh,
Toutis s'en ban dinnà, la sièto sul denoulh,
E la fregon soubent and'un quinjou de mico ;
E dins le gargalhol un rajol s'esparrico. » 
Traduction 
« Lorsqu'à peine s'entend le premier chant du coq,
il y a longtemps que les moissonneurs ont franchi le seuil.
Dans la cruche de verre ventrue a coulé la barrique ;
Et dans le gosier un jet s'éparpille.
A la limite du champ on martèle vivement la faux,
Et le marteau couvre le clocher qui carillonne.
Ensuite chacun se met à travers le chaume,
Lorsqu'à peine s'entend le premier chant du coq.

Le soleil est bien chaud; le méchant taon pique.
De l'ombre, parmi le blé, il ne s'en trouve pas du tout.
Dans cette chaleur étouffante on dirait que tout bout.
Il y a longtemps que les moissonneurs ont franchi le seuil.

De manier la faux plus d'un en est certes rassasié.
Un coup de vin bien frais aisément s'avale,
Mettant un bon fumet à travers la narine.
Dans la cruche de verre ventrue a coulé la barrique.

A midi, lorsque s'entend de nouveau le chant du coq,
Tous s'en vont déjeuner, l'assiette sur le genou,
Et ils la frottent souvent avec une grosse miche ;
Et dans le gosier un jet s'éparpille. »
Adein Moulis :Tradition et coutumes de mon terroir édition de l’auteur . Imprimerie du champ de mars  Saverdun 1972 
A notre époque (après 1945)  il  n’y avait plus qu’un seul moissonneur ,le père et  le bouquet de la dernière charrette n’était plus accroché . Dans les repas  du dépiquage  et autres la conversation se faisait en patois mais sans champ patois ou très rarement. Les personnes les plus âgées devaient les connaitre mais ne les chantait plus ou très rarement. La radio  et l’école étaient passées par là.

Un mot sur le patois mon père, né avant 1920 le parlait avec les gens du village et français avec les étrangers. Mon oncle et ceux de sa génération, nés après  cette date  parlaient français  bien qu’ils le connaissaient et le parlaient parfaitement

 

 




Le blé une fois sorti de terre il n'y avait pas d'autres traitements effectués sur le champ. En même temps que le blé on ensemençait parfois du trèfle qui poussait après le blé et restait bas. Il se développait sur les chaumes si tôt la moisson terminée. 
La moisson
Elle se pratique lorsque le blé est bien mur et par conséquent au plus chaud de l'été. Entre le 14 juillet et le  15 Aout selon les années.  Le blé était fauché, parfois coupé à la  faucille lorsqu'il était trop couché Avant le XIX siècle les faucilles étaient dentées et le blé scié . Les dents des faucilles primitives étaient en silex, les faucilles à lame lisse apparurent dans les régions de montagne vers les années 1840.  .Pour cet usage la Faux est munie d'un harnais à  4 grandes dents en bois , dites javelier, qui couche les tiges toutes du même coté. Une fois coupées elles sont levées en brassées à l'aide d'une faucille pour confectionner des gerbes. Dans les champs de la plaine on pouvait utiliser une moissonneuse tractée par des chevaux. Il est encore possible d'en voir dans les musée agricole (Forge de Pyrène et, Niaux)
Les gerbes de blé étaient entassées dans les champs en moyettes (cavalets ,tabel, coumptes), 4 fois 5 gerbes entassées en croix, ou quillées par 10 les épis vers le haut, a dixième couvrant les autres. Adelin Moulis nous dit que les moyettes comptaient 15 gerbes et deux moyettes devaient faire un sac de grain (1 hectolitre). Lorsque les gerbes n'étaient pas rentrées immédiatement elles étaient conservés en gerbier, meule de gerbes qui ont les épis à l'intérieur du tas.
Gerbiers sous le cimetière ci dessous
Les tas de gerbes en moyette sont une survivance de la dîme. Les paysans , à l'époque, ne pouvaient rentrer le blé et toutes les autres récoltes, que lorsque le percepteur de la dîme avait compté les gerbes , d'où des tas de 20 ou 10gerbes. Une gerbe sur 10 revenait à l'église.
Les gerbes étaient rentrées sur des charrettes tirées par des chevaux , et dans les temps  plus anciens par des ânes  ou des vaches . elles étaient entassées dans les hangars et si l'on manquait de place en gerbier dans la cour ou sous le cimetière pour ceux qui habitaient le quartier.
Victor Hugo nous a décrit les semailles dans le semeur  Adelin Moulis nous rapporte un rondeau chantant la moisson
Moison et bouquet de moisson
Perdus dans la vaste étendue des champs, sous un soleil de plomb, les moissonneurs sont à la rude école du labeur. Ils sont là une vingtaine, alignés en arc de cercle et, courbés jusqu'à terre, leurs faucilles grignotent à petits coups les tiges drues du froment, tandis que derrière eux les javelles dessinent sur le champ un damier gigantesque. Ils ont quitté la ferme dès l'aube naissante et ils ne la retrouveront qu'à la nuit close, lorsque les bruissements du peuple des guérets succéderont aux rumeurs d'une journée de canicule. Après un repas copieux, ils iront dormir à poings fermés jusqu'à l'aube nouvelle...
Source jean michel Poncy
Le Castor

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